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Olivier Chedot, producteur de viande bovine dans l'Orne
La maîtrise des coûts de production en priorité

Face à la conjoncture, Olivier Chedot a décidé de revoir sa copie. Sa feuille de route désormais : la maîtrise des coûts de production. 

La ferme Orne n’installe quasiment plus  en atelier bovin. En quelques années, c’est toute une filière qui pourrait être rayée du paysage agroalimentaire régional. Olivier Chedot tire la sonnette d’alarme déjà activitée par le FDSEA lors de sa journée bovine à Argentan le 16 décembre dernier.
La ferme Orne n’installe quasiment plus en atelier bovin. En quelques années, c’est toute une filière qui pourrait être rayée du paysage agroalimentaire régional. Olivier Chedot tire la sonnette d’alarme déjà activitée par le FDSEA lors de sa journée bovine à Argentan le 16 décembre dernier.
© TG

Producteur de viande bovine à Lignou, Olivier Chedot pronostiquait au printemps 2010 une année bovine morose. Les courbes de cotations lui ont donné raison même s’il reconnaît “un sursaut en jeunes bovin fins 2010 mais ça n’a pas duré longtemps”. Pas fataliste pour autant, il a décidé de changer de système. Son leitmotiv désormais, c’est : “attention aux investissements. On ne sait pas où on va”.

Zéro maïs
Ce changement de système, c’est repasser tout l’élevage allaitant au foin et à la paille. Pour les taurillons, ce sera à terme aliment sec et du Blond d’Aquitaine en lieu et place du Charolais. “J’ai supprimé l’ensilage d’herbe depuis 2 ans et je vais passer de 15 ha de maïs l’an dernier à zéro ha l’an prochain”. Il va se tourner notamment vers le pois protéagineux et monter “sa petite usine d’aliments”. Une façon de cultiver aussi un certain esprit d’indépendance. 
Si la maîtrise des charges prédomine dans ce nouveau schéma, d’autres arguments un peu plus subliminaux pointent également. “Il faut produire différemment pour se démarquer. Jouer les signes de qualité pour répondre à la demande du consommateur”, lâche-t-il. Et prudent d’ajouter : “attention, je ne dis pas que mes collègues ne font pas de la qualité”. La nuance est dans l’image et l’affichage. Une nuance de poids cependant puisqu’Olivier Chedot pense à la vente directe. Un chiffre d’affaires à la marge certes mais qui le placera en ligne directe avec le consommateur. 

L’environnement aussi
Répondre à la demande sociétale, c’est aussi prendre en compte l’environnement. Olivier Chedot adopte une approche constructive sur ce dossier. Son exploitation étant située dans le périmètre de protection de La Rouvre, il s’engage peu à peu dans une démarche d’agriculture intégrée. Il a déjà l’expérience de la certification qu’il s’est imposée. On discute cahier des charges avec l’Agence de l’Eau et la DDTM. Quand viendra la question des compensations financières, il s’appuiera sur la force du réseau syndical et de ses relais pour défendre l’intérêt général des agriculteurs. L’occasion d’évoquer le nouveau président de la FNSEA. “Un céréalier, ça ne me dérange pas du tout. Ce qui compte, c’est la compétence des hommes”. Et d’ajouter : “on va changer de style. Mais cela fait presque 20 ans que je suis installé. Ce que j’ai appris, c’est qu’il fallait toujours se remettre en cause”.

Problème de relève
Olivier Chedot va donc prendre un virage mais ne tempête pas reconnaissant que les céréales ont sauvé la saison. “Je suis assis. Je vais mieux m’en tirer qu’un jeune”. Car c’est à la relève qu’il pense immédiatement. Les chiffres lui donnent raison. La ferme Orne n’installe quasiment plus  en atelier bovin. En quelques années, c’est toute une filière qui pourrait être rayée du paysage agroalimentaire régional. Notre éleveur tire la sonnette d’alarme déjà activée par le FDSEA lors de sa journée bovine à Argentan le 16 décembre dernier. Olivier Borel (président de la FDSEA)  s’était adressé aux politiques sur le sujet mais les élus n’étaient pas là. 
Reste la contractualisation. “Je ne suis pas prêt à contractualiser même si je pense qu’il faudra bien y passer un jour”, considérait-il l’an dernier. Qu’en pense-t-il en 2011 ? “Je ne sais pas”, lâche-t-il s’interrogeant sur “une usine à gaz. Je ne suis pas prêt à y aller comme cela”. Logique pour un esprit indépendant qui travaille en direct et en confiance avec des privés.

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