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La Charolaise dope la Salers

Pour commercialiser des broutards Salers dans des conditions optimums, mieux vaut mettre tous les atouts de son côté. Yannick Huret a opté pour du croisement. Il ne le regrette pas.

© EC

La conduite d’une exploitation viande bovine, c’est comme rouler en autobus. Il y a des règles et si le conducteur trouve une astuce pour être encore plus performant, il peut l’appliquer. Cela tombe bien, Yannick Huret, double-actif, fait les deux. Cet ancien ouvrier de l’industrie a repris un atelier race Salers, à Orgères en 2010 et roule en car pour le département de l’Orne. Il ne regrette pas son choix de vie, malgré une conjoncture assez dure.

Mieux conformés
Avec Yannik Huret, on entre directement dans le sujet. L’intérêt du
croisement avec la Charolaise. « Les broutards Salers « purs » se commercialisent mal, d’où l’intérêt d’aller chercher une autre race pour qu’ils soient plus lourds et mieux conformés ». Le cheptel de Yannik ? 70 mères, dont 70 % sont en croisement. Notre éleveur, issu à la base du monde agricole avant d’aller vers d’autres horizons, a repris le troupeau historique avec l’achat de l’exploitation. « J’ai même été chercher des animaux dans le Cantal. Et puis, la Salers, c’est une absence de soucis de vêlage ». D’ailleurs Salers Évolution (ex UPRA) estime que le croisement Charolais ne peut être que bénéfique à la race lorsqu’il s’agit d’un atelier allaitant. Évident, pas question de croisement avec des Salers laitiers, que l’on ne rencontre d’ailleurs qu’en Auvergne.
A Orgères, pour la reproduction, pas d’IA mais trois taureaux : deux Charolais (un issu du Herd-Book) et un Salers. « Je n’ai pas le choix pour augmenter la plus-value de mes broutards. Il me faut impérativement des sujets au top en cumulant les avantages des deux races» argumente notre éleveur.
Depuis quelques années, une soixantaine de jeunes mâles et femelles sont commercialisés à 8 ou 9 mois par le biais d’un groupement. Ensuite, les mâles sont dirigés vers la Turquie, les petites femelles vers l’Espagne. Les meilleures étant gardées pour le renouvellement.
La conduite d’élevage est stricte. « Le taux de mortalité est minime ». Pas de secret, en période estivale, pâturage à volonté sur les 82 ha de SAU ; foin enrubanné en hiver. « Les veaux sont tout de même complémentés avec de l’orge aplatie. Evidemment les animaux sont abrités lorsque les conditions météo sont mauvaises, notamment en cas de pluie ».
Côté finances, Yannick Huret estime s’en « tirer ». « J’ai un peu de frais vétérinaires, mais ce n’est pas flagrant sur la Salers. Non, ce qui est inquiétant c’est la descente du prix de la viande ; une catastrophe pour les éleveurs spécialisés. Ce que je comprends mal, c’est que des abattoirs en France n’aient plus d’animaux et dans le même temps les éleveurs n’arrivent pas à écouler les leurs ».

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