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La force des Cuma dans la mutation du monde agricole

Comment agir durablement sur la compétitivité des exploitations en optimisant les charges de mécanisation et l'organisation du travail. C'était tout l'enjeu de la table ronde organisée le 8 février à Rennes, à l'occasion de l'assemblée générale de la FR Cuma Ouest. Et à en croire les participants, les Cuma ont un rôle prépondérant à jouer... à condition d'aller vers les jeunes et de se réinventer.

© TG

L'agriculture est elle en crise ou en mutation ? Pour Philippe Royer, directeur de Seenergi, qui regroupe des entreprises de conseil, c'est les deux à la fois. « Quand on sortira de la crise, on va s'apercevoir que l'on est dans une mutation, culturelle, technique, technologique et digitale », estime ainsi Philippe Royer. Une chose est sûre, le collectif de demain ne sera pas celui d'hier et les structures historiques ont à s'adapter à cette nouvelle donne. « La valeur ajoutée va être rare et il faut aller la chercher partout où c'est possible et réussir à en affecter une partie aux aléas, afin d'anticiper la volatilité », souligne pour sa part Patrick Lemartinel, du Crédit agricole Normandie. Et le responsable développement du marché agricole de la banque d'ajouter : « A l'image d'Uber, on quitte la propriété pour aller dans l'usage. Et dans ce rôle, les Cuma ont tout à fait leur rôle ». A condition, comme l'explique le président du Cerfrance, Christophe Lambert, que les Cuma aillent vers plus de professionnalsiation et renforcent leur structuration et leur taille. Philippe Royer va encore plus loin. « Une Cuma se doit d'avoir le matériel digital le plus pointu sur le marché. Si vous n'avez pas les meilleurs outils, vous laissez la place aux autres alors qu'en tant que Cuma vous avez tout pour être leader ».

Des alliances multipartenaires
Charges de mécanisation, besoins en main d'oeuvre... les demandes des agriculteurs évoluent et, pour y répondre, de nouveaux partenariats sont à inventer. « On va aller de plus en plus vers des alliances multipartenaires et le digital et la Data vont amplifier ce phénomène », estime encore Philippe Royer. Mais que pour que ces alliances fonctionnent, encore faut-il qu'elles soient avant tout créatrices de valeurs pour les agriculteurs. Et que les différentes structures acceptent l'idée d'être en coopération sur une partie des activités et en concurrence sur d'autres.
Dans cette mutation, on comprend aisément tous les atouts qu'offrent les Cuma. Pourtant, elles souffrent parfois d'une image « vieillissante » et de repli sur soi. Comment se réinventer ? Vers qui se tourner ? Tous les intervenants mettent en avant l'importance d'intégrer des jeunes. en allant dans les lycées, dans les MFR... « Le jeune qui ne voit qu'a travers le tracteur pourra très bien assouvir sa passion dans une Cuma », glisse ainsi Patrick Lemartinel. Sans compter que la force, c'est d'associer la sagesse des « anciens » avec l'énergie des jeunes. Pour Christophe Lambert, « il faut être à l'écoute de toutes les demandes, même celles qui paraissent au départ marginales, car il n'y a plus un seul modèle de production ». Philippe Royer, lui conseille aux Cuma de « porter un projet ambitieux car la puissance de votre réseau est encore insuffisament déployée. Par exemple, soyez le leader des achats pas chers de matériel agricole sur Internet ». Et le directeur de Seenergi de conclure : « Il faut que l'on ait la même audace que celle qu'ont eue nos prédecesseurs, il y a 50 ans ».

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