Aller au contenu principal

Elevage
La finition des bovins à l’herbe

Engraissement de bœufs ou de génisses ou finition de vaches, tout est possible avec de l’herbe de qualité.

La Normandie est réputée pour ces herbages de bonne qualité qui lui ont permis de connaître une longue tradition de production de viande à l’herbe en particulier de bœufs et génisses. Dans un contexte d’aliments chers, l’utilisation de l’herbe pour nourrir les animaux est une solution économique pour nourrir voire même finir les animaux à condition qu’elle soit exploitée correctement.


L’herbe, une culture économe mais dépendante des conditions

climatiquesLa production de viande à l’herbe est peu gourmande en intrants et en mécanisation. Les kilos de viande produits à l’herbe sont les moins coûteux sur une exploitation. De plus, les animaux à l’herbe nécessitent moins de travail que des animaux en bâtiment ce qui encourage à pouvoir vendre les animaux au sortir du pâturage sans avoir à passer par une période de finition à l’auge.Cependant, la quantité et la qualité de l’herbe disponible est très dépendante des conditions climatiques (sécheresse ou trop grande humidité) ce qui rend son exploitation peu sécurisante. Il faut caler un système de pâturage et être capable d’adapter ses décisions en fonction de la pousse de l’herbe de l’année afin de faire pâturer et de récolter les bonnes surfaces au bon stade.

Génisses et bœufs pour valoriser les surfaces en herbe plus difficiles à exploiter

Les génisses et les bœufs à croissance lente valorisent les prairies les plus éloignées. A ce titre, leur élevage continue à avoir leur place dans les exploitations. De plus, ces catégories d’animaux modifient peu l’organisation et la charge de travail au niveau de l’exploitation.Les génisses de viande sont celles qui ne sont pas destinés à assurer le renouvellement du troupeau. En production laitière, les jeunes femelles valorisent les pâturages éloignés et sont essentiellement issues de croisements.L'autre production bovine complémentaire, est celle de bœufs. Elle reste une solution convenable dans beaucoup de situation. En Normandie, ils valorisent aussi, comme les génisses, les prairies les plus éloignées et de moindre qualité. La souplesse de leur conduite permet également de les utiliser à la pâture d’arrière saison sur les prairies réservées aux laitières et d'améliorer ainsi la qualité des prairies. Hormis la race Rouge des prés qui bénéficie de la création de l’AOC Maine Anjou et en agriculture biologique, la production de bœufs n’est plus l’apanage des producteurs de bovins de races à viande. Sa production décline en raison de débouchés parfois difficile à trouver et de prix non rémunérateur. La rentabilité de ces deux productions est conditionnée par la bonne maîtrise du coût alimentaire. Pour cela, il faut accepter des croissances hivernales modestes et bien conduire le pâturage pour permettre des croissances à l’herbe soutenues. Par ailleurs, il est souhaitable de vendre les animaux au cours du deuxième ou troisième trimestre, lorsque les cours sont meilleurs.

Finir des animaux à l’herbe, c’est possible !

Les besoins des animaux en quantité et en qualité peuvent très bien être couverts par le pâturage. La densité énergétique de l’alimentation nécessaire à la finition des animaux dépend de l’objectif de croissance et de l’état des animaux en début de finition ainsi que de leur capacité d’ingestion. Avec une concentration énergétique comprise entre 0,8 et 0,9 UFV/UEB, valeurs d’une herbe de printemps bien conduite, il est possible de finir on peut finir des animaux sans aucun autre apport d’aliment (tableaux 1 et 2).Finir les animaux à l’herbe permet de réduire les coûts d’alimentation et de mécanisation et de diminuer la charge de travail. Selon une expérimentation réalisée sur des génisses charolaises à la station de Mauron, la finition à l’herbe au printemps est 4 à 5 fois plus économique qu’à l’auge (tableaux 3 et 4).Dans le cas d’un pâturage d’été-automne ou d’un pâturage peu optimisé, une complémentation des animaux s’avère nécessaire, ce qui diminue l’intérêt économique de cette pratique même si le coût de la ration reste inférieur à celui d’une ration à l’auge.Certaines races, telle que la limousine et la Blonde d’Aquitaine, qui disposent d’une capacité d’ingestion inférieure, pourront nécessiter une complémentation pour produire des carcasses bien finies si toutes les conditions de qualité de l’herbe ne sont pas remplies (tableau 5).La production de viande et la finition des animaux au pâturage est possible à condition de raisonner sa conduite de pâturage :- mettre à l’herbe très précocement pour vendre dès le début de l’été ;- mettre en place un pâturage tournant dès la sortie d’hiver afin d’offrir une herbe feuillue à volonté et le plus longtemps en saison aux animaux. L’objectif de l’exploitation de l’herbe en pâturage tournant est d’offrir aux animaux, de l’herbe jeune, d’au plus 4 semaines au printemps et 6 semaines durant l’été pour une prairie naturelle avec légumineuses. Le délai doit être raccourci dans le cas des prairies temporaires à base de graminée (5 jours de moins).Il est impératif de découper la surface destinée au pâturage en parcelles homogènes. Celles -ci seront pâturées chacune pendant environ 5 à 7 jours consécutifs. La taille des parcelles dépend du chargement et des contraintes diverses : nature et potentiel des prairies, accessibilité, points d’abreuvement.Lorsque toutes ces conditions sont remplies, les animaux au pâturage bénéficient des meilleures conditions pour leur finition pour un coût défiant toute concurrence.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Au-delà des annonces affichées au sein du pôle innovation, formation, emploi, les jeunes, les demandeurs d'emploi, ou en quête d'une reconversion, pourront rencontrer des responsables de ressources humaines qui recherchent de nouveaux collaborateurs.
Les nouveautés de la foire de Lessay
La foire de Lessay se déroulera bien en présence d'animaux. Un soulagement pour tous éleveurs, exposants et organisateurs qui ont…
"Nous allons augmenter la population caennaise le temps d'une journée", garantit Clément Lebrun, président de de Vachement Caen (3e en partant de la gauche), au côté de Jean-Yves Heurtin (Chambres), Stéphanie Guillou (Mairie de Caen), Aristide Olivier (Mairie), Bruno François (Conseil départemental) et Marc Millet (Région).
Calvados : l'événement du week-end, Vachement Caen
Au coeur de Caen, dimanche 6 septembre 2026, la 5e édition de Vachement Caen fera la part belle à la diversité.
Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les Normandes prennent le frais au peitt matin du premier jour de la foire de Lessay, vendredi 11 septembre 2026.
La foire de Lessay s'ouvre avec des questions politiques
La foire de Lessay a été inaugurée vendredi 11 septembre 2026. La matinée a été l'occasion pour la profession agricole de faire…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
Romain Marguerite, Guillaume Prioult, Pascal Desvages, Alain Marie et Guillaume Buquet ont inauguré le bâtiment en septembre.
[EN IMAGES] La Coopérative de Creully inaugure un nouveau bâtiment pour la filière pommes de terre
La Coopérative de Creully a inauguré, mardi 8 septembre 2026, son nouveau bâtiment, exclusivement dédié à la filière pommes…
Publicité