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La coopérative linière de Cagny va rajeunir sa gouvernance

llll L’assemblée générale de la Coopérative Linière de Cagny se tient demain vendredi 1er février, à 14 h 45, au foyer rural de Cagny. Entretien préalable avec son président, Emmanuel Frimout, pour un bilan et des perspectives.

>> Malgré une parité euro/dollar en défaveur de la Ferme France, les prix mondiaux du lin poursuivent leur lancée. Comment l’expliquez-vous ?
L’offre peine à couvrir les besoins malgré l’augmentation régulière de la sole mais la production à l’hectare, quant à elle, n’évolue pas ou peu.
Notons un accroissement de la demande à cause de la consommation chinoise et l’arrivée de nouveaux pays émergents, je pense notamment à l’Inde, qui exercent une pression supplémentaire sur le marché se traduisant par une hausse des cours.

>> Quid de la récolte 2017 ?
2017 a constitué la récolte la plus faible depuis 2011, une année noire. C’est un constat national. Une récolte difficile à travailler, difficile à teiller, difficile à nettoyer. Elle a été très hétérogène et très disparate. Elle a souffert du sec au printemps sur notre territoire et n’a pas bénéficié des pluies de mai contrairement aunord de Caen. A l’arrivée, on enregistre un tonnage de 5,1 t/ha.

>> Et qui de 2018 ?
On commence seulement à la travailler depuis quelques jours. Il s’agit d’une récolte disparate en termes de dates de semis, assez légère et sans doute du même ordre que 2017 en poids de paille. Cependant, elle est plus qualiteuse, plus riche en fibre et avec des cadences qui vont au-delà de nos espérances.

>> Vous appeliez l’an dernier à une augmentation des surfaces. Vous avez été entendus ?
Oui puisque, au niveau de la coopérative, on va avoir à travailler 2 000 à 2 100 hectares. Ce qui correspond à une augmentation des surfaces de l’ordre de 8 à 9 % avec une part de lin d’hiver croissante : de 220 ha à 300 ha sur la campagne 2019.

>> Concernant les semis 2019, l’offre variétale est satisfaisante ?
Ça reste tendu mais c’est plus facile que l’an passé. Sur ce dossier, il faut cependant rester vigilant. Je ne peux qu’inviter le développement de la production locale de semences sur notre territoire afin d’être moins dépendant de l’extérieur.

>> Où en êtes-vous dans vos investissements ?
Nous avons beaucoup investi l’été dernier à travers deux lignes neuves au niveau des turbines de teillage, une cave refaite et une presse à fibres courtes plus performante. L’objectif premier était d’améliorer la cadence horaire et objectif atteint au vu des premiers teillages 2018.
Notre autre ambition était d’améliorer la sécurité et les conditions de travail de nos salariés. C’est toujours une préoccupation majeure dans nos investissements.

>> On parle beaucoup d’agribasching, quel regard portez-vous sur ce phénomène ?
Deux points me font peur. Un : la loi EGAlim. Elle tend à remettre en cause le modèle coopératif et réduire le lien avec l’adhérent à une simple relation commerciale. Il faut s’indigner et se battre contre cette tendance.
Deux : le glyphosate. Il faut combattre toute idéologie, ne pas interdire si on ne propose pas d’alternative. Nous savons nous remettre en cause et innover, je pense par exemple à l’agriculture de conservation sur laquelle nous menons une réflexion, mais qu’on nous laisse un peu de temps. 

>> Quels seront les points forts de vos travaux ?
Il y en aura plusieurs mais citons l’élection de 3 nouveaux administrateurs, des jeunes. A travers cela, c’est du dynamisme, de la vitalité, un regard porté vers l’avenir que nous intégrons.

>> Des arrivées donc des départs aussi ?
Oui. Soulignons celui de Robert de Formigny après 24 ans d’engagement. On a bénéficié de son expérience, de son expertise et de sa bonne humeur. Ça a été un plaisir de travailler à ses côtés pendant tout ce temps.

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