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6 000 chasseurs à Caen
La biodiversité du mécontentement

Démonstration de force des chasseurs de Normandie ce samedi à Caen. Soutenus par le syndicalisme agricole jeune et aîné, ils étaient environ 6 000 en cette veille d’ouverture  à dire « non » à la chasse-bashing, « oui » à la ruralité.

Les chasseurs craignent l’effet domino. Quand le premier tombe, les autres suivent. « La connerie n’a pas de limite », a-t-on pu entendre
© TG

« Ce sont les gens des villes qui nous dictent comment gérer nos campagnes, ça ne peut pas aller ». « Non aux escrologistes ». « L’écologie, c’est nous ». « L’écologie est une science, pas un parti écologique ». « Liberté, égalité, ruralité ». « La chasse est une liberté, la ruralité un mode de vie ». « Les chasseurs, des écologistes actifs ». « Je chasse, nous chassons, ils chasseront ». « Macron : 1,1 million de chasseurs, tu n’auras pas nos voix ». « La chasse ne coûte rien au contribuable »...

Une biodiversité de slogans pour une biodiversité de mécontentements. Tout avait pourtant bien démarré en début du quinquennat. Ambiance détendue entre les mondes de la chasse et de la pêche et le président de la République. « Notre calvaire a commencé avec l’arrivée de Barbara Pompili (ministre de la Transition Ecologique) et de sa secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, Bérangère Abba. Les choses se sont dégradées à la vitesse grand V », a fustigé Dominique Monfilliatre, président de la fédération régionale et des chasseurs de l’Eure. Cette dégradation, c’est la suspension de certaines chasses traditionnelles par le Conseil d’Etat. « Les dossiers avaient été mal ficelés », tire-t-on à boulets rouges du côté des gilets orange. Incompréhension, mécontentement et inquiétude, car depuis un an, les décisions anti-chasse se succèdent au point que certains craignent l’interdiction de la chasse de nuit ou le dimanche, l’interdiction des chiens et des appelants. « Ça se resserre, confirme Dominique Monfilliatre. La chasse est un mode de vie. Pourquoi vouloir arrêter une tradition qui a traversé les siècles ? »

Agriculteur-chasseur : même combat


Philippe Court (préfet du Calvados) a reçu les représentants des différentes Fédérations accompagnés d’Anne-Marie Denis (présidente de la FRSEA Normandie). Il a indiqué que ni chasse de nuit ni chasse du dimanche ne seraient remises en cause. Il a invité le monde de la chasse à mieux expliquer sa passion en communiquant auprès du grand public. Parmi les manifestants, de nombreux agriculteurs. Agriculteurs chasseurs bien sûr, mais aussi agriculteurs non-chasseurs « parce que la chasse est un outil de régulation d’espèces sauvages », a souligné Anne-Marie Denis évoquant les sangliers qui détruisent pâtures et champs de maïs, les blaireaux qui propagent la tuberculose avec pour conséquence l’abattage forcé de centaines de bovins, la problématique renards ou encore corbeaux. « Vous êtes des acteurs importants pour notre agriculture et nous tenons nous aussi à préserver les valeurs de nos aïeux. Il faut écouter ceux qui sont en lien direct avec la nature. »
Ce coup de semonce n’est qu’un galop d’essai. « Nous remettrons le couvert le 5 mars prochain à Paris », a déjà prévenu Alain Durand, président des Chasseurs de Seine-Maritime et membre de la FNC. À quelques mois des présidentielles, les chasseurs s’invitent en campagne. Ils demanderont à chaque candidat ses intentions sur le sujet. Les députés passeront également au révélateur de la ruralité et, après, chacun fera son choix dans les urnes. Le mot de la fin à Dominique Monfilliatre, citant Pompidou, « arrêtez d’emmerder les Français ! »

 

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