Aller au contenu principal
Font Size

Réforme de la PAC
La FNSEA hostile au scénario du ministre

La FNSEA considère que le scénario du ministre de l’Agriculture sur la déclinaison française de la réforme de la PAC ne tient pas la route. Elle propose un scénario plus juste et plus progressif qui concilie le soutien à l’élevage sans déséquilibrer les autres exploitations.

Selon la FNSEA, la surdotation des 52 premiers hectares "va encourager un certain nombre d’agriculteurs à optimiser le dispositif (travail à façon, scission d’exploitation, maintien en activité…) pour bénéficier de la surdotation sans raison économique".
Selon la FNSEA, la surdotation des 52 premiers hectares "va encourager un certain nombre d’agriculteurs à optimiser le dispositif (travail à façon, scission d’exploitation, maintien en activité…) pour bénéficier de la surdotation sans raison économique".
© dr

« Nous sommes défavorables au scénario du ministre », a déclaré Xavier Beulin, à la veille des arbitrages qui vont être réalisés sur la déclinaison française de la réforme de la PAC. L’hostilité de la FNSEA se focalise surtout sur la proposition du ministre de l’Agriculture de surdoter les 52 premiers hectares de chaque exploitation. « C’est une fausse bonne idée, le ministre se grandirait à expertiser d’autres scénarios pour atteindre son objectif que nous partageons de mieux soutenir l’élevage et les exploitations intensives, sans déséquilibrer les autres productions », insiste le président de la FNSEA.

Pour la FNSEA, en effet, la surdotation des 52 premiers hectares ne concerne pas toutes les formes sociétaires, y compris certains Gaec qui seraient écartés. En tout cas,  la prise en compte  de tous les ayants droit dans les EARL et les autres formes sociétaires n’est pas prévue.  Et Xavier Beulin de rappeler, que la France compte 85 000 associés dans 37 200 Gaec, 99 000 associés dans 78 600 Earl et 31 000 autres sociétés qui regroupent 39 000 associés. Deuxième grief, le système va encourager un certain nombre d’agriculteurs à optimiser le dispositif (travail à façon, scission d’exploitation, maintien en activité…) pour bénéficier de la surdotation sans raison économique. Surtout la redistribution de 30 % de l’enveloppe du premier pilier sur les 52 premiers hectares est particulièrement pénalisante pour les soutiens aux exploitations extensives, en particulier celles des zones intermédiaires. En outre, la convergence à 100 % proposée par le ministre va déstabiliser un certain nombre d’exploitation déjà fragilisées.

Revalorisation de l’ICHN

Bref, la FNSEA préfère un autre scénario plus progressif, basé sur une convergence à 60 % des aides à l’issue de la réforme en 2019, sans surdotation des premiers hectares. Il a été adopté à l’unanimité du Conseil d’administration toutes productions et toutes régions confondues, moins deux abstentions. La centrale syndicale se prononce aussi pour un recouplage maximum autorisé par les textes communautaires, soit 13 % de l’enveloppe du premier pilier de la PAC. En bénéficieraient, non seulement, les vaches allaitantes et les brebis, mais également les autres ruminants : les vaches laitières et chèvres, ainsi que quelques productions végétales spécifiques  comme le riz, les fourrages séchés, le blé dur, les fruits à coque, le pruneau d’Agen… «Il s’agit de filières qui seraient amenées à disparaître, si le soutien découplé leur était appliqué», explique Xavier Beulin. La FNSEA plaide, également, pour une revalorisation significative de l’ICHN et sa fusion avec la PHAE en une aide unique pour les zones de montagne et défavorisées. Elle estime à 100 millions d’euros le budget supplémentaire qu’il faudrait dégager. Parallèlement, elle se prononce en faveur d’un dispositif réellement opérationnel de gestion des risques dans le deuxième pilier, ainsi qu’un soutien aux investissements et à la modernisation, notamment, pour l’élevage. « Notre proposition a l’avantage de rééquilibrer sans déséquilibrer avec de la progressivité et en tenant compte des spécificités de certaines filières », résume Xavier Beulin. « Le scénario du ministre est une redistribution à la volée, qui va créer des effets d’aubaine », renchérit Dominique Barrau, le secrétaire Général de la FNSEA. Quant à Henri Brichart, le vice-président de la FNSEA en charge du dossier PAC, il estime que « le modèle proposé par la FNSEA est plus durable et plus juste que celui du ministre  qui crée plus d’injustices qu’il n’en corrige ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

MALTRAITANCE CHEVAUX
Un cas dans le Calvados et un dans l'Orne: vigilance et bon voisinage contre les actes de barbarie sur les équidés
Le 25 août 2020, un cheval ornais est retrouvé avec une entaille à l’encolure. Vendredi 28 août 2020, deux chevaux du club…
VEAU 1835
Matricule 1835, levez-vous !
« Matricule 1835, levez-vous » ou l’histoire d’un veau condamné à ce que ses données morphologiques soient retirées de l’…
PAUL CHEVALIER JA 61
" J’ai été surpris mais content d’être élu au bureau "
Paul Chevalier est entré au bureau départemental jeudi 18 juin. À 20 ans, il est secrétaire général adjoint. S’il n’envisage pas…
Armand Prod’homme JA 61
" Pas d’élevage, pas de paysage "
Armand Prod’homme, 22 ans, est en cours d’installation au Gaec Olo, à Livaie, dans le secteur d’Alençon. Le nouveau responsable…
OPNC LACTALIS
Lactalis : L’accord-cadre est signé
L’OPNC (Organisation des Producteurs Normandie Centre) est la première des neuf OP adhérentes à l’Unell a avoir signé un accord-…
AGNEAU PRE SALE
Accrocher les wagons AOT à la locomotive AOP
Après 30 années de travail, l’agneau de pré-salé a enfin obtenu le fameux sésame AOP. Mais la vie dans les herbus n’est pas un…
Publicité