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La génétique : la passion de l’inséminateur

Les jeunes qui suivent des études agricoles ne se destinent pas tous à devenir agriculteur. C’est le cas d’Alexandre Desdevises. Son bac pro CGEA et son BTS Acse en poche, il a frappé à la porte de Evolution. Depuis plus d’un an, il sillonne la campagne comme inséminateur.

C’est chez Evolution qu’Alexandre Desdevises travaille comme inséminateur. Son père suit son parcours. DR
C’est chez Evolution qu’Alexandre Desdevises travaille comme inséminateur. Son père suit son parcours. DR
© SB

Alexandre Desdevises a grandi sur la ferme familiale, transmise de génération en génération. Son père a repris en 2002 l’exploitation de ses parents suite à leur départ en retraite, après avoir suivi une formation agricole. Aujourd’hui, il est à la tête d’un cheptel de 55 vaches laitières à 85 % Normandes et sur 106 ha. Alexandre continue de côtoyer cet environnement. Mais à 22 ans, il a fait le choix de se forger une expérience professionnelle avant de réfléchir à un moment à une éventuelle installation. « Ce n’est pas dans les projets pour le moment », indique-t-il.

Formé par l’entreprise
Après avoir décroché son bac pro CGEA au lycée agricole de Thère et son BTS Acse à la MFR de Granville en juin 2016, il a décidé de frapper à la porte du centre d’insémination Evolution. Quelques semaines plus tard, il a été embauché. « L’entreprise m’a formé pendant trois mois », précise le jeune. Une formation qui allie théorie (zootechnie, réglementation...) et pratique.
Depuis, Alexandre est bien dans ses bottes. Il ne les quitte pas. « Ce que j’aime, c’est d’être au contact des agriculteurs, de différents systèmes », indique le jeune inséminateur. Il a l’œil également sur les animaux parce que la génétique, c’est vraiment son élément.

De belles vaches
Cette passion a été confortée dans ses stages, notamment celui qu’il a effectué pendant un mois aux Pays-Bas. « Je voulais partir pour me dépayser totalement, et sur une exploitation laitière », raconte le salarié. Et son souhait s’est réalisé. Il était sur une ferme d’une centaine de vaches à très haut potentiel génétique. Le producteur était également juge de concours. Alors « j’ai vu de superbes vaches », reconnaît-il. Son stage l’a conduit aussi sur des concours, des pointages d’animaux en anglais. « J’ai visité également une quinzaine d’exploitations dans l’objectif de voir les progénitures de taureaux inscrits au catalogue », se rappelle-t-il. Et au final, « ils ont vraiment un cran d’avance en technique et en génétique », souffle-t-il.

L’avenir du troupeau en jeu
Cette expérience l’aura encouragé à poursuivre dans cette voie. « Il faut savoir ce que l’éleveur souhaite. C’est primordial, surtout avec la conjoncture que connaît la production laitière », note Alexandre. Bien sûr, il faut « aimer les animaux, mais pas que ». Pour lui, l’importance est de savoir s’adapter au contexte, aux attentes de l’éleveur qui connaît ses vaches. Il sait les facteurs qu’il doit améliorer. Et dans la discussion, il est souvent facile de comprendre l’agriculteur, de faire la différence entre celui qui fait de la transformation, celui qui fait des concours, ou encore celui qui a des problèmes de mammites. « Il faut savoir observer parce que c’est l’avenir du troupeau qui est en jeu », admet le jeune professionnel.

Savoir s’adapter
Quotidiennement, il sillonne le Cotentin. Il part dans les exploitations vers 8 h, après avoir relevé les appels au bureau, organisé sa tournée, et fait le point avec ses collègues. Dans la matinée, il se déplace dans une douzaine d’exploitations voir plus. Le procédé est le même l’après-midi. Comme quoi, il n’y a pas de temps à perdre. « Je prends plaisir tous les jours à aller travailler. C’est très formateur et enrichissant », confie Alexandre.  Pour lui, il faut bien entendu aimer la génétique. Mais il faut surtout savoir s’adapter au caractère de chacun, aux horaires des éleveurs. « Cela demande beaucoup de concentration », admet le jeune qui a su prendre ses marques rapidement.

Investi au JA
Pour ne pas être déconnecté du reste du monde agricole, Alexandre a fait le choix de s’investir au sein des Jeunes agriculteurs du canton de Marigny. Il en est le vice-président. « Cela me permet de rester au contact des jeunes du canton, d’être dans un réseau, et de pouvoir me tenir au courant des autres productions », raconte-t-il.
Mais chez les JA, l’agriculture n’est pas le seul sujet de discussion.
Et c’est ce qui les rassemble également.

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