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FDSEA du Calvados
La contractualisation en débat

L’assemblée générale de la FDSEA se tient le 25 mars prochain à la salle des fêtes de Cheux. La contractualisation sera au cœur des débats.

La contractualisation est-elle de nature à rassurer mon banquier ou mon conseiller de gestion ? Réponses d’acteurs locaux.

Crédit Mutuel
“La contractualisation est aujourd’hui au cœur de nombreux débats. D’un point de vue bancaire, il est trop tôt pour se forger un avis définitif sur le sujet car nous ne connaissons pas encore les tenants et aboutissants des contrats proposés. Les filières déjà concernées (secteur betteravier par exemple) montrent qu’il y a des atouts, mais aussi des inconvénients.
Si la contractualisation permet à l’exploitant d’avoir des perspectives de rentabilité à moyen terme plus stables, c’est fort logiquement plus confortable pour lui et plus rassurant pour le banquier. Cette situation est d’autant plus vraie si notre client est en phase d’installation ou dans une période d’investissements importants sur son exploitation.
Cependant, plusieurs questions restent sans réponses :
- le poids des industriels acheteurs étant très important, nos clients doivent-ils contractualiser seuls ou doivent-ils réfléchir à une contractualisation collective de filière ?
- le contenu du contrat, tant au niveau de la détermination des quantités contractualisées (possibilité d’évolution ?) qu’en ce qui concerne le mode de détermination des prix, doit faire l’objet d’une grande vigilance. Avec une question de fond à régler : le signataire doit-il faire face seul aux variations importantes des marchés ?
- quels sont les enjeux financiers en cas de non respect du contrat par l’une ou l’autre des parties ?
En conclusion, nous restons attentifs à l’évolution de la contractualisation, convaincus que l’avenir clarifiera l’intérêt qu’elle peut présenter ou non pour nos sociétaires-clients”.
Bertrand de Ferron (président de la CADP – Crédit Mutuel) et Pascal Duc (chargé du développement agricole).

Cogedis Fideor
“La crise du lait a montré la fragilité de notre système. Il ne protège plus les éleveurs et n’est plus adapté ni à la réalité des marchés, ni à la suppression des quotas en 2015.
La contractualisation a le mérite de poser les bases d’une relation commerciale clarifiée fondée sur la détermination des quantités et des règles de fixation des prix. Elle doit donner un minimum de visibilité aux éleveurs pour construire leur stratégie à moyen terme. Pour autant le contrat ne règle pas la question des crises conjoncturelles. Ca n’est pas une assurance revenu. Dans les faits, l’engagement pour 5 ans dans la contractualisation ne produira d’effet qu’en 2015 à la sortie des quotas. L’enjeu est bel et bien de savoir si les autres pays européens entreront dans un dispositif de même nature. Ils le pourront mais rien ne prouve qu’ils le feront. On peut craindre que les pays les plus libéraux ne produisent le lait sans autre limite que la contrainte nitrate. Certains pays n’ont d’ailleurs pas caché leurs intentions. Pour l’heure, les questions juridiques liées à la contractualisation sont nombreuses et n’ont pas encore toutes trouver réponse”.

Guy Lemercier, directeur du Marketing et Communication de Cogedis Fideor.

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