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Joseph Olivier : une meilleure valorisation grace aux concours

“Une bête moyenne en concours est mieux valorisée qu’une extra à la ferme”. Joseph Olivier (GAEC Olivier a Bazoches-sur-Hoëne-61) présentera à Alençon 3 animaux au concours de viande.

"Ferme en Fête, c’est une tradition familiale et puis, une bête moyenne en concours, est toujours mieux valorisée qu’une extra à la ferme. Dans la cour, on n’est pas fort face au commerçant”. Pour Joseph Olivier, la plus-value liée à la plaque de concours est de l’ordre de 1 e/kg de carcasse “soient 500 à 600 e par animal. Ça vaut le déplacement”. Certes, tous les podiums n’y suffiraient pas pour remettre sur les bons rails économiques les exploitations spécialisées mais ça remet un peu de baume au cœur dans la foi d’éleveur.

6 mois de finition
Au GAEC Olivier, tous les animaux présentés en concours sont nés sur l’exploitation. “On les sélectionne au sevrage mais on le devine quasiment dans les 10 jours qui suivent la naissance”. Il faut 6 mois de finition pour les préparer. “Une alimentation sèche, 12 kg/jour, labellisée “bœuf du Maine” avec blé, orge, maïs et correcteur azoté. Ils disposent d’un régime particulier et sont conduits à part parce que ce sont des animaux qui ont moins de capacité d’ingestion. Leur GMQ (Gain Moyen Quotidien) est très aléatoire. Aucun ne va à la même vitesse. Par contre, ils ont moins de disposition à faire du gras”, explique notre éleveur. Au-delà de la forme, c’est le paraître et l’esthétique qu’il convient de travailler. “On les lave. On les tond.  Ça demande 3 heures alors qu’on est débordé de boulot,” et d’avouer que cela devient aujourd’hui une corvée “alors que, petit, j’y prenais du plaisir”.
Mais Joseph a changé de statut. Après avoir travaillé en OPA (Organisation Professionnelle Agricole), il s’est installé en GAEC avec son père, Michel, à la faveur d’une exploitation qu’on lui proposait de reprendre. Y aller ou pas ? Il s’est lancé en 2013 et se retrouve aujourd’hui à la tête d’un troupeau de 170 vaches allaitantes, essentiellement Charolaises, et 150 ha de prairies, 50 de blé, 40 d’orge et 40 de maïs.

Pas d’autres choix que d’y croire
Un nouveau bâtiment sort de terre. “Les animaux dehors l’hiver, ce n’était plus possible. Nous n’avons pas d’autres choix que d’y croire. On verra de quoi sera fait l’avenir mais ça fait vraiment peur”.
Le GAEC Olivier mise pourtant  sur la qualité “mais on ne tire pas notre épingle du jeu. Les industriels ont trouvé des bagnards, je n’ai pas pris de vacances depuis 2 ans”. Et de pointer d’autres niveaux de responsabilités (Etat, collectivités territoriales qui ne jouent pas forcément la carte de la filière Bœuf du Maine ). “La Sarthe et la Mayenne jouent le jeu. L’Orne beaucoup moins. Ma fille qui vient de faire sa rentrée scolaire mange de la viande étrangère. Elle représente 70 % de l’approvisionnement dans les collectivités. Je ne dis pas qu’elle n’est pas bonne, ce n’est pas le problème, mais il y a un hic dans la façon d’établir les appels d’offres même si je pense que les choses commencent à bouger”. Il y a pourtant du bon dans la démarche pour la restauration hors foyer avec un steak haché ultra-frais Label Rouge très tendance puisqu’enrichi en Oméga 3.
Joseph valorise 20 à 25 vaches de réforme par an à travers cette filière. “Les prix sont réguliers mais ça reste compliqué, avoue-t-il avant d’ajouter : nous en viande de toute façon, on a toujours été habitué à vendre pas cher”.  Les taurillons sont quant à eux abattus à 420-430 kg vers 18 mois.

Vers le 100 % Charolais
Du fait de la fusion de deux troupeaux, le GAEC Olivier n’est pas 100 % Charolais mais cela reste son objectif. “Tout accouplement est raisonné pour produire une femelle. Je privilégie les critères maternels en pensant au renouvellement du troupeau”, insiste Joseph. Valeur laitière, des taurillons lourds sans excès de gras qui ne déçoivent jamais, facilité d’utilisation, bonne valorisation de la ration de base (...), notre éleveur s’avoue convaincu de son choix racial. Alors pourquoi ne pas participer au concours de la race ? “Il faut des animaux inscrits, je n’ai pas trop le temps et puis, amener un petit mâle jusqu’au sevrage, je ne sais pas faire. En la matière, il faut sortir quand on est prêt”. A bientôt peut-être.

11 éleveurs et 27 animaux
- BOSSARD Nelly (ST GERMAIN-DE-MARTIGNY/61),
- LECONTE Jean-Paul et Chantal - EARL DE LA BELLONINIERE (STE-GAUBURGE/61),
- JANVIER Marie-José (LES AUTHIEUX-DU-PUITS/61),
- OLIVIER Joseph - GAEC OLIVIER (BAZOCHES-sur-HOËNE/61),
- DUGUE Elodie - EARL du Charolais (ST-LEGER-SARTHE/61),
- MARTIN Jacques (LES AUTHIEUX-DU-PUITS/61),
- CHATELLIER Hubert - EARL CHATELLIER Hubert (ST-OUEN-LE-BRISOULT/61),
- ROGUET Jacques (COURGEOUT/61),
- RENARD Bruno - EARL RENARD (LE-PAS-ST-L'HOMER/61),
- MONTEBRAN Romain - EARL du Loiret (FORGES/61),
- LEDEME Gilbert  (GORRON/53).

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