Aller au contenu principal

Le 6 juin 1944
La guerre frappe à la porte

Le 6 juin 1944, les campagnes normandes sont brutalement plongées dans l'ouverture du front Ouest. C'est la Normandie qui devra payer l'essentiel du prix de la libération.

Nuit du cinq au six juin 1944. Une nuit presque comme les autres pour les habitants des campagnes du Cotentin, du Bessin, du bocage virois et des plaines. Une nuit de plus d'occupation, avec, il est vrai, un intense bombardement. Le long du mur de l'Atlantique dressé par l'occupant, on n'ose plus espérer l'ouverture d'un front libérateur, depuis le temps que la tension monte. Depuis qu'à partir de 1943, Hitler réquisitionne les hommes et le matériel le long des côtes pour édifier son puissant système de défense. Depuis des mois qu'on ne peut plus faire pâturer les bêtes dans les marais inondés pour éviter l'atterrissage des avions et que les prés sont hérissés des fameuses asperges de Rommel. Pourtant, dans cette nuit du cinq au six juin, profitant d'une accalmie météorologique et de marées favorables, les alliés débarquent méthodiquement hommes et matériels sur les côtes entre Ouistreham (14) et Sainte-Marie-du-Mont (50). Le but ? Ouvrir un front occidental alors que le IIIème Reich, est en grande difficulté sur le front russe. Et déjà les stratèges pensent à l'après-guerre et au spectre d'une Europe  sous influence communiste.

Aider les parachutistes
Dans les villages, personne n'imagine encore, que les habitations, les champs, les fermes, seront le théâtre de la gigantesque opération Overlord, qui verra transiter l'essentiel de la machine de guerre alliée. Ce n'est souvent qu'au petit matin, en allant traire les vaches, que les fermiers tomberont nez à nez avec les parachutistes, sinon leurs grandes voiles prises dans les arbres. Souvent perdus, ils trouveront refuge dans les haies, pour mener la guérilla contre les troupes ennemies. Les civils leur porteront des renseignements et du ravitaillement, au risque de leurs vies. Nombreux sont les hommes, soit faits prisonniers en Allemagne, soit partis pour le STO (le service de travail obligatoire), qui vivront tout cela de très très loin.

L'exode s'organise
Très vite, c'est toute la région Basse-Normandie qui s'embrase. Dans l'après-midi du 6 juin, les villes de  Valognes (50), Carentan (50), Ecouché (61), Argentan (61) sont bombardées pour couper la route aux Allemands. Et dans toute la région, la résistance est chargée de freiner l'arrivée des renforts de l'occupant. C'est souvent près d'une semaine après les premiers jours du débarquement de Normandie - avec l'installation d'un front de guerre dans le Contentin, le Bessin et les plaines de Caen - que commence à s'organiser l'exode volontaire ou forcé par les Allemands. L'immense majorité des villages n'a pas été libérée. Certains civils restent pour organiser la résistance, d'autres tardent à partir, espérant une libération rapide. On emporte le nécessaire, parfois même les animaux. On enterre les biens de valeur. Les habitations, les chevaux, la nourriture sont souvent réquisitionnés par l'armée allemande. Les combats, et surtout les bombardements alliés, font alors de nombreuses victimes parmi les civils. Rentrées d'exode, souvent deux à trois mois après le débarquement, de nombreuses familles ont perdu des êtres chers. Elles retrouvent aussi leurs fermes détruites, les animaux tués ou disparus. Nombre d'exploitants décident de tout abandonner pour se reconvertir. Les autres repartent de zéro, et ils vivront longtemps dans la crainte de sauter sur un obus ou sur une mine pendant les travaux des champs. Aujourd'hui encore, la terre expulse de temps à autre son lot de témoignages de cette période. Faisant désormais office de clôture ou de portail, subsiste un peu partout dans les fermes et dans les maisons, de ce fameux et indestructible "grillage américain" (SMT) qui servait à stabiliser le sol des pistes d'atterrissage .

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
Le Gaec du gard de Breuville s'impose à Lessay en remportant le titre de grande championne et le duo d'élevage.
Concours de race Jersiaise : ce Gaec du Cotentin triomphe à Lessay et au Space
En race Jersiaise, il y avait neuf animaux en compétition à Lessay le 11 septembre, et 19 vaches le 17 septembre au Space à…
Maïs sécheresse
Plan CASI : les formulaires de demande d'aide financière disponibles dès lundi 21 septembre dans la Manche
Dépôts des demandes d'aide financière Dans la Manche, 2,8 millions d'euros sont prévus pour aider les exploitations les plus…
Publicité