Aller au contenu principal

Céréales
La croissance doit prendre de la graine

Comment en faire un outil de croissance pour la région ? Compte rendu du débat du 10 décembre. 

© VM

“L’agriculteur bas-normand producteur de céréales, n’est pas seul dans son champs. Autour de lui gravitent des emplois
parfois invisibles, dans 33 organismes collecteurs, un millier de boulangeries artisanales, 3 biscuiteries, et 7 unités de fabrication d’aliments pour animaux”, soulignait Jean-Pierre Prévost, délégué Passion Céréales en Basse-Normandie. A l’occasion du colloque “Et si la croissance en région Basse-Normandie se nourrissait de céréales”, mardi 10 décembre, Jean-Pierre Prévost tenait en effet à rappeler combien la filière céréalière est une filière qui compte pour la région. Le colloque, organisé par Passion céréales, est né d’une volonté de la structure, “de mettre en lumière les acteurs locaux de la filière, de faire partager leur engagement et leur passion”. Une démarche reproduite dans les différentes régions de France. 

Pas d’avenir sans élevage
Proximité des débouchés en alimentation animale, mais aussi  proximité des ports d’exportation et des industries agro-alimentaires ; les céréales bas-normandes profitent aussi d’un tissu de compétences locales et d’un terroir favorable. “Certains secteurs de plaine sont très adaptés à la culture, avec un climat favorable et des réserves en eau importantes dans les sols”, souligne Sébastien Bourdin, professeur de géographie à l’EM Normandie. “On a des rendements peut-être légèrement inférieurs à la Beauce, mais nous n’irriguons pas”, souligne Christian Clarysse, directeur de la coopérative et des filiales amont au sein d’Agrial.
Les liens céréaliers éleveurs ont été évoqués, avec notamment l’échec des contrats interfilières qui devaient aboutir au niveau national. “Je ne vois pas d’avenir aux céréales, sans les filières d’élevage, et ce débouché local est une force pour notre filière des grains, assure Christian Clarysse. Les éleveurs y gagnent aussi. Au sein d’Agrial, nous essayons toujours de réduire les coûts d’intermédiation”.

Gagner de la valeur
Reste que les céréales sont encore un marché de pondération, à faible valeur ajoutée. “On se doit de continuer à réfléchir à des outils de transformation qui permettent une meilleure valorisation. Un vrai développement est encore possible pour les céréales en Basse-Normandie”, estime Christian Clarysse. 
Pour aller chercher la valeur ajoutée dans les céréales, la piste de la qualité a été également évoquée. Un élu de Vire, estime “qu’il faudra à l’avenir être aussi pointu et exigeant sur la qualité des céréales, qu’on ne l’est actuellement pour le lait”. “La qualité est déjà très bonne, nuance Christian Clarysse, même s’il faut continuer à l’améliorer”. Laurent Muratet, directeur achats et pilote développement durable à la biscuiterie de l’Abbaye, explique que “le modèle de croissance de cette entreprise familale du bocage ornais est justement basé sur la qualité et la proximité des approvisionnements, depuis plus de trente ans. En tant que PME, on ne peut pas se battre avec le tout-venant”. Avec aujourd’hui 220 salariés, la biscuiterie a multiplié ses effectifs par deux en 20 ans.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Jean-François Le Meur (débout), président d'Elvup, mise sur un conseil impartial à destination des éleveurs.
Elvup met le cap sur 2030
L'ambition est clairement affichée : Elvup veut être "le partenaire de référence et de confiance auprès des éleveurs". C'est…
Marie Lecardonnel n'a pas pu se séparer d'un morceau d'obus conservé dans une boîte recouverte de l'inscription "morceaux de bombe ou d'obus ramassé dans la cour par Clermont Lecardonnel".
[EN PHOTOS] A 101 ans, Marie Lecardonnel reste un témoin précieux
A 101 ans, Marie Gires Lecardonnel, retraitée du monde agricole à La Chapelle-Enjuger, a mis sur papier ses récits authentiques d…
Au côté d'Arnaud Nuttens, éleveur de Limousine, Frédéric Monpierre a arpenté les allées.
Le nouveau sous-préfet en visite découverte à la Foire de Lisieux
Frédéric Monpierre, sous-préfet de Lisieux, a fait une halte à l'hippodrome de la ville, samedi 18 avril 2026. L'objectif…
Bertrand Detroussel a consacré 43 ans de sa vie au service de la commune de Neuilly-le-Bisson. Lors des municipales en mars 2026, il a rendu son écharpe de maire.
Bertrand Detroussel : 42 ans au service de Neuilly-le-Bisson
Nous consacrons cette série aux anciens maires ornais qui ont un lien avec l'agriculture. Place à Bertrand Detroussel,…
Une nouvelle visite se fera bientôt pour observer l'efficacité du passage du robot après quinze jours.
Le robot Ara d'Ecorobotix, en test sur une prairie du Bocage
Vendredi 27 mars 2026, une démonstration du robot pulvérisateur Ara d'Ecorobotix a été proposée par les Chambres et les Cuma…
Retraité d'Agrial depuis juin 2025, Ludovic Spiers est à la tête de la Communauté de communes de la Baie du Cotentin.
Ludovic Spiers, de directeur d'Agrial à président de la Communauté de communes de la Baie du Cotentin
A la Communauté de communes de la Baie du Cotentin, depuis le 9 avril, Ludovic Spiers succède à Jean-Claude Colombel à la…
Publicité