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Syndicalisme
“Je revendique un syndicalisme de terrain”

Mardi, le conseil d’administration de la Fdsea du Calvados a accueilli l’actuel secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barreau. Entretien avec l’un des candidats à la succession de Jean-Michel Lemétayer.

Dominique Barreau (à droite) a répondu à l’invitation de Patrice Lepainteur, président de la Fdsea du Calvados.
Dominique Barreau (à droite) a répondu à l’invitation de Patrice Lepainteur, président de la Fdsea du Calvados.
© VM

Un sondage IFOP demandé par la FNSEA indiquait que le moral des agriculteurs s’améliorait. Est-ce votre cas ?
Le moral des agriculteurs s’améliore quand leur revenu s’améliore. Quand on compare 2009 à 2010, nombre de secteurs sont sortis d’une situation de crise. Reste que le secteur laitier a besoin d’une embellie durable et donne des vraies perspectives aux producteurs laitiers. Cependant, le revenu des producteurs de viande inquiète.  Une baisse sur une situation dégradée ne donne pas le moral. Je pense qu’il s’agira du dossier prioritaire du premier semestre 2011.

39 % considèrent que leur situation financière est mauvaise. Dans quelle catégorie vous placez-vous ? Avec ces 39 % ou avec les autres ?
Il y a effectivement 39 % qui considèrent que la situation est mauvaise malgré une augmentation du prix. Il s’agit souvent de nouveaux investisseurs ou des jeunes. Dans une situation aussi compliquée, il faudra que le gouvernement accompagne toutes les structures qui ont un avenir. L’agriculteur ne peut pas être la variable d’ajustement de l’agroalimentaire, de la distribution et de l’Europe quand il n’y a plus de régulation !

La FNSEA avait-elle vraiment besoin d’un sondage pour comprendre la situation dans les campagnes ?
Bien entendu, nous ne découvrons pas les difficultés. Mais c’est important de connaître la perception des agriculteurs, lorsque la question est posée par un autre organisme que la FNSEA. Les producteurs doivent croire en leur métier. Quand on croit en son métier, on accepte de s’organiser. A partir de là, nous serons plus forts pour demander une régulation et des prix.

Au final, avez-vous le moral ?
J’ai le moral. Le monde a besoin de manger !

Pourquoi être venu aujourd’hui dans le Calvados ?
Le Calvados est dans une situation atypique. C’est l’un des deux départements à avoir perdu les élections en 2007. Je suis venu encourager les départements au moment où les équipes locales se renouvellent. Ces équipes porteront les prochaines élections. La FNSEA est à leurs côtés. Les agriculteurs ont besoin de représentants responsables.

Mais adhérent ou pas, les résultats et les acquis s’avèrent identiques ?
Oui, l’exonération sur le fioul bénéficie par exemple à tous. La représentation de l’agriculture dans la sphère publique est trop faible pour que le nombre d’adhérents baisse. Adhérez pour l’équivalent du remboursement de la TIPP, et vous aurez des résultats.

Le sujet de la réforme  de la PAC a été abordé  avec la Fdsea. Quel est votre sentiment sur le travail accompli par le commissaire européen Dacian Ciolos ?
Depuis deux ans, on nous dit : c’est la fin des aides PAC, le budget va baisser de 40 %.La Fnsea a travaillé avec ses partenaires allemands. Au final, le commissaire a osé mettre l’acte de production au centre de la PAC. Le budget se maintient. Les premiers signaux sont encourageants.

Et la régulation ?
Dacian Ciolos en parle peu. Il parle de verdissement. Je ne voudrais pas qu’il oublie la régulation.  Je ne voudrais pas qu’il se fasse enfermer par Europe Ecologie. En revanche, si le verdissement signifie harmonisation européenne des règles environnementales, là je dis oui.

Ce matin, sur Europe 1, Jean-Michel Lemétayera annoncé sa démission de la présidence de la FNSEA. Son successeur sera élu le 16 décembre prochain. Deux candidats sont évoqués : Xavier Belin et vous-même. Vous confirmez ?
Oui. Nous sommes deux prétendants parfaitement complémentaires. Je souhaite qu’on arrive à une seule candidature. La FNSEA a besoin d’un syndicalisme de proximité. La FNSEA doit garder son lien aux réalités économiques et sa liberté d’expression. Je pense être bien placé pour cette mission. 

Quand on devient président de la FNSEA, reste-t-on agriculteur ?
J’ai fait une promesse à ma fille. Sauf agenda particulier, je serais tous les samedis dans ma ferme. Si vous avez besoin de renseignements sur mes connaissances en agriculture et sur le travail effectué sur mon exploitation, téléphonez à mes voisins !

Son exploitation
Sa fille s’installera en début d’année sur sa ferme située à 600 m d’altitude. “Nous sommes allés voir le banquier hier”, précise le secrétaire général de la FNSEA. Dominique Barreau est originaire de l’Aveyron. Son exploitation compte 52 ha pour 311 000 litres de quota laitier. 80 000 litres sont également consacrés à l’élevage des veaux en lait.

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