Aller au contenu principal

Eddie Yvard , céréalier dans l'Orne
Jouer la carte de la sécurisation plutôt que la spéculation

2010, 2011 et 2012. Trois années correctes en céréales. Attention cependant à ne pas voir la mariée trop belle. L’heure est à la sécurisation.

Attention à ne pas montrer la mariée trop belle. Eddie Yvard a commercialisé sa moisson 2010 à 163 e de moyenne. Il n’a pas spéculé non plus sur la paille Pendant ce temps, le prix des intrants et de la ferraille ont continué a grimpé. Alors oui, 2010 est une année correcte après un 2009 qui a laissé des traces.
Attention à ne pas montrer la mariée trop belle. Eddie Yvard a commercialisé sa moisson 2010 à 163 e de moyenne. Il n’a pas spéculé non plus sur la paille Pendant ce temps, le prix des intrants et de la ferraille ont continué a grimpé. Alors oui, 2010 est une année correcte après un 2009 qui a laissé des traces.
© TG

"Le colza a perdu 40 e en deux jours. Le blé a perdu 13 e hier et encore 8 aujourd’hui”. Alors quand on évoque la flambée des cours des céréales avec Eddie Yvard, producteur à Dorceau dans le Perche Ornais, il commence par remettre les pendules à l’heure. Nul doute qu’il s’énerve également quand au JT (Journal Télévisé) de 20 h, des reportages anxiogènes mettent en relation l’envolée du prix du pain avec celle du blé. Le sien, il le paie 1,08 e contre 1 e l’an dernier. “Plus 8 % mais quelle est la part réelle de la matière première dans la constitution du prix final ?”, s’interroge-t-il. Autre argument de poids : a-t-on vu le prix du pain baisser quand le blé était au plus bas ?
Le pain à la boulangerie et l’essence à la pompe, c’est finalement la même chose. Les hausses sont immédiatement répercutées, jamais les baisses. Enfin, la même chose, pas tout à fait. Les pouvoirs publics légitiment les hausses du prix de l’énergie (essence, gaz-oil, électricité, gaz...). Ils peinent cependant à reconnaître que la hausse des matières premières subie pas les agriculteurs doit ricocher dans les linéaires de la distribution. 

Notre force, c’est l’union
Face à ces attaques, Eddie Yvard appelle chacun à se serrer les coudes. “Notre force, c’est l’union.” Une lutte fratricide entre céréaliers et éleveurs serait suicidaire. “En céréales en 2010, on a gagné notre vie, reconnaît-il. En 2011 aussi même si le prix du blé chute. En 2012, il y aura encore des possibilités”, analyse-t-il. Mais d’ajouter qu’il a “commercialisé de l’orge à l’intervention à 90 e. Il est ressorti à 200 e. Où sont passés les 110 e de différence ? Parallèlement, avec le bilan de santé de la PAC, j’ai perdu 60 e/ha. Sont-ils allés dans la poche des éleveurs ?” Une façon d’exprimer que cette éclaircie de 3 campagnes a été précédée par un trou d’air et, qu’au-delà, nul ne sait.
Encore faut-il relativiser les records de l’an dernier. Eddie Yvard joue la carte de la transparence. Alors que l’engrais tout comme la ferraille poursuivent leur ascension, il a commercialisé sa moisson à 163 e de moyenne. Loin des 200 e qui s’impriment dans les esprits. Côté paille, notre céréalier n’a pas non plus abusé de la situation : “25 e/t à mes clients habituels contre 18 e/t l’an dernier”. Il avait des opportunités à 30 voire 35 e/t.

Savoir se border
Eddie Yvard n’a donc rien d’un méchant spéculateur. “Il faut se border. Il ne s’agit pas de spéculer mais de se sécuriser. J’ai besoin d’assurer un revenu vis-à-vis de ma banque”. S’il a investi dans une unité de stockage, ce n’est donc pas pour jouer les traders. “C’est une question de confort de travail. Je perds beaucoup moins de temps sur les routes à transporter mes céréales”. Il gagne du temps et du gaz oil. Il peut également travailler tard le soir et le dimanche même si son négoce ou sa coopérative sont fermés. A ceux qui considèreraient quand même qu’il lui faudra faire beaucoup d’économies pour amortir son installation, il a sa réponse. “C’est le toit photovoltaïque de la grange qui va financer l’unité de stockage”. Nul doute que depuis son installation, le métier a évolué. Une évolution qu’il pressent également au niveau de la FNSEA avec l’élection de Xavier Beulin. “Une autre forme de syndicalisme. C’est quelqu’un d’ouvert qui va pousser des portes que l’on ne pouvait pas approcher auparavant. Il saura faire preuve d’objectivité dans toutes les filières”. Eddie pense notamment à Sofiprotréol. Un chantier qui a réuni céréaliers et éleveurs avec la reprise de Glon Sanders.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Béatrice Caplet et Thierry Bizeul : "ce Bachelor agro permet d'acquérir diverses compétences relatives au management d'une exploitation agricole dans un contexte de transition. Il permet de développer ses compétences en stratégie d'entreprise et de pilotage de projet, de se préparer à accompagner et seconder des exploitants dans leur fonction de dirigeant".
Au Campus du lycée de Sées : un Bachelor agro à la rentrée
Un Bachelor agro (Entreprendre, Accompagner et Manager en agriculture) ouvre à la rentrée prochaine au Campus Terre et Avenir du…
"Je ne suis pas de ceux qui pensent tout connaître", remarque David Clavière, mardi 18 mai, à l'occasion d'une conférence de presse. Le nouveau préfet souhaite "trouver des moyens d'avancer avec du bon sens et du pragmatisme, en étant simple, transparent et direct".
David Clavière, nouveau préfet "de terrain et de proximité" dans le Calvados
David Clavière, 52 ans, est le nouveau préfet du Calvados. Il succède à Stéphane Bredin et il a pris ses fonctions le 18 mai…
Grégory Bariller, élu président de la commission environnement le 8 avril dernier, par les membres du conseil d'administration de la FDSEA 61.
Grégory Bariller représente la commission environnement
Mercredi 8 avril, la FDSEA 61 a élu son nouveau conseil d'administration pour une durée de trois ans. Grégory Bariller, 40…
"C'est marquant cette affluence qui ne cesse de croître", relève François Bruno, conseiller départemental.
Vachement Caen a peut-être trouvé la recette gagnante
L'Association Vachement Caen s'est réunie mardi 19 mai 2026. Entre le retour du concours départemental des Normandes, le…
Le Festival de l'élevage de Vire revient d'ici neuf jours. "Pour les partenaires, c'est le top. Participer à trois concours en un, c'est mieux", remarque Thierry Chanu. Les organisateurs promettent : "Un événement qui valorise la génétique, la passion des éleveurs et la transmission entre générations. Une journée conviviale et familiale".
Deux décennies de concours bientôt célébrées à Vire
Le festival de l'élevage de Vire se tiendra à l'hippodrome de la ville, samedi 13 juin 2026. Et si l'événement est inscrit…
La longue liste des doléances s'est égrenée au fil des débats du congrès de l'AGPB qui s'est tenu les 26 et 27 mai à Nancy.
Après trois années noires, les céréaliers veulent reprendre la main
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026…
Publicité