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Essai de culture
La Coop de Creully plante le cadre des pommes de terre industrielles

La Coopérative de Creully teste avec une vingtaine d’agriculteurs la production de pommes de terre industrielles. Près de 150 ha sont envoyés dans le Nord, pour être transformés en frites ou en chips. L’essai s’inscrit dans une logique de diversification des cultures, après la fermeture de la sucrerie de Cagny. Le tout sur fond de pandémie mondiale.

COOPERATIVE CREULLY ESSAI CULTURE POMMES DE TERRE
L’arrachage chez Stéphane et Arnaud Léostic, mardi 29 septembre, à Saint-Martin-des-Entrées.
© DR

Mardi 29 septembre, à Saint-Martin-des-Entrées, une arracheuse à pommes de terre tourne dans la parcelle de Stéphane et Arnaud Léostic. Les exploitants testent pour la première fois la culture, accompagnés par la Coopérative de Creully et la SARL Philippe, entreprise de travaux agricoles basée à Maltot. « On cultivait une quinzaine d’hectares de betteraves avant que la sucrerie de Cagny ne ferme », place Stéphane Léostic. Alors, quand la Coopérative de Creully lui propose de tester la pomme de terre industrielle, le cultivateur accepte. « Nous cherchons à diversifier les cultures, la pomme de terre est une tête de rotation intéressante. »


De A à Z

L’idée a germé à Creully il y a moins d’un an. La coop est contactée par un courtier en février et tout est « allé très vite, retrace Stéphane Carel directeur de la coopérative. Il fallait planter cinq à six semaines après. On a foncé ». Une vingtaine de cultivateurs accompagnés des techniciens de la coopérative s’engagent dans le projet et emblavent 150 ha de pommes de terre industrielles. L’ensemble de la production est contractualisé. « Nous avons organisé des réunions, entre les producteurs, d’accompagnement de cycle culturel de la plantation à l’arrachage, de prélèvement, de protection phytopharmaceutique, explique Martin Allard, technicien à la Coopérative de Creully. Soit un suivi de A à Z. C’est une culture intéressante qui demande beaucoup de surveillance au champ. Cette année, il n’y a pas eu beaucoup de pression mildiou mais ça peut aller très vite. » La pomme de terre industrielle doit répondre à des critères de couleur, de calibre, de tenue de cuisson. « Nous avons fait des tests en fin de cycle. Les rendements finaux des parcelles arrachées, autour de 45 à 55 T/ha, correspondent à ceux que l’on a échantillonnés, à 950 kg près à l’hectare. »   

À l’épreuve de la Covid-19

Pour assurer les travaux aux champs, deux entreprises agricoles intègrent le projet. Dont la SARL Philippe. « Avant, nous arrachions des betteraves. Nous avons pu échanger une arracheuse à betteraves contre une à pommes de terre », explique Mélanie Philippe. L’entreprise a investi dans un broyeur, une planteuse et une fraise-butteuse. « Nous les avons trouvés en un temps record. Nous sommes allés en Belgique les chercher avec le commercial de la marque. C’était la veille du premier jour de confinement en France. C’est ma sœur qui y est allée, car j’ai un petit garçon et je ne voulais pas être bloquée là-bas. » La résistance du projet est mise à l’épreuve mais les machines arrivent à temps pour planter, en avril. « Bravo aussi aux deux salariés de l’entreprise qui se sont impliqués et sauvent leur emploi », souligne Mélanie Philippe. L’autre entreprise agricole qui participe au projet est l’ETA Legouix à Bény-sur-Mer.

Solidarité et curiosité

Pour la récolte, la solidarité - et la curiosité - paysanne font le job. Les voisins prêtent des bennes et des bras pour trier les pommes de terre sur l’arracheuse. Ce mardi 29 septembre, trois camions doivent partir vers le nord de la France. « Le débit de chantier est aléatoire », reconnaît Mélanie Philippe. Martin Allard reprend : « le principal, c’est de sortir la qualité requise, de répondre au contrat ». Pour la première année, une marge après agrofourniture et travaux par l’ETA de 1 300 €/ha à 1500 €/ha est visée par les producteurs. La Coopérative de Creully a bien en tête de développer l’essai mais elle reste prudente. La restauration hors domicile a été impactée par la Covid-19. Les industriels ont une vision à long terme du marché mais des questions restent en suspens : quelles sont les attentes pour l’année prochaine ? Quelle tournure va prendre la crise sanitaire ? Malgré l’incertitude du marché, « la Coopérative de Creully souhaite apporter des réponses à ses adhérents afin de leur permettre de planter à nouveau au printemps prochain avec les mêmes garanties que cette année », conclut Stéphane Carel.

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