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La Manche va perdre 11 milliards si on n'y fait pas venir 45 000 nouveaux salariés

Le Département veut faire de la Manche, à horizon de dix ans, l'un des territoires les plus attractifs de France pour les jeunes actifs.

"Il faut considérer ce texte comme un signal d'alarme. La perte est estimée à plusieurs milliards sur une trentaine d'années si nous ne faisons rien". Ce sont les mots de Jean Morin, président du conseil départemental de la Manche, réuni vendredi 9 octobre, au cours duquel a été présenté le Livre blanc de l'attractivité. En cours de rédaction, ce document stratégique appelle toutes les forces vives du territoire à engager "un choc d'attractivité. Car même si la Manche attire, elle n'attire pas suffisamment", reconnaît Jean Morin.

Car le diagnostic est sans appel. Réalisée en 2025 par l'agence d'attractivité Attitude Manche et le cabinet de conseil KPMG, l'étude prospective menée à horizon 2050 chiffre l'effet ciseaux qui menace le département. La population active baisse de 1 % par an - soit une chute de plus de 21 % sur les vingt-cinq prochaines années - alors que les besoins en emplois privés augmenteraient de 43 % sur la même période. À terme, ce décalage engendrerait un déficit structurel de 45 000 salariés et une perte de création de valeur supérieure à 11 milliards d'euros.

L'épineuse question du train

Pour ce faire, il faut tout prévoir pour être séduisant : logement, santé, école, loisirs... Sans oublier la mobilité : comment vient-on dans la Manche ? "La première question posée par les candidats aux recruteurs du nord Cotentin est la suivante, témoigne Jean Morin : où est La Hague ? Il s'ensuit un mouvement d'hésitation avant la seconde question, celle du transport. Et là, quand on annonce un temps de trajet de 3h15 entre Paris et Cherbourg, ça freine des quatre fers". Le cap des trois heures semble être un seuil psychologique. Le projet de Ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN) doit permettre de passer sous cette barre symbolique. Mais dans combien de temps ? Qui la paiera ? Personne ne le sait. Jean Morin se veut confiant car la concertation a repris : "ça bouge" dit-il. Et les études pour la Déclaration d'utilité publique sont lancées.

Le Livre blanc sera présenté lors des Assises de l'attractivité de la Manche, le 26 novembre 2026, qui réuniront élus, dirigeants d'entreprises, institutions et experts autour d'un même objectif : conjurer la menace et faire du département " un eldorado pour jeunes actifs ".

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