Aller au contenu principal

Gestion des exploitations
"La facture électronique est le changement majeur des dix prochaines années."

L'association Réagir AgriAide 14 alerte sur les difficultés qui pourraient découler de la mise en place obligatoire de la facture électronique pour toutes les fermes assujetties à la TVA. Cette nouveauté peut s'avérer plus lourde qu'on ne l'imagine.

L'association Réagir AgriAide 14 entend "renforcer le maillage pour mieux épauler les exploitants face à ces nouvelles barrières", explique l'équipe.
L'association Réagir AgriAide 14 entend "renforcer le maillage pour mieux épauler les exploitants face à ces nouvelles barrières", explique l'équipe.
© © iStock

â "L'année écoulée a une nouvelle fois mis le monde agricole à l'épreuve, avec des zones de fortes turbulences. [...] Nous faisons face à une détresse plus silencieuse, liée à l'évolution de notre société", constate d'entrée de jeu, Christine Dumont, présidente de l'association Réagir AgriAide 14, lors de l'assemblée générale, mardi 23 juin 2026 à Hérouville-Saint-Clair. 

La structure vient en aide aux agriculteurs en difficulté. Avec des exploitants agricoles qui doivent s'adapter en permanence à un environnement mouvant, "notre mission n'a jamais été aussi essentielle face à la dématérialisation des procédures de gestion".

Lire aussi : Réagir Agri'Aide 14 : être aux côtés des exploitants quoi qu'il arrive

La barrière du digital

En 2025, l'association a accompagné soixante exploitations, parmi lesquelles "29 nouveaux dossiers et 31 dossiers en suivi, rapporte Yoann Corigliano, salarié de Réagir. Par rapport à 2017, c'est "deux fois plus". Cela représente 169 rendez-vous en 2025. L'association intervient majoritairement auprès d'exploitations laitières et de fermes allaitantes sur la partie ouest du département.

L'origine des difficultés est souvent multiple, mais les questions de gestion (tensions de trésorerie, endettement structurel, lourdeurs administratives, etc.) sont "le principal point de rupture", indique Yoann Corigliano. S'ensuivent les problèmes techniques, les difficultés de santé ou de mal-être. Si les réponses apportées par l'association et l'écosystème agricole sont "non exclusives. Elles peuvent se cumuler entre elles sur le volet financier, accompagnement et social", note-t-il.

"Se retrouver seul face à un écran, cela décourage"

"Les démarches se font pour la plupart en ligne. Pourtant sur le terrain, la réalité est toute autre. Se retrouver seul face à un écran, cela décourage", admet Christine Dumont. Réagir AgriAide apporte alors "une présence physique et de l'écoute, remarque Anne Pelletier, salariée. La force qui réside dans notre approche, c'est d'écouter sans juger. [...] De réintroduire de l'humain, là où les procédures ont créé de la distance." 

La facture électronique constitue à elle seule une vraie appréhension pour le milieu. "Côté gestion, c'est le changement majeur des dix prochaines années", d'après le Crédit Agricole Normandie. Dès le 1er septembre 2026, toutes les exploitations agricoles assujetties à TVA devront être en capacité de recevoir des factures dans le cadre de leurs activités commerciales, et d'en émettre dès le 1er septembre 2027, via un équipement de plateforme informatique agréée, sous peine d'amende forfaitaire. À ce titre, le Crédit Agricole a présenté sa solution développée en interne, Kolecto, et le CerFrance a fait de même avec Effinum.

Lire aussi : Réagir : l'élevage, secteur le plus touché par la précarité

"Ils n'ont ni ordinateur ni adresse mail"

Ces solutions privées sont payantes ou intégrées selon que l'on soit client ou non. "L'idéal aurait été d'avoir une plateforme unique et publique", déplore Xavier Hay, président de la FDSEA du Calvados. Pour Anne Pelletier, environ 25 à 30 % des agriculteurs accompagnés ne possèdent pas "d'ordinateur, ni de téléphone, ni même d'adresse mail".

Une thématique qui illustre toute l'ambiguïté qui existe aujourd'hui entre l'accompagnement "plus classique" de telles associations et l'enjeu plus global "qui imcombe à l'État de lutter contre la défaillance numérique", martèle Christine Dumont. Si la loi d'orientation agricole évoque la formation, l'innovation et la transition des exploitations agricoles françaises comme des axes majeurs, le réseau France Services Agriculture n'est pas destiné à répondre au besoin d'inclusion numérique. Il sera davantage porté sur l'accompagnement aux démarches installation/transmission, en lien avec les Chambres d'agriculture.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Six sites et 121 communes sont concernés par l'officialisation de l'inscription des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le classement des plages du Débarquement à l'Unesco "ne doit pas être une entrave au monde agricole"
Les plages du Débarquement en Normandie figurent depuis le 26 juillet 2026 au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco.…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Alban Brehon (à droite) a fait part de l'appel à la solidarité au préfet du Calvados, (à gauche)
Sécheresse : la FRSEA lance une enquête sur les besoins en fourrages
Avec la sécheresse, plusieurs éleveurs craignent de manquer de fourrages l'hiver prochain.
Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
À Socopa Coutances, les frigos sont pleins, l'abattoir est saturé
Suite à l'appel à mobilisation de la FNB (Fédération nationale bovine), les responsables syndicaux de la Manche, FDSEA et JA, se…
Publicité