Aller au contenu principal

Orne
LA DOUBLE ACTIVITE COMME RAMPE DE LANCEMENT

Après avoir été double actif pendant 6 ans, Jean-Luc Mellangé a fini par reprendre l’exploitation familiale. Une ferme céréalière redevenue tout herbe et en bio pour “dépenser le moins possible avec un minimum de charges”

Jean-Luc Mellangé et sa femme Cathy. Le choix de l’Aubrac s’est vite imposé : une race de plein air, rustique, prolifique, qui vêle facilement et à l’instinct maternel prononcé.
Jean-Luc Mellangé et sa femme Cathy. Le choix de l’Aubrac s’est vite imposé : une race de plein air, rustique, prolifique, qui vêle facilement et à l’instinct maternel prononcé.
© B de La Sayette

Avant de refaire ses clôtures à St-Martin-l’Aiguillon (61), Jean-Luc Mellangé a pour le moins roulé sa bosse. Formé à l’Enita de Clermont-Ferrand, il a fait du développement agricole en Afrique, été formateur bovin/lait à la ferme expérimentale des Trinottières (49), travaillé dans une laiterie au Luxembourg... En chemin, il a croisé Cathy, une chercheuse britannique, fille d’agriculteurs aussi, devenue depuis sa femme. 
Jean-Luc et Cathy sont aujourd’hui tous deux agriculteurs. Cathy au sein d’un GAEC (4 associés, 790 000 litres de lait et 250 ha) où l’on privilégie l’organisation du travail. Jean-Luc quant à lui cultive son indépendance à la tête d’un troupeau de 60 vaches allaitantes Aubrac.

Une période de transition
“Le fait d’être double-actif m’a permis de m’installer progressivement”. Après avoir mené une double vie pendant 6 ans, Jean-Luc Mellangé s’est officiellement installé en mai 2006 à l’âge de 39 ans. Une période transitoire qui lui a permis de mûrir son projet et de conforter ses capacités de financement.  Sa problématique de départ : comment vivre en reprenant l’exploitation familiale de 50 ha de céréales ? “Il me fallait trouver un projet viable”, commente-t-il. Sa réponse : un système allaitant tout herbe et en bio avec au passage la reprise de 25 ha de friches sur la commune voisine de Ste-Marguerite-de-Carrouges.
L’exploitation regroupe aujourd’hui 78 ha autour d’un troupeau d’une soixantaine de vaches Aubrac. “Ma ligne de conduite, c’est d’être le plus autonome possible, de dépenser le moins possible afin de minimiser mes charges”, résume-t-il.

Plein air intégral
Jean-Luc a fait le choix de plein air intégral. Ses côteaux avec des terres drainées s’y prêtent bien et l’Aubrac est une race rustique. “Une race qui a un bon instinct naturel, qui vêle facilement et qui est prolifique”, justifie-t-il. Le système alimentaire est simple : que de l’herbe en pâture ou sous forme de foin. Avec des vêlages concentrés au printemps, Jean-Luc fait coïncider une herbe abondante et de qualité avec les besoins nutritionnels des vaches pour nourrir leur progéniture.
Seule contrainte du système : bien maîtriser le chargement pour ne pas avoir de complément à acheter et réussir ses foins. “Il faut travailler vite et bien. L’an dernier, j’ai fait appel à l’entreprise”. Un atout majeur : les charges de mécanisation de l’exploitation sont réduites à leur plus simple expression. Jean-Luc s’est tout juste payé le luxe “d’une belle faneuse” mais pour le reste.... Le vieux David Brown ne cache pas son âge. Côté tracteur, c’est plutôt Madame qui est bien équipée.

Miser sur la vente directe
En rythme de croisière, Jean-Luc Mellangé espère produire une quinzaine de génisses à viande par an. Une boucherie argentanaise lui assure un débouché mais notre éleveur mise à terme également sur la vente directe. Les ateliers TEBA de Pré-en-Pail (abattage, conditionnement et transformation de viande) ne sont pas loin.
Un point faible qu’il souhaite également améliorer : le manque de haies. Après avoir clôturé quelques kilomètres de parcelles, un gros chantier de plantation est à planifier. En attendant, Jean-Luc Mellangé regarde la réforme de la PAC plutôt d’un bon œil. “En favorisant l’herbe, on va dans le bon sens. Mais il faut également favoriser les cultures de protéagineux pour moins dépendre du soja”, plaide-t-il.
Confiant donc en l’avenir et reconnaissant vis-à-vis du dispositif français d’aide à l’installation. “Sans les prêts bonifiés, sans les aides à la conversion, ça n’aurait pas été possible”. En face, Cathy acquiesce. “En Angleterre, il n’y a que les fils de banquiers qui peuvent devenir agriculteurs (...). Ou ceux qui sont déjà dans le monde agricole”, pondère-t-elle.
Th. Guillemot

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
"Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ", dit Hervé Morin
"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y…
Publicité