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Stockage d’énergies renouvelables
La Manche prend une longueur d’avance

Les hydroliennes sont au coeur du débat. La société allemande Siemens compte bien s’implanter à Cherbourg pour participer à cette troisième révolution industrielle.

© DR

La Manche possède un gisement unique en Europe en termes de potentiel de production d’énergie grâce à son mix-énergétique. Les perspectives de productions issues des énergies marines renouvelables doivent dès aujourd’hui amener à réfléchir sur deux questions fondamentales et sous-jacentes à une situation de surproduction d’électricité : celle du stockage de l’énergie et celle de l’élaboration d’une stratégie optimisée pour en gérer la production, la consommation et les flux. Cette approche et cette réflexion collective devront définitivement dépasser les frontières régionales et nationales pour trouver une réponse européenne : la transition énergétique sera au cœur de ce que certains appellent déjà “la 3e révolution industrielle” et la coopération renforcée franco-allemande devra en être le moteur, autour d’un marché européen de l’électricité qui sera l’une des mises en œuvre pratiques d’un changement fondamental de modèle énergétique.

Direction Berlin
L’Allemagne travaille déjà sur ces questions et c’est donc à Berlin qu’une délégation emmenée par le président du Conseil général de la Manche, Jean-François Le Grand, a souhaité porter ces questions, autour de rencontres scientifiques, économiques, stratégiques et politiques, à l’occasion des huitièmes conférence et exposition internationales sur le stockage des énergies renouvelables qui se sont déroulées dernièrement. Composée d’élus du Conseil général de la Manche, de la région Basse-Normandie et de la Communauté urbaine de Cherbourg, de représentants de la CCI, d’industriels (Air Liquid, Areva, Siemens...), de chercheurs et
universitaires, la délégation normande conduite par Jean-François Le Grand avait un programme chargé autour d’une thématique d’avenir pour la Manche et tout le territoire du Cotentin: le stockage de l’énergie. “Notre situation de mix énergétique, le formidable potentiel que nous offre le gisement du raz Blanchard doublée de notre volonté d’avancer conjointement et d’une même voix entre collectivités, nous fait croire qu’un formidable défi industriel peut se jouer chez nous, ici et maintenant”, explique Jean-François Le Grand. “C’est une situation porteuse d’espoirs qui peut faire émerger tout un territoire”. C’est d’ailleurs en ces
termes qu’il a expliqué à Jean-Claude Tribolet, ministre conseiller à l’ambassade de France, les raisons de la venue de la délégation.

Débats
Jean-François Le Grand a brièvement résumé la situation de la Manche. “Nous allons être en situation où notre production d’électricité sera au-delà de nos capacités de transport. De la recherche fondamentale sur le stockage de l’énergie, il y en a un peu partout dans le monde. Mais le Cotentin dispose de modes de production d’électricité variés, intégrant bientôt les énergies renouvelables fluctuantes puisque l’appel à manifestation d’intérêt pour des fermes pilote d’hydroliennes vient d’être lancé notamment pour le raz Blanchard. Nous pouvons donc proposer aux industriels sur ce territoire, une mise en situation réelle au travers de démonstrateurs, d’autant plus que le Cotentin, irrigué en fibre optique offrira parallèlement le réseau numérique nécessaire pour faire émerger ce qui pourrait révolutionner la gestion des flux d’énergies, les smart-grids c’est-à-dire les réseaux électriques intelligents”.
La suite de cette journée était dédiée à la participation d’ateliers. Échanges d’expériences de la part de scientifiques ou d’industriels du monde entier pour répondre aux questions et problématiques liées au marché de l’électricité, à la production d’énergies renouvelables et à leur stockage. Divers concepts ont ainsi pu être échangés afin de proposer des modèles et des solutions techniques pour résoudre par exemple les problèmes de congestion et avoir une flexibilité plus importante et adaptée aux marchés. Plusieurs intervenant ont décliné le caractère multiple des méthodes de stockage de l’énergie afin d’aider les décideurs à adapter leurs aides selon les meilleurs critères de rentabilité et en fonction des technologies, de la concurrence ou des coûts. De toutes les interventions, une conclusion s’est imposée : la pénétration dans le réseau de toutes les énergies propres est rendue possible par les perspectives ouvertes par le stockage de l’énergie.

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