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Elevage
La complémentation des broutards au pâturage

La complémentation des broutards au pâturage concerne les élevages où la pousse de l’herbe estivale est faible voire nulle et pour principalement les animaux mâles vendus au sevrage.

Elle doit être raisonnée et ne pas compenser une mauvaise gestion de l’herbe.
La croissance des veaux sous la mère doit progressivement se faire à partir de l’herbe pâturée. Cependant, il arrive qu’en été celle-ci soit de qualité et/ou en quantité insuffisante. En effet, si les temps de repousse deviennent trop courts et que la hauteur d’herbe reste inférieure à 7 cm, le recours à la complémentation peut s’envisager pour optimiser le gain de poids des veaux et compenser la baisse de production laitière de la mère.

Un gain de 25 kg de poids vif
Les essais montrent que l’apport d’un mélange fermier (80 % de céréales + 20 % de tourteau de soja) à raison de 1,5 kg par jour et par veau durant 2,5 mois permettait de gagner 25 kg de poids vif sur chaque broutard. La plus-value est d’environ 30 à 35 € par veau mâle, déduction faite du coût de la complémentation.
Dès le début de l’été, avec des conditions de pâturage variables et après une période de lactation proche de 6 mois, les éleveurs peuvent complémenter en concentrés l’alimentation des veaux. L’objectif est de mieux exprimer le potentiel de croissance, notamment des veaux mâles et de vendre des animaux plus lourds. Pour les veaux femelles la complémentation ne se justifiera réellement qu’en situation de pénurie d’herbe ou de vêlage précoce. La complémentation sera alors rationnée car ces animaux auront le loisir de parfaire leur croissance durant les phases de pâturage ultérieures pour une vente en boucherie à 30-32 mois ou pour un vêlage à 3 ans.

Adapter la complémentation des veaux sous la mère : rationnée ou à volonté
Dans le tableau 1 sont indiqués les résultats de 3 années d’essais à la ferme expérimentale de Jalogny (71).
Pour les producteurs de broutards, il y a un intérêt économique non négligeable à complémenter les veaux au pâturage durant l’été après une période de lactation proche de 6 mois. Une complémentation à volonté est tout à fait justifiée lorsque la ressource fourragère est en qualité et quantité insuffisante.
Encore faut-il peser et vendre ses animaux au poids. L’achat au poids est le meilleur moyen d’inciter à produire des broutards de qualité. De même la vente au poids permet de mieux négocier le prix de ses broutards quand on a de la qualité.

Quelle complémentation des veaux chez un naisseur-engraisseur
Suite des résultats des essais cités précédemment, performances des animaux à l’engraissement : tableau 2.
Les performances d’engraissement sont très voisines, toutefois il faut 15 jours de moins pour arriver au même poids. Malgré une croissance moindre, l’avance de poids prise avant le sevrage par les mâles à volonté est quasiment conservée jusqu’à l’abattage. Le lot à volonté bénéficie d’un rendement carcasse amélioré de 0,5 % sans écart d’engraissement significatif de la carcasse.
Pour un naisseur-engraisseur la complémentation à volonté permet de vendre plus rapidement ses taurillons mais cela n’a pas de réel intérêt économique car cela nécessite 85 kg de complémentation en plus. Cette méthode peut se justifier dans le cas d’un engraissement en sec mais avec une valorisation supérieure du produit ou dans le cadre de filière valorisant des animaux plus jeunes (12-14 mois).
Denis Reynaud
Equipe Réseau Bovin Viande de Normandie
Denis.Reynaud@idele.fr

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