Événement
La foire de Lessay s'ouvre avec des questions politiques
La foire de Lessay a été inaugurée vendredi 11 septembre 2026. La matinée a été l'occasion pour la profession agricole de faire passer plusieurs messages avant l'année électorale 2027.
Tous les parlementaires de la Manche étaient présents à l'inauguration de la foire de Lessay, vendredi 11 septembre 2026. Signe qu'une élection majeure approche ? Ou que le monde agricole a besoin de soutiens après "l'été meurtrier", selon les mots du président du Département de la Manche, Jean Morin.
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L'acceptabilité des projets agricoles
Sur le ring, Thierry Hulmer, président du festival de l'élevage - renommé Planet'élevage - a saisi la chose politique au vol en ne s'adressant pas à ces députés et sénateurs, mais à "vous, acteurs du monde économique : à l'approche des élections de l'année 2027, investissez le débat public ! Vous devez y penser, pour amener une meilleure vision du réel".
Le verrou politique a été de tous les instants, autant que l'aléa climatique. "Nous sommes de plus en plus confrontés à des oppositions territoriales qui se structurent et mettent à mal des projets de développement de nos entreprises agricoles et agroalimentaires" a poursuivi Thierry Hulmer, appelant à s'organiser pour pousser ces développements.
Quelques instants plus tard, François Rihouet a reconnu que les nouveaux projets apparaissant sur le territoire peuvent susciter de l'émoi dans la population. Création de poulaillers ou méthaniseurs, agrandissement de bâtiments... "On se doit d'expliquer aux riverains que nous avons suffisamment de règles en France qui bordent ces projets sur les plans environnementaux, sociaux ou sanitaires. Il ne faut pas en avoir peur", dit le président de la Chambre d'agriculture de la Manche, rappelant que ces projets de développement sont "primordiaux pour le renouvellement des générations d'agriculteurs en leur donnant des perspectives d'avenir".
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La compétition pour l'emploi
Le second point de friction est le revers d'une médaille. Le département est en plein emploi et "les ressources humaines sont le maillon faible de notre ruralité", pointe Thierry Hulmer. Or, lui comme d'autres entreprises du tissu économique redoutent l'arrivée du chantier Aval du Futur, dans la Hague.
Ce chantier titanesque d'Orano sur son usine de traitement des déchets nucléaires va coûter 45 milliards et créer 10 000 à 15 000 emplois. Il y aura une compétition pour l'emploi, elle existe déjà. "Soyez vigilants à ce que les industries florissantes du Nord-Cotentin ne viennent pas en concurrence avec la main-d’œuvre dont nous avons besoin pour notre agriculture" a lancé Thierry Hulmer aux parlementaires et au préfet. "Notre souveraineté alimentaire aussi a besoin de talents".
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Les trois chambres consulaires (agriculture, métiers, commerce et industrie) ont d'ailleurs décidé de raviver Manche Développement, structure commune pour être plus fortes et parler d'une seule voix sur ce dossier.
"Il y a des perspectives d'emploi, on ne va pas s'en plaindre", a répondu le préfet de la Manche Marc Chappuis pour qui il n'y a pas d'autre choix que de développer l'attractivité de la Manche "pour donner encore à des gens de s'y installer et répondre ainsi aux besoins de main-d'œuvre qui s'avancent".
Et toujours la bataille de l'eau
L'été catastrophe était évidemment encore dans toutes les têtes. "On s'est fait peur, cet été", a reconnu le préfet de la Manche, évoquant "des coupures d'eau évitées grâce à une gestion fine de la crise. Mais le plus dur est passé".
Si les mots "adaptation" et "résilience" ont été prononcés à foison dans toutes les prises de parole venues de tous bords, c'est le vice-président de Région et sénateur de la Manche David Margueritte qui a clairement énoncé sa position favorable au stockage de l'eau. "Oui, il faut doubler les capacités de stockage de l'eau, et il est insupportable d'entendre dire que les agriculteurs captent la ressource alors qu'ils sont là pour nous nourrir".
"Pour consommer, il faut pouvoir stocker"
Quelques instants plus tôt, François Rihouet faisait le parallèle avec les stocks de foin et d'ensilage qui ont permis de nourrir les bêtes cet été alors que plus rien ne poussait. "Pour consommer, il faut pouvoir stocker", dit-il. "Nous avons des solutions dans les cartons".
Après les discours, au boulot ! Mardi 22 septembre 2026 se tiennent les Assises de l'eau à Saint-Lô. Nul doute que l'on reverra les mêmes visages qu'au tour de piste inaugural de la foire de Lessay. Cette fois-ci face au concret des situations et des propositions.
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