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Normande
La Normande à la conquête des troupeaux mixtes

L’association des éleveurs de bovins de race Normande a tenu son assemblée générale mardi dernier, au Mesnil Durant.

"Avec la Normande, on y gagne !”, clame Denys Lerévérend. Le contexte semble morose, mais le président du syndicat normand du Calvados y croit. “Avec cette conjoncture délicate, le poids de carcasse et les taux du lait nous permettent de limiter les effets de cette mauvaise passe, malgré des prix désastreux. Aujourd’hui, je crois que c’est une chance d’être éleveur de normande !” La race veut néanmoins retrouver des effectifs. Dans le Calvados, 14 824 femelles étaient inscrites au Contrôle laitier. L’érosion des effectifs atteint cependant 1,5 % par an sur la dernière décennie. “Je crois que les gens reviennent vers la race”, rassure Denys Lerévérend.

Simunor : « un outil neutre »
La race normande souhaite conquérir ou reconquérir les troupeaux mixtes. Pour y parvenir, ses représentants comptent sur l’outil Simunor, lancé par l’Organisme de Sélection. “C’est un outil neutre”, précise Denys Lerévérend. “On y entre les critères techniques et économiques de l’exploitation. On peut simuler  le passage d’un troupeau mixte vers la race normande ou Holstein et voir le différentiel. Les techniciens des entreprises de sélection pourront faire des simulations et ils sont à même de vendre de la semence de taureaux normands ou noirs. Parfois, Simunor montrera peut-être que la Prim’Holstein est plus adaptée à certaines exploitations. Mais globalement notamment pour toutes exploitations avec une bonne surface en herbe, c’est peut-être une erreur d’éleveur une autre race que la normande. Il faut dépasser les idées reçues sur la normande. Les chiffres parleront”.

« L’IA a besoin de concurrence »
Si les éleveurs semblent saluer l’élaboration de Simunor, les bisbilles autour de l’OS race Normande les interrogent. Dans la salle, certains ne cachent pas leur désappointement. “C’est grave ce qui se passe actuellement. Je ne suis pas sûr de cotiser longtemps à l’OS race normande”, indiquent quelques-uns. “Aujourd’hui l’OS n’a plus de directeur. C’est regrettable. Le GNA risque également de faire les frais de la petite guerre entre les entreprises de sélection. Même avec l’avancée de la génomie, c’est regrettable”, constate le président du syndicat.Avant de poursuivre : “Je pense aussi que nous avons besoin de concurrence pour maintenir une insémination artificielle compétitive. Et pour le bien de la race, il est grand temps que l’OS s’impose sur le terrain”.

Réduction des coûts

- Contexte économique oblige : coût des rations et élevage des génisses ont été évoqués à l’issue de l’assemblée générale. Dans le Calvados, l’âge moyen au premier vêlage est de 34,5 mois. “Il y a beaucoup à faire sur l’âge des vêlages pour atteindre les 30 mois. Diminuer l’âge au vêlage d’un mois génère une économie de 30 € par animal, soit 450 € pour 15 génisses”, note Olivier Leray, le spécialiste des génisses au Contrôle laitier. Autre point évoqué : la flore des pâtures. “Elle ne doit pas être négligée pour favoriser la croissance. On s’en rend lorsque les génisses sont pesées”. Jean-Jacques Beauchamp a lui abordé le coût de la ration. Rien de révolutionnaire, mais des pistes à étudier. “Les tourteaux de colza ou la drêche de blé peuvent permettre de réaliser des économies substantielles. On peut aussi se fixer l’objectif de vaches normandes à 150 gr de concentré au maximum.J’ai même vu un troupeau avec une bonne génétique à 100 gr”, indique le technicien de la Chambre d’agriculture du Calvados.

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