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Joël Bellanger (maire d’Hubert-Folie 14) : « que les urbains n’essaient pas de transformer la ruralité »

Joël Bellanger est maire d’Hubert-Folie depuis 1989. La commune du sud de Caen attire, elle aussi, des rurbains. En 2013, il a mis en place une charte du bien-vivre à Hubert-Folie pour anticiper toute critique des pratiques rurales.

© DB

lll C’est en 2013 que Joël Bellanger, le maire d’Hubert-Folie, prend conscience du problème : « on avait réalisé un lotissement en 2000 et j’avais entendu des remarques sur les odeurs de fumier. Je me suis dit qu’on avait eu un loupé sur la communication ». En 2013, après la validation d’un nouveau lotissement de 30 logements dans ce village de 400 habitants du sud de Caen, il crée une charte en vue de la soumettre aux futurs habitants. « J’ai demandé aux gens de venir déposer leur demande de permis en main propre, se souvient-il, et leur ai présenté cette Charte du bien-vivre à Hubert-Folie ». Le document énumère des informations en matière de scolarité, d’urbanisme, de tri sélectif, d’arrêtés municipaux ou encore de voierie. « Le message était de dire : vous n’êtes pas en terrain conquis. Il y a des désagréments et il faut les accepter, sinon ce n’est pas la peine de venir chez nous ». Le document précise aussi les bruits réguliers de la ligne haute tension, de la sonnerie de la cloche de l’église, du chant des coqs. Les odeurs liées aux cultures et les poussières de moisson y figurent. « Aux gens de fermer leur fenêtre au moment de la récolte pour ne pas avoir de poussières chez eux. C’est insupportable pour moi de voir ces urbains essayer de transformer la ruralité », résume le maire.
Sur les 193 hectares du village, 130 sont dédiés à la culture. Si aucun siège d’exploitation ne réside dans la commune même, les agriculteurs peuvent compter sur le soutien du maire. En tant que beau-fils d’agriculteur, ils se dit sensible à leur cause. Il ne comprend ni les insultes à leur encontre, ni l’arrêté pris par le maire d’Epron, « un copain ». « Les maires qui prennent de telles décisions, c’est de l’électoralisme ». S’il pense que la distance de zone de non-traitement de 3 mètres « est raisonnable », au-delà, « ça l’est moins ». La plantation de haies en bordure de champ pourrait répondre aux craintes liées aux pesticides. Des craintes fondées, mais qui doivent être résolues par des lois au niveau européen. Il prône avant tout la communication : « organisons des réunions avec les élus, des représentants d’agriculteurs, une personne neutre, comme un expert, et la population. Le dialogue est nécessaire ». S’il est conscient d’être l’un des derniers garde-fous pour protéger la profession, il peut compter sur son successeur : Denis Viel. L’actuel maire de Rocquancourt se présente dans le cadre du regroupement en juin 2020. Ce fils d’agriculteur pourrait être à la tête de la commune de Castine-en-Plaine, fondée début 2019 et qui comprend aussi Tilly-la-Campagne.

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