Aller au contenu principal

Foncier
La Grande Ferme : la Safer a trouvé le repreneur

La Safer de Basse-Normandie a trouvé un repreneur pour la Grande Ferme et son magasin de vente directe, basés à Fontenay-le-Marmion. Après plus d’une année de gérance, la société d’aménagement foncier devrait bientôt laisser les commandes de l’exploitation. La transition est programmée début 2014.

© TG

“C’est probablement la seule Safer en France à se lancer dans une telle aventure d’acquisition de parts de société et de la gérer en direct. Habituellement, nous achetons et nous revendons dans un bref laps de temps”, indique Stéphane Hamon, directeur de la Safer. Le cas de la Grande Ferme est donc assez unique en France. Unique par la superficie de l’exploitation : 240 hectares. Unique par le nombre de salariés : 26. Et unique à travers son montage financier qui interdit toute préemption : une société anonyme. L’opération de la Safer n’est donc pas commune. En effet, les ventes de parts de sociétés ne sont soumises à aucune règle. Dans le cas d’une SA, aucune préemption n’est légalement possible par la Safer. La volonté des anciens propriétaires est ainsi à souligner. La famille Vandermeersch a préféré la reprise totale de l’outil et de ses terres par la Safer, à une offre financièrement plus avantageuse de GDE (Guy Dauphin Environnement).

“Un travail énorme”
Concrètement, la Safer a acheté l’exploitation 5,65 millions d’euros. L’affaire sera revendue 6 millions d’euros. Un chiffre à relativiser puisque le résultat réalisé par la SA a permis de gonfler les fonds propres de la Grande Ferme. “C’est la première fois que nous traitions un dossier aussi complexe. C’est un travail énorme. 3 personnes de chez nous ont travaillé sur ce dossier pendant un an. Nous nous sommes également entourés de trois avocats pour le droit fiscal, rural et social”, souligne Stéphane Hamon. 

Vers une évolution de la loi ?
Comme 20 autres candidats, le futur repreneur a répondu à l’appel de candidatures. Il s’agit d’un ingénieur agronome, ancien cadre de banque. “Il a également une expérience dans la gestion d’entreprises viticoles”, précise Jean-Pierre Fontaine, président de la Safer. Si la résolution de ce dossier
s’avère heureuse pour l’avenir des terres agricoles, elle interroge sur le travail législatif à engager. La vente des parts de société échappe à tout contrôle de la Safer. Et l’activité agricole tend à s’organiser en sociétés, qui de facto échappent à toute régulation foncière. Bon à savoir, les titulaires des droits de préemption (ENS et littoral) pour l’environnement disposent de marges de manœuvres supplémentaires. Ils ont vu leurs prérogatives s’étendre aux ventes de parts de société. “L’Etat doit nous donner des moyens si elle ne veut pas d’une agriculture à deux vitesses”, insiste Jean-Pierre Fontaine.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Geoffrey Saint-Lô, pisciculteur et ambassadeur de la marque Bienvenue à la ferme, marquée portée par la Chambre d'agriculture dont Nadège Mahé en est l'élue référente.
Bienvenue à la ferme : pisciculteur, Geoffrey Saint-Lô devient ambassadeur
Depuis 1985, la famille Saint-Lô, basée à Saint-Sauveur-Lendelin, reçoit les visiteurs dans son exploitation piscicole où elle…
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'année décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de l'accident. 
Un agriculteur ornais décède dans un accident de la route
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'années décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Six sites et 121 communes sont concernés par l'officialisation de l'inscription des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le classement des plages du Débarquement à l'Unesco "ne doit pas être une entrave au monde agricole"
Les plages du Débarquement en Normandie figurent depuis le 26 juillet 2026 au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco.…
Publicité