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A la coopérative de Creully (14) : les couverts végétaux sont des cultures à part entière

Gilles Haelewyn, agriculteur à Commes près de Bayeux, a semé en août huit bandes d’essais de couverts végétaux, en partenariat avec la Coopérative de Creully, Agronat et la Chambre d’agriculture. Jeudi 15 novembre, l’heure était à la présentation des résultats aux exploitants bio, conventionnels, aux conseillers et aux techniciens.

Gilles Haelewyn, agriculteur en bio, installé à Commes, près de Bayeux, et Jean-Philippe Chenault, responsable agronomique de la Coopérative de Creully. DR
Gilles Haelewyn, agriculteur en bio, installé à Commes, près de Bayeux, et Jean-Philippe Chenault, responsable agronomique de la Coopérative de Creully. DR
© JP

>> Que représentent les couverts végétaux ?
Gilles Haelewyn. Avant, les Cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) répondaient, entre autres, à une contrainte administrative. Elles deviennent de plus en plus un engrais vert et sont désormais considérées comme des cultures à part entière.

>> Quel est l’objectif de la plateforme ?
J-P. C. L’étude des coûts et des bénéfices des couverts végétaux. Le précédent cultural est le même pour les huit bandes : pois triticale. L’agriculteur a souvent peur de pénaliser sa culture suivante en implantant un couvert. Nous voulons montrer que le couvert peut être un avantage. Nous voulons en convaincre les agriculteurs, les conseillers et les techniciens.
G. H. Nous étudions comment implanter les couverts pour qu’ils réussissent, pour en tirer des profits techniques et économiques. La plateforme est une vitrine de couverts, en bio et en conventionnel.

>> Quels aspects avez-vous étudiés ?
J-P. C. Nous avons réalisé des pesées de biomasse le 26 octobre dans le champ, grâce à la méthode Merci (Méthode d'estimation des éléments restitués par les cultures intermédiaires). Elle permet d’évaluer des fournitures d’engrais, azote phosphore et potassium (N, P, K), restitués à la plante et utilisables. Derrière, ce sont des euros en moins à dépenser pour la culture suivante, et des avantages agronomiques : érosion, gestion des adventices, augmentation de la matière organique des sols, porosité du sol améliorée par des plantes aux racines pivots.

>> Quelles leçons tirez-vous des essais ?
J-P. C. Les résultats sont conformes à ce que l’on peut attendre d’un couvert en matière de biomasse. Mais les valeurs obtenues datent du 26 octobre, elles ne sont déjà plus d’actualité. Certaines valeurs de biomasse et de restitution des éléments fertilisants ont augmenté d’environ 20 %. (Voir photos-légendes)
G. H. Nous avons obtenu des choses intéressantes. Je suis surpris de constater qu’un couvert végétal haut de 1 m 10 et dense ne donne pas forcément beaucoup de biomasse. Ma plus grosse inquiétude concernait la reprise du sol pour la culture suivante, car le terrain est argileux. Une bande sort du lot sur les aspects adventices et biomasse : le mélange radis chinois, phacélie, tournesol et avoine.

>> Quelle est la suite du programme ?
J-P. C. Nous allons étudier la facilité de destruction du couvert, ou pas. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, plus le couvert est développé, plus il est facile à détruire. Il ne faut cependant pas attendre qu’il devienne trop ligneux, car il peut alors consommer plus d’azote qu’en fournir.
G. H. Les essais sont vraiment beaux. Nous aimerions aller plus loin et suivre l’incidence des couverts sur les rendements de la culture suivante, à savoir du maïs.

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