Aller au contenu principal

La Chambre d'agriculture engagée pour limiter les feux agricoles

Une convention tripartite a été signée, le 9 juillet, entre la Chambre d'agriculture de l'Orne, le Sdis 61 et la préfecture de l'Orne. Le but est d'informer en temps quasi-réel les pompiers des zones à risques de départs d'incendies, notamment lors des moissons.

Christophe de Balorre, président du conseil d'administration du Sdis 61, Guillaume Larchevêque, président de la Chambre d'agriculture de l'Orne et Hervé Tourmente, préfet de l'Orne, ont signé une convention de partenariat relative à la prévention des feux d'espaces naturels et de récoltes.
Christophe de Balorre, président du conseil d'administration du Sdis 61, Guillaume Larchevêque, président de la Chambre d'agriculture de l'Orne et Hervé Tourmente, préfet de l'Orne, ont signé une convention de partenariat relative à la prévention des feux d'espaces naturels et de récoltes.
© Préfecture de l'Orne

âFace à l'augmentation du risque de feux d'espaces naturels, accentuée par les épisodes de sécheresse et les fortes chaleurs, le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), la préfecture et la Chambre d'agriculture du département ont signé une convention de partenariat visant à renforcer la prévention de ces incendies et à mieux protéger les personnes, les exploitations agricoles, l'environnement et les territoires.

Si un voisin agriculteur a un champ qui part en feu, automatiquement la solidarité entre professionnels se joue sans même que l'on ne sollicite quoi que ce soit."

"Nous n'avons pas attendu la signature officielle de cette convention pour commencer à travailler ensemble. Nous sommes habitués à travailler avec eux, le département de l'Orne compte des agriculteurs dans ses effectifs de sapeurs-pompiers", introduit la commandante Laëtitia Trassard, référente départementale feux de forêts au Sdis 61. Elle souligne également le soutien déjà naturel des agriculteurs lors des interventions concernant les feux d'espaces naturels ou lors de travaux dans les champs : "les agriculteurs viennent renforcer les effectifs lorsqu'il y a besoin. Si un voisin agriculteur a un champ qui part en feu, automatiquement la solidarité entre professionnels se joue sans même que l'on ne sollicite quoi que ce soit."

Cette convention traduit une volonté commune de développer une approche coordonnée et proactive de la prévention. Elle repose sur un partage renforcé de l'information, une meilleure connaissance des périodes à risque et une sensibilisation accrue du monde agricole aux comportements permettant de limiter le déclenchement et la propagation des incendies.

Matérialisation du partenariat

"Concrètement, le partenariat prévoit la diffusion régulière de messages d'information, de vigilance et d'alerte auprès des exploitants agricoles", détaille Guillaume Larchevêque, président de la Chambre d'agriculture de l'Orne. Cette dernière apportera donc au Sdis 61 des informations concernant l'avancement des chantiers de récolte sur le territoire, permettant d'affiner la connaissance du risque et d'anticiper les périodes de vigilance renforcée. Ce partage d'expertise contribuera à améliorer l'analyse des situations à risque et l'adaptation des dispositifs préventifs et/ou curatifs. "L'idée est de faciliter la tâche des pompiers. Si nous les prévenons que ça moissonne dans le secteur de L'Aigle, où il y a une terre concentrée en silex, ils savent qu'il y a plus de risques d'un départ de feu que dans le pays d'Argentan où la terre est plutôt composée de limon", ajoute Guillaume Larchevêque.

Moins de départs de feu dans les champs et espaces naturels cette année qu'en 2025.

De la prévention qui paye

Avant la période estivale, des actions de sensibilisation permettent de rappeler les bonnes pratiques de prévention et les mesures de protection à mettre en œuvre. Durant les périodes les plus sensibles, les partenaires relaient les consignes de sécurité et les recommandations adaptées aux conditions météorologiques et au niveau de risque. "Nous appelons à une vigilance accrue des professionnels et il semble que ça fonctionne. Le préfet m'a indiqué, à ma plus grande surprise, qu'il y avait pour le moment moins de départs de feu dans les champs et espaces naturels cette année qu'en 2025. Je pense que, au vu des fortes chaleurs, les exploitants agricoles réfléchissent à deux fois à sortir le matériel aux heures les plus chaudes ", complète le président de la Chambre d'agriculture. Et la commandante Laëtitia Trassard d'ajouter : "nous voyons que les agriculteurs sont très attentifs aux messages de prévention. Nous observons la présence de déchaumeurs et de tonnes à eau à proximité des champs. En cas de départ de feu, ils peuvent être les premiers à intervenir. Et plus vite un feu est pris en charge, plus les risques sur la nature, les habitations et la population sont limités."

Responsabilité partagée

Au-delà des engagements formalisés dans cette convention, les signataires souhaitent affirmer leur ambition commune : développer une véritable culture de la prévention autour du risque de feux d'espaces naturels.

En associant les compétences des services de l'État, du Sdis et du monde agricole, ce partenariat vise à réduire le nombre de départs de feu, à limiter leurs conséquences et à renforcer la résilience du territoire face à un risque en constante évolution.

Par cette initiative, les partenaires démontrent que la prévention est une responsabilité partagée et que la coopération constitue le meilleur levier pour préserver durablement les personnes, les activités agricoles, les espaces naturels et le patrimoine environnemental de l'Orne.

La convention "n'est qu'une première pierre à l'édifice", conclut la référente en feux de forêts au Sdis de l'Orne.

La prochaine étape portera sur la formation. "Les sapeurs-pompiers seront formés par les agriculteurs sur la connaissance des cultures notamment. Dans le sens inverse, les agriculteurs apprendront l'évolution d'un feu en espaces naturels et les premières actions à mettre en place. Dès cet hiver, nous travaillerons pour voir comment on peut mobiliser nos forces communes pour pouvoir préparer le prochain été."

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Geoffrey Saint-Lô, pisciculteur et ambassadeur de la marque Bienvenue à la ferme, marquée portée par la Chambre d'agriculture dont Nadège Mahé en est l'élue référente.
Bienvenue à la ferme : pisciculteur, Geoffrey Saint-Lô devient ambassadeur
Depuis 1985, la famille Saint-Lô, basée à Saint-Sauveur-Lendelin, reçoit les visiteurs dans son exploitation piscicole où elle…
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'année décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de l'accident. 
Un agriculteur ornais décède dans un accident de la route
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'années décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Six sites et 121 communes sont concernés par l'officialisation de l'inscription des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le classement des plages du Débarquement à l'Unesco "ne doit pas être une entrave au monde agricole"
Les plages du Débarquement en Normandie figurent depuis le 26 juillet 2026 au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco.…
Publicité