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La Normande, vache de montagne en Colombie

Gabriel Moreno élève des Normandes en Colombie, sa race de cœur. L’homme est aussi vétérinaire et technicien spécialisé en génétique de la race pour le groupe Genetica selecta. Il passe un mois en France pour observer techniques d’élevage et de sélection. Marc Tancerel, réfèrent export en race Normande pour le compte de Gènes diffusion et Origen plus, l’accompagne dans son voyage.Et traduit de l’espagnol au français.

Gabriel Moreno, à la SCEA Emouville de M. Follet à Saint-Vaast-Dieppedalle, en Seine-Maritime. La vache photographiée est Guimauve, mère d’Indigène, taureau distribué en Colombie par Genetica selecta. DR
Gabriel Moreno, à la SCEA Emouville de M. Follet à Saint-Vaast-Dieppedalle, en Seine-Maritime. La vache photographiée est Guimauve, mère d’Indigène, taureau distribué en Colombie par Genetica selecta. DR
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>> Quel est l’état du cheptel des Normandes en Colombie ?
La Normande est la deuxième race laitière du pays, avec 1,2 million d’animaux. La première importation de la race date de 1977, les animaux sont arrivés par bateaux. Les vaches ressemblaient, en aspect, à la race locale. Les taureaux Normands ont été croisés avec des vaches colombiennes pour améliorer la race. Puis la Normande s’est répandue dans le pays.

>> Pourquoi s’est-elle répandue dans votre pays montagneux ?
Car la Normande est adaptée aux conditions topoclimatiques du pays. On la trouve à partir de 1 800 m d’altitude et plus. Pas en dessous, car elle ne résisterait pas à la forte pression parasitaire. Seuls les zébus y résistent. La Prim’Holstein vit entre 2 200 et 2 600 m. La Normande est la seule race qui monte à plus de 3 000 m. Les croisements avec la race locale l’ont rendue rustique. Ses lunettes autour des yeux la protègent du soleil. Il est fréquent de trouver des Normandes à côté de zones enneigées. Nous n’avons que deux saisons en Colombie : l’hiver et l’été. L’été, les températures varient de -5 °C à + 30°C. L’hiver, l’amplitude est comprise entre 12 et 20 °C.

>> Combien d’éleveurs recensez-vous ?
Muchos ! Nous comptons 172 adhérents à l’association normande en Colombie. Il y a 5 500 vaches Normandes au contrôle laitier et l’association recense 75 000 femelles enregistrées. Mais, chez nous, il n’y a pas vraiment de contrôle laitier officiel comme en France. Chaque association réalise ses opérations. La Normande se répand vers d’autres pays, comme l’Équateur et l’Uruguay, à partir de la Colombie.

>> Quel est son niveau de production ?
4 800 kg de lait avec un intervalle vêlage – vêlage de 300 jours. Les derniers résultats affichent un TB de 42,2 g/kg et un TP de 36,5 g/kg. Les vaches les mieux gérées produisent plus de 7 000 kg de lait.

>> Avec quelle alimentation ?
Cela dépend des élevages. Certains sont exclusivement en herbe avec une complémentation. Très peu fournissent de l’ensilage, car il n’y a pas de bâtiments d’élevage.

>> Quels sont les débouchés ?
Le lait est vendu à l’industrie, à 380 €/1 000 l en moyenne. Dans les zones lointaines, le prix descend à 280 €/1 000l : la différence est liée aux frais de collecte. Nous n’avons pas de système d’appellation d’origine ni de certification nationale. Mais les fermes les moins accessibles transforment leur production en fromage et le valorisent en produit typique. Les éleveurs conservent les mâles pour la viande. Ceux proches des grandes villes envoient leurs bêtes à l’abattoir. Sinon, des petits abattoirs circulent dans les endroits moins accessibles.

>> Quel est l’objectif de votre visite en France ?
Mes parents adhèrent à l’association normande depuis 1967. Depuis tout petit, je suis un fan de génétique de la race. Alors j’approfondis mes connaissances sur la Normande en visitant les meilleures exploitations de la zone. J’observe les conditions d’élevage, le savoir-faire des techniciens Origen. J’apprends sur le schéma de sélection et je vois ce que donnent les descendants de taureaux que je vais importer en Colombie.

>> Qu’en retenez-vous ?
Que j’aime encore plus la Normande. Je compare les croisements obtenus ici et chez nous, cela va me permettre de mieux choisir les femelles en Colombie. J’appréhende mieux nos besoins en génétique. J’améliore mes choix, au bénéfice des éleveurs. Le travail réalisé par les techniciens d’Origen me donne confiance, il y a beaucoup à développer chez nous.

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