Changement climatique
La filière pomme de terre n'est pas dans son assiette
Après un été marqué par la canicule et un déficit hydrique exceptionnel, les producteurs de pommes de terres normands accusent le coup. Rendements en baisse, tubercules trop petites et incertitudes sur l'avenir : la filière s'interroge sur sa capacité à s'adapter au changement climatique.
Après un été marqué par la canicule et un déficit hydrique exceptionnel, les producteurs de pommes de terres normands accusent le coup. Rendements en baisse, tubercules trop petites et incertitudes sur l'avenir : la filière s'interroge sur sa capacité à s'adapter au changement climatique.
"Nous estimons un rendement récolté, sans même parler d'un calibre vendable, de 30 à 40 % en moins pour cette campagne", introduit Guillaume Duchemin, directeur de la Ferme de l'Odon, entreprise spécialisée dans la pomme de terre à Tourville-sur-Odon. La structure achète chaque année 14 000 t de tubercules, cultivés sur 450 ha, auprès de 42 producteurs, et les transforme en chips, frites fraîches ou conditionnés. La filière n'a pas été épargnée par la sécheresse. "Au-delà de 30 °C, la culture n'évolue plus. Elle attend l'eau. Les pommes de terre se sont développées avec un cumul de précipitations inférieur à 30 mm. Elles ont besoin de cinq fois plus d'eau pour espérer un rendement classique", détaille Guillaume Duchemin au préfet du Calvados, David Clavière, venu constater les effets de la canicule. Résultat, outre des rendements en baisse, les producteurs déplorent des calibres trop petits.