Aller au contenu principal

La biodiversité et l’agriculture sont faites pour s’entendre !

La préservation de la biodiversité est devenue une préoccupation environnementale majeure de notre société.

L’agriculture est accusée comme d’être la première cause de déclin de la biodiversité.
Face à ce constat, les agriculteurs de l’association « Terre de Basse-Normandie » ont pris conscience de la nécessité de mieux connaître le fonctionnement et la place de la biodiversité dans leur système. Ils ont conduit, avec les CER france, un projet Casdar sur le sujet de 2014 à 2016 et se sont depuis, constitués en GIEE pour poursuivre les travaux démarrés.
Leur objectif : communiquer positivement  sur la biodiversité, en rappelant que c’est un levier important mais encore méconnu pour le développement d’une agriculture plus respectueuse des enjeux environnementaux.

Pourquoi s’intéresser à la biodiversité ?
La biodiversité regroupe l’ensemble des êtres vivants, les interactions qu’ils ont entre eux et avec le milieu où ils vivent. En agriculture, la biodiversité est un facteur de production agricole à travers les services écosystémiques (SE) qu’elle génère tels que la pollinisation, la régulation biologique, la minéralisation….
Ces services écosystémiques sont fortement dépendants des infrastructures agroécologiques (haies, bandes enherbées, taille des parcelles,corridors..) et des pratiques agricoles (produits phytosanitaires, fertilisation, assolement, labour…)

Intégrer la biodiversité dans la gestion technique et économique de leur exploitation agricole
A travers le GIEE (groupe d’intérêt économique et environnemental) les agriculteurs se sont fixés plusieurs objectifs :
• Maintenir, voire développer la rentabilité de leur exploitation
• Développer leur autonomie par rapport aux intrants
• Améliorer la fertilité naturelle des sols et la biodiversité
Pour ce faire, plusieurs axes de travail ont été retenus :
1 - Optimiser les systèmes de cultures pour développer (conserver et utiliser) la biodiversité : « échelle itinéraire et  rotation ».
2 - Mettre en évidence les impacts des infrastructures agroécologiques pour favoriser le développement de la biodiversité : « échelle paysagère »
3 - Donner une valeur économique à la biodiversité : dépasser la notion de coût-contraintes à court terme, passer par le bénéfice à l’exploitant pour aller sur diminution des intrants et les services écosystémiques rendus à la société.

Des ateliers de co-conception
Pour optimiser leurs systèmes de cultures,  des ateliers de co-conception sont organisés entre agriculteurs.
Pour Chantal Beuneken, agricultrice sur une exploitation céréalière à Gueprei (61) « ces ateliers nous permettent, à partir de nos pratiques actuelles et de notre parcellaire, d’identifier la cohérence ou les incohérences de nos pratiques.
Suite à cette étape de diagnostic et en lien avec nos projets professionnels et personnels, nous établissons ensemble un plan d’action pour chaque exploitation dans lequel nous fixons des objectifs à atteindre.
Suite à l'atelier de co-conception, mon plan d'action est le suivant :
- semis du colza avec des plantes compagnes (féveroles) et tréfle blanc
- introduction de pois protéagineux dans ma rotation
- implantation de couverts multi-espèces
- semis de blé en mélange avec 5 variétés
- semis d’une bande de jachère apicole (sainfoin,mélilot, tréfle violet, tréfle de Perse, phacélie) de 3 m X 600 m pour partager un îlot de 28 ha.»
Les leviers techniques sont multiples :
• Modification des rotations
• Passage du labour au semis direct
• Choix des espèces en couvert
• Cultures associées
• Mélanges de variétés
• Date de semis
• Utilisation de produits de bio contrôle (macération de plantes, infra dose de sucre..)
• Semis sous couvert permanents
• Implantation de bandes enherbées
J’ai également mis en place le programme BiodiversID : dénombrement des abeilles, autres insectes floricoles et suivi des perdrix.
Suite à notre certification ISO 14001, nous avons gardé la culture de l’amélioration continue. Dans cet esprit, chaque année les exploitants présentent au membre du groupe les actions mises en œuvre au cours de l’année avec les réussites et les échecs. C’est cette démarche et le groupe qui permettent d’avancer (réassurance technique, innovation, essais, échanges.)
L’acquisition de connaissances techniques se fait par des voyages d’étude et des formations.
Cependant, nous nous sommes rendu compte que la compréhension d’une nouvelle technique n’était pas suffisante à sa mise en œuvre.
C’est pourquoi cette année, nous avons suivi une formation en ressources humaines sur « Lever les freins au changement ». L’objectif était de mieux se connaître,  d’identifier nos freins et les leviers nous permettant d’agir.
« Un système agro-écologique modifie nos pratiques mais également notre façon de raisonner. »
C’est une démarche de progrès continue, le changement de nos pratiques nous permettent de réduire notre consommation  d’intrants. De ce fait, la biodiversité augmente, notre système est davantage robuste agronomiquement et économiquement performant.
Nous redevenons acteur de notre métier et apprenons à mieux connaître le sol et les interactions qui se passent dans nos parcelles, c’est passionnant.
Nous véhiculons une image positive du métier, et nous rencontrons des personnes issues d’autres milieux, curieux de connaître nos méthodes de travail.

L’association « Terre de Basse-Normandie »
• Création en 2009
• Des exploitations répartis sur la Basse-Normandie
• Obtention de la certification ISO 14001 en 2012
• Acquisition de la certification environnementale de niveau 2 en juin 2013.
• CASDAR «  Intégrer le rôle de la biodiversité dans la gestion des systèmes de polycultures-élevages » : de 2014 à 2016.
• L’association est labellisée GIEE depuis 2017

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Béatrice Caplet et Thierry Bizeul : "ce Bachelor agro permet d'acquérir diverses compétences relatives au management d'une exploitation agricole dans un contexte de transition. Il permet de développer ses compétences en stratégie d'entreprise et de pilotage de projet, de se préparer à accompagner et seconder des exploitants dans leur fonction de dirigeant".
Au Campus du lycée de Sées : un Bachelor agro à la rentrée
Un Bachelor agro (Entreprendre, Accompagner et Manager en agriculture) ouvre à la rentrée prochaine au Campus Terre et Avenir du…
"Je ne suis pas de ceux qui pensent tout connaître", remarque David Clavière, mardi 18 mai, à l'occasion d'une conférence de presse. Le nouveau préfet souhaite "trouver des moyens d'avancer avec du bon sens et du pragmatisme, en étant simple, transparent et direct".
David Clavière, nouveau préfet "de terrain et de proximité" dans le Calvados
David Clavière, 52 ans, est le nouveau préfet du Calvados. Il succède à Stéphane Bredin et il a pris ses fonctions le 18 mai…
Grégory Bariller, élu président de la commission environnement le 8 avril dernier, par les membres du conseil d'administration de la FDSEA 61.
Grégory Bariller représente la commission environnement
Mercredi 8 avril, la FDSEA 61 a élu son nouveau conseil d'administration pour une durée de trois ans. Grégory Bariller, 40…
"C'est marquant cette affluence qui ne cesse de croître", relève François Bruno, conseiller départemental.
Vachement Caen a peut-être trouvé la recette gagnante
L'Association Vachement Caen s'est réunie mardi 19 mai 2026. Entre le retour du concours départemental des Normandes, le…
Le Festival de l'élevage de Vire revient d'ici neuf jours. "Pour les partenaires, c'est le top. Participer à trois concours en un, c'est mieux", remarque Thierry Chanu. Les organisateurs promettent : "Un événement qui valorise la génétique, la passion des éleveurs et la transmission entre générations. Une journée conviviale et familiale".
Deux décennies de concours bientôt célébrées à Vire
Le festival de l'élevage de Vire se tiendra à l'hippodrome de la ville, samedi 13 juin 2026. Et si l'événement est inscrit…
La longue liste des doléances s'est égrenée au fil des débats du congrès de l'AGPB qui s'est tenu les 26 et 27 mai à Nancy.
Après trois années noires, les céréaliers veulent reprendre la main
L'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) a organisé son congrès annuel les 26 et 27 mai 2026…
Publicité