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Cheval
A la ferme de la Baronnie (14) : une PENSION aux “petits oignons”

Un quota laitier de 60 000 litres entièrement transformés à la ferme et une soixantaine de chevaux en pension, Stéphanie Lehodey a trouvé son équilibre.

Le prix “Maurice Lehodey”. Une évocation qui résonne encore à l’oreille des initiés. Maurice, c’était le grand-père de Stéphanie. De père en fils et de fils en petite-fille, on s’est transmis le virus. Eleveur dans l’âme autant que compétiteur, passionnée de cheval mais voulant se préserver d’une éventuelle “overdose équine”, Stéphanie Lehodey n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier. Elle concilie le cheval (une soixantaine d’équidés en pension et une dizaine en propriété) et la vache. Jean de La Fontaine aurait pu en écrire une fable.

Paddocks ouverts 365 jours/an
A la ferme de la Baronnie à Douvres-la-Délivrande (14), c’est paddocks ouverts 365 jours par an. “Les propriétaires des chevaux dont j’ai la charge viennent quand ils le veulent. La carrière est à leur disposition. Ils font de la balade, voire même du horse-ball”. Seul bémol à cette autogestion : le respect de l’activité agricole des lieux.
La formule a du succès à un point tel que Stéphanie a du apprendre à dire “non”. Depuis 3 ans qu’elle s’est installée, elle a pourtant remis 12 ha de bonnes terres labourables en prairies permanentes pour héberger ses vaches et les chevaux des autres. Car le cheval est de plus en plus populaire. Populaire comme ses propriétaires qui n’appartiennent à aucune caste privilégiée. Des ouvriers, des employés, des cadres moyens (...) qui, par plaisir, achètent un cheval de loisir ou un réformé des courses. Leur pouvoir d’achat leur interdit cependant d’accéder au foncier ou de construire une écurie. C’est alors Stéphanie, forte de son expérience (employée au Haras de Monnaie-50, secrétaire des courses à Graignes-50, gestionnaire de concours à la Fédération Française d’Equitation à la Motte-Beuvron, vendeuse au rayon cheval chez Décathlon...) et de ses formations (BTS ACSE à Coutances, spécialisation tourisme et animation en milieu rural à Charleville-Mézières, licence d’inséminateur équin au haras du Pin...), qui prend le relais.

Comment ça marche ?
A la Baronnie, ni étalon, ni poulinage. “J’ai assez des vêlages” précise la maîtresse des lieux. Tout autre équidé, à partir du moment où il est à jour de ses vaccins et pucé, a droit de cité ou plutôt de campagne. On croise dans les parcelles des quasi trentenaires, parfois aveugles, qui broutent une herbe méritée.
Un contrat régit les droits et devoirs de chacun. “Je m’engage à surveiller l’animal en bon père de famille et à le nourrir comme les miens, spécifie Stéphanie. Son alimentation repose sur une ration à base de foin, de paille et de céréales. Si un propriétaire souhaite un complément en concentré, ce n’est pas un problème mais c’est à sa charge”. En cas de problème sanitaire, le propriétaire est immédiatement prévenu. Notre éleveur se garde cependant le droit de faire venir le vétérinaire en cas d’urgence.
Certains pensionnaires sont privilégiés. Ils ont droit au box l’hiver avec deux sorties par jour. C’est confortable mais c’est aussi un peu plus cher.
Au pâturage, les chevaux sont allotés par groupe. A force d’observation, Stéphanie connaît leur caractère et les marie selon affinités. Ils doivent également cohabiter avec les vaches, un mélange des cultures. La Baronnie est plus qu’une exploitation agricole, plus qu’une pension équine aussi. C’est un lieu d’échanges où deux mondes se croisent, se parlent et s’apprécient.
Th. Guillemot
En savoir plus :
La ferme de la Baronnie
(ferme pédagogique
et vente directe de produits)
14440 Douvres-la-Délivrande
Tél. 06 28 65 64 19
www.ferme-de-la-baronnie.com

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