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Biocarburants
Kit de bicarburation : moteur assuré et agriculteurs rassurés

Depuis un an, la presse de la Cuma Calvados Innovation sillonne le département. Les Cumistes vont un peu plus loin. Un tracteur Massey Ferguson de la Cuma des Moissons tourne désormais à l’huile végétale pure.

Mettre de l’huile de colza dans son tracteur sans danger : la Cuma des Moissons a sa solution. Seule distinction : un réservoir additionnel. Le Massey Ferguson est neuf. Il tourne sans risques financiers à l’huile végétale depuis le mois de janvier. A l’heure où les constructeurs restent frileux, la Coopérative d’Utilisateurs de Machines Agricole s’est lancée. “Nous avons trouvé une solution intermédiaire. Etienne Fels, technicien Cuma, a choisi le kit de bicarburation Rapstruck en Allemagne. Et Groupama a accepté d’assurer la casse moteur pour 230 euros par an. Pour l’assureur, il ne s’agit pas d’une opération de communication. Nous nous sommes engagés à respecter une norme pour le carburant utilisé. Nous n’utilisons pas une presse artisanale”, explique James Louvet, un des membres de la Cuma des moissons avec l’Earl Paris, le lycée agricole de Vire et la Cuma Calvados Innovation.  Aucune norme n’existe en France. C’est la règle allemande qui a été adoptée.  La DIN 51605 définit l’huile végétale pure en termes d’impureté, d’eau ou de phospholipide. “On sait faire de l’huile depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, nous entrons dans une démarche professionnelle et de qualité pour produire de l’huile et du tourteau. Derrière, nous disposons d’analyses qui montrent les bonnes conditions d’utilisation”, précise Etienne Fels.

Des choix techniques confirmés
Bonne nouvelle, le choix technique de la Cuma est confirmé par des grandes marques. L’expérience montre la compatibilité de l’huile avec des moteurs à rampe commune nouvelle génération de type « tiers 3 ». Deutz et Fendt adaptent des tracteurs pour tourner en 100 % HVP avec des kits de bicarburation. “C’est un système similaire à la technologie Rapstruck que nous utilisons. Deutz et Fendt imposeront également la norme DIN 51605”. Cette réorientation des marques semble déjà une petite victoire pour James Louvet. Il avait arpenté les allées du dernier Sima à la recherche d’un constructeur intéressé pour le projet de sa Cuma. Sans résulats. “Ils ont changé d’avis. C’est bon signe. Le cheminement technique de Deutz et Fendt nous conforte dans nos décisions. Sur cette filière, nous avons pris des risques financiers assez importants”.
200 000 euros ont été investis sur l’unité de pressage avec des incertitudes sur l’apport en colza.

La compétitivité passe
par la valorisation du tourteau

Reste à définir l’intérêt économique. Le militantisme a ses limites ! Aux prémices du projet en 2004, le colza plafonnait à 200-250 euros. Le prix du pétrole ne dépassait pas les 100 euros. Le prix de l’aliment a augmenté. Au final, tous ces cours apparaissent liés. “On s’aperçoit aujourd’hui qu’avec un pétrole à 50 euros ou à 150 euros, il y a peu de différences au niveau de la valorisation de l’huile. Plus le pétrole augmente, plus le colza augmente. Pour observer un léger intérêt économique, nous devons bien valoriser le tourteau”. Un bon point pour la presse du Calvados : “elle produit du tourteau de qualité exceptionnelle”. Le taux de matière grasse avoisine les 11 %. L’aliment produit se conserve trois à cinq mois. “Par des essais, nous cherchons désormais à prouver que le tourteau de colza a des vertus pour produire un lait riche en oméga 3. Avec le même effet que le lin mais en moins chère, nous aurions gagné la partie”.  L’huile végétale pure pourrait donc exploser si les vaches calvadosiennes carburent aux tourteaux de colza et émettent plus d’oméga 3 !

V. Motin

Alimentation des animaux et moteurs

Une journée pour découvrir
l’ensemble de la filière

Les techniques ont évolué. Il faut le communiquer !”, insiste James Louvet. L’agriculteur a décidé d’accueillir ses confrères pour échanger. La journée du 14 mars compte plusieurs ateliers autour de l’huile végétale pure. Différents termes seront abordés : où et comment presser son colza ? Comment intégrer les tourteaux dans la ration ? Comment utiliser l’huile ? “Il est important de savoir comment l’utiliser avec des règles bien strictes. La pérennité de la filière en dépend. Il ne faut pas faire n’importe quoi”, précise James Louvet, président de la Fédération des Cuma du Calvados. Outre la presse, une autre attraction sera proposée aux agriculteurs. Le tracteur de la Cuma des Moissons et son kit de bicarburation seront présentés. Avec un Massey Ferguson de toute dernière génération, les Cumistes montrent que l’huile ne bride pas la fiabilité des moteurs. Le kit de bicarburation coûte 3600 euros. A bonne température, le moteur bascule automatiquement sur l’HVP. L’huile est chauffée à 70 °C pour atteindre la même fluidité que le fioul. “L’HVP est performante dans un moteur chaud. Elle s’auto enflamme à 300 C°, contre 96 C° pour le gazoil. L’huile est donc plus intéressante dans un moteur très sollicité. Il semble préférable d’installer des kits sur des tracteurs de tête qui consomment beaucoup”, explique Etienne Fels. Pour plus de détails rendez-vous le 14 mars.
A partir de 14 h au Gaec Louvet à le Reculey. Accès fléché depuis la D577 Caen-Vire.

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