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Culture
La modulation intra-parcellaire : des outils performants pour optimiser ses intrants et ses rendements

Préserver son sol, bien connaître les besoins des plantes, optimiser l’usage des intrants sont des préoccupations quotidiennes en agriculture.

Afin de concilier économie et environnement et de répondre à l’hétérogénéité des parcelles, les conseillers de la Chambre d’agriculture de l’Eure accompagnent les agriculteurs souhaitant moduler leurs intrants au sein de leurs parcelles.


Apporter la bonne dose au bon endroit

C’est l’objectif de la modulation des intrants. Deux préalables sont indispensables pour y parvenir : d’une part, il faut disposer d’outils de mesures capables d’identifier les différences intra-parcellaires et d’autre part, l’agriculteur doit être équipé d’un matériel capable de moduler au champ (distributeur d’engrais solide pour les engrais et pulvérisateur pour la solution azotée et les produits phytosanitaires).La modulation porte actuellement principalement sur les engrais N, P, K (mais également CaO et MgO). Elle est en développement sur les régulateurs et à l’étude sur les fongicides.Le guidage GPS est maintenant souvent de série sur les tracteurs. On constate un équipement croissant des agriculteurs ces dernières années (25 des adhérents Farmstar en 2014), et la course aux innovations ne fait que commencer : on parle déjà de modulation précise à la buse pour les pulvérisateurs dans les années à venir.


Farmstar 10 ans de développement réussis

L’offre de service développée par la Chambre d’agriculture de l’Eure s’inscrit dans la continuité du travail initié il y a 10 ans, avec le développement de l’outil Farmstar. Depuis 2004, au travers de scénarios climatiques très différents, les conseillers des GDA  ont pu valider techniquement sa pertinence, tant pour une meilleure gestion de la fertilisation azotée, une optimisation des rendements et du taux de protéines, que la gestion des intrants (adaptation du régulateur au risque de verse). Une avancée qui contribue non seulement à améliorer les rendements mais qui limite aussi les risques de pollutions. Ce sont aujourd’hui 8 500 ha qui sont suivis par la Chambre d’agriculture l’Eure.Cet outil permet aujourd’hui de moduler la dose d’azote au sein d’une même parcelle de colza, blé ou orge d’hiver en créant soi-même sur le site Farmstar ses propres fichiers de modulation. Il en est de même pour la modulation du régulateur en adaptant sa dose au risque verse (fort, moyen ou faible).Depuis 2004, on confirme les chiffres suivants : en colza 85 des parcelles sont modulables (40 en manuel et 45 en automatique). En céréales, 40 des parcelles sont modulables pour le risque verse (30 en manuel et 10 en automatique) et pour le conseil azote de fin montaison, 50 des parcelles sont modulables (15 en manuel et 35 en automatique).

Le développement récent de la multianalyses

Depuis deux ans, la Chambre d’agriculture de l’Eure, en partenariat avec Defisol Services, propose également, de gérer plus finement sa fertilisation de fond. L’outil Defisol multianalyses permet en effet de moduler les engrais P et K au sein de la parcelle. La modulation intra-parcellaire est fondée sur le rééquilibrage de la richesse des sols ; elle vise un équilibre économique et environnemental en apportant la bonne dose, au bon endroit. C’est capital pour la préservation de l’environnement, mais aussi  économiquement, à cause du coût des engrais.Dans un premier temps, les parcelles de l’exploitation sont cartographiées pour analyser précisément leurs teneurs en éléments fertilisants. Cette étape est réalisée en collaboration avec Defisol Services. Les prélèvements sont réalisés à raison d’environ 1,2 analyse par ha. Le plan de prélèvement s’appuie sur les différentes cartographies cadastrales depuis l’après-guerre en y intégrant les historiques culturales récentes.Ensuite, grâce aux abaques construites à partir des essais menés dans l’Eure par la Chambre d’agriculture, les doses de P2O5 et de K2O à apporter sont cartographiées. Elles sont définies en fonction des teneurs du sol, du type de sol, et du niveau d’exigence des cultures de l’assolement. Plus de 1 000 ha ont été modulés depuis le lancement de l’offre de service.L’intérêt est certes variable selon l’hétérogénéité de l’exploitation (type de sol, historique parcellaire..). Cela ne débouche pas toujours sur une réduction d’intrants, mais sur une meilleure valorisation des apports et des améliorations de production dans les zones carencées.


Le rôle primordial de l’accompagnement

La thématique agriculture de précision est complexe, car elle fait appel à de nombreuses connaissances, tant d’un point de vue agronomique, informatique que géomatique ou encore machinisme. La Chambre d’agriculture en s’appuyant sur les compétences de ses techniciens dans ces différents domaines accompagne les agriculteurs au champ dans le démarrage de la modulation avec leur matériel. Cet accompagnement est fort utile dans un premier temps pour la mise en route au champ, notamment pour vérifier les compatibilités des matériels et du bon repérage dans la parcelle par le GPS.Au-delà de l’accompagnement et du conseil, la Chambre d’agriculture se donne également les moyens d’expérimenter et d’évaluer l’intérêt de la pratique. La Chambre d’agriculture et les GDA investissent dans le développement de l’innovation depuis de nombreuses années. L’essor des nouvelles technologies a permis le développement de l’agriculture de précision. L’accompagnement des agriculteurs par la Chambre d’agriculture va se poursuivre au fil des ans. S’appuyant sur des outils de plus en plus précis, des modèles agronomiques et des références locales solides, le conseil va évoluer et la démarche de modulation se développer (en modulant par exemple d’autres éléments que les engrais). Ces nouveaux outils s’inscrivent pleinement dans le développement de l’Agroécologie dont l’objectif est d’avoir une agriculture productive et respectueuse de l’environnement. Les autres Chambres de Normandie sont également intéressées par l’agriculture de précision. Elles porteront le projet dans le cadre du prochain PRDA 2014/2020 pour proposer des actions innovantes en cultures mais aussi en élevage. Cela permettra d’expérimenter un certain nombre de pistes afin d’en mesurer l’intérêt économique, environnemental et social, avant d’envisager la phase de développement auprès d’un plus grand nombre d’agriculteurs. Parmi les pistes innovantes, les drones équipés de capteurs embarqués multispectraux à haute résolution, permettent d’envisager des applications complémentaires aux images satellites. Des expérimentations sont d’ores et déjà lancées dans L’Eure par la Chambre d’agriculture.

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