Aller au contenu principal

ELEVAGE
La luzerne a toute sa place dans l’alimentation des bovins viande

Compte tenu des conditions climatiques depuis plusieurs années, de nombreux éleveurs s’interrogent sur l’intérêt d’introduire la culture de la luzerne dans leur système fourrager.

Cette légumineuse est le fourrage qui produit le plus de protéines par ha. Elle permet des rendements élevés en terre séchante. Elle apporte une grande quantité de protéines, des fibres dans la ration et limite l’acidose. En outre, elle permet d’améliorer l’autonomie alimentaire de l’exploitation en limitant les achats extérieurs en protéines.Par ailleurs elle constitue un excellent précédent cultural, protège les sols de l’érosion et contribue à la réduction des nitrates.


Les différents modes d’exploitation de la luzerne

Cette culture connaît un regain d’intérêt sur la région, elle permet de bénéficier d’un soutien (somme toute relativement modeste : 13,50 €/ha) octroyé dans le cadre du bilan de santé PAC 2010, l’année de son implantation.


- En ensilage

La luzerne est pauvre en sucre avec un pouvoir tampon important. Il est donc préférable de réaliser un préfanage pour favoriser sa conservation. En dessous de 30 % de matière sèche, l’addition d’un conservateur type acide est vivement conseillé. Comme pour tout silo, un tassage soigné et une fermeture hermétique sont primordiaux pour une très bonne conservation.


- En enrubanné

Cette technique permet d’avancer la date de la 1re coupe et donc d’obtenir de meilleures valeurs azotées. La teneur en matière sèche doit être supérieure à 50 % et le nombre de couches de film plastique doit être d’au moins 6. Avec ce mode de récolte, les variétés à tiges fines sont à privilégier lors de l’implantation.- En foinAfin de limiter la perte des feuilles, il est recommandé de faucher après la levée de la rosée pour ne pas retenir l’humidité dans les andains. Les fanages doivent intervenir avant la levée de la rosée ou au coucher du soleil, à vitesse réduite en utilisant du matériel qui manipule le fourrage délicatement.

Exemples de rationnement avec incorporation de la luzerne dans la ration

- Bœufs et génisses d’élevage (tableau 1).

- Vaches allaitantes (tableau 2).

- Génisses charolaises de 2 ans en finition (tableau 3).

Un essai à la station de Mauron a mis en évidence que la luzerne enrubannée, en substitution du tourteau de soja, apparaît intéressante dans des rations de finition en complément du maïs ensilage pour des génisses de race à viande. Récoltée à un stade jeune, elle permet de couvrir les besoins azotés notamment chez des animaux qui ont une bonne capacité d’ingestion. Dans le cas de l’engraissement de jeunes bovins, une incorporation importante de la luzerne dans la ration encombre rapidement le rumen et entraîne une diminution de la concentration énergétique de la ration et donc réduit considérablement les performances des animaux.

Remplacer la culture de maïs ensilage par une association graminée-luzerne permet de réduire le coût alimentaire de son troupeau allaitant

Une étude réalisée en 2008 par les Réseaux d’Elevage Bovins Viande de Normandie (réactualisée en tenant compte de la conjoncture 2011) démontre que sur une exploitation de polyculture-élevage, il est possible de remplacer l’ensilage de maïs par une association dactyle-luzerne pour affourager un troupeau de 80 vaches allaitantes et son renouvellement. La culture fourragère conservée pendant 3 ans, récoltée 3 fois par an en ensilage et en foin permet de réduire les charges opérationnelles liées au troupeau (achats d’aliments) malgré une augmentation de la surface fourragère. La substitution du maïs ensilage par l’association fourragère permet une légère réduction des frais de mécanisation. A noter cependant que dans l’exemple choisi, il faut prévoir 3 chantiers de récolte dont 2 coupes d’ensilage et 1 coupe de foin.Au final, le coût alimentaire global de l’ensemble du troupeau est réduit de près de 1 500 €/an.L’emploi de la luzerne cultivée pure ou en association est donc tout à fait envisageable pour alimenter un troupeau allaitant. Il existe de nombreuses possibilités pour établir des rations équilibrées en fonction de la disponibilité des fourrages associés. Cependant, chaque élevage doit, avant de modifier notablement son système fourrager, tenir compte de ses possibilités : potentiel des sols, pluviométrie, capacité de stockage, équipement de distribution, temps de travail. Pour toute information complémentaire, il est possible de contacter l’équipe de conseillers de votre Chambre d’agriculture qui est à votre disposition pour vous aider à faire les bons choix.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
Pour la première fois, la coopérative Les Maîtres laitiers du Cotentin, présidée par Valérie Blandin, sera présente au Salon de l'Agriculture à Paris afin d'afficher "un modèle unique et vertueux".
"On a décidé de s'appeler Les Maîtres laitiers"
Le Groupe Les Maîtres laitiers du Cotentin a décidé de lever le voile sur une nouvelle identité, un nouveau logo, une nouvelle…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray se sont réunis à Saint-Georges-des-Groseillers contre l'accord du Mercosur  signé samedi 17 janvier 2026.
[EN IMAGES] Dans l'Orne, les JA unis contre l'accord UE-Mercosur
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray dans l'Orne, se sont mobilisés à Saint-Georges-des-Groseillers…
La foule agricole est nombreuse, mardi 20 janvier, à Strasbourg (Alsace). Près de 1 000 tracteurs et environ 4 000 manifestants sont là.
[EN IMAGES] Manifestation à Strasbourg : "Il n'est pas question de renoncer"
Après Bruxelles, le Pont de Normandie, l'Assemblée nationale et bien d'autres lieux de France, les agriculteurs manifestent à…
Foire de Caen, de Lisieux, Boeuf en fête à Maltot ou Saint-Pierre-en-Auge, tout y passait. Guy Flambard a transmis cet amour des concours à tous les agriculteurs qu'il a croisés.
Guy Flambard, passionné de Charolaises, s'en est allé
Certains hommes marquent les consciences durablement. Guy Flambard fait partie de ceux-là. Alors que l'éleveur a tiré sa…
Publicité