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La Normandie est de moins en moins dépendante du tourteau de soja !

Les dernières enquêtes disponibles montrent que la consommation de tourteau de soja se stabilise à un niveau relativement bas et l’utilisation importante des co-produits de céréales est confirmée.

Une production d’aliment bovin dominante dans la région

En 2012, la Normandie (Haute et Basse) reste la 10e région productrice d’aliment du bétail en produisant 2.7 % du volume national. Ceci la porte loin derrière la Bretagne (39.5 % du volume national), les Pays de la Loire (17.7 % du volume national) ou encore Poitou-Charentes (6.7 % du volume national).D’après l’enquête “Production régionale d’aliments composés” réalisée par le SNIA et Coop de France en 2012, sur les 587 587 tonnes d’aliments produits, la production normande se décompose en 79 300 tonnes d’aliments volailles (13.5 %), 107 500 tonnes d’aliments porcins (18.3 %) et 357 900 tonnes d’aliments bovin (60.9 %). La production d’aliment bovin reste largement dominante dans la région.Entre 2006 et 2009, la production d’aliments composés a globalement diminué en Normandie, pour ensuite reprendre en 2012. De 2003 à 2009, les fabrications baissent de 36 414 tonnes, pour retrouver en 2012 un niveau pratiquement équivalent à celui de 2003. Ce sont essentiellement les fabrications d’aliments porc et volaille qui marquent le pas avec une baisse de  27 287 tonnes en volailles et de 33 841 tonnes en porc tandis que les fabrications d’aliments bovins progressent de 67 164 tonnes sur la période 2003 à 2012 (graphique 1).

Un mix de matières premières caractéristiques des aliments pour bovins

L’utilisation des matières premières en Normandie est caractéristique de la forte orientation bovine de production animale normande. Il est ainsi consommé moins de céréales (34 % au lieu de 48 % en France), plus de co-produits de céréales (17.7 % au lieu de 12.7 %) et plus de tourteaux (34.9 % au lieu de 29.2 %). Ceci s’explique évidemment par les espèces présentes sur le territoire : la prédominance de la production d’aliment bovin explique la consommation importante de tourteaux et de co-produits de céréales, ainsi que la moindre consommation de céréales dans les formules d’aliment.Notre région est également une plus grande consommatrice de tourteau de colza (graphique 2).

La baisse de la consommation de tourteau de soja se stabilise

Longtemps incontournable, le tourteau de soja a pris de plus en plus de place dans l’aliment du bétail et représentait environ la moitié des apports de tourteaux dans les aliments, jusqu’à atteindre même 55 % en 2003. A partir de 2006, grâce à un fort développement de la filière française de biodiesel, le tourteau de colza est plus disponible sur le marché français et est incorporé  de façon importante : son utilisation passe alors de 23 % (en 2003) à 44 % (en 2006) dans les formules normandes. Cette substitution est tout à fait possible dans les formules d’aliment bovin en particulier et de plus en plus utilisée par les fabricants d’aliment du bétail de la région. Cette proportion est bien plus importante en Normandie que pour la moyenne française (31 % des tourteaux utilisés sont du tourteau de colza en France contre 44 % en Normandie). A partir de 2006, le tourteau de colza a remplacé de plus en plus le tourteau de soja dans les formules d’aliment du bétail, voire est même complété par du tourteau de tournesol. Ce niveau d’incorporation s’est maintenu à 45 % en 2009 et à 44 % en 2012.En corollaire, l’incorporation de tourteau de soja diminue fortement, passe à 41 % en 2006, puis 32 % en 2009 ou 34 % en 2012, au bénéfice des autres tourteaux (essentiellement le tourteau de tournesol). Ceci a été rendu possible par l’extension des cultures de colza et de tournesol en France pour la fabrication de diester.Une enquête qualitative, réalisée auprès de 7 fabricants d’aliments du bétail de la région ont confirmé ces tendances et indiqué que la substitution du tourteau de soja dans les formules de la région semblait “optimale” dans les formules pour bovins et pouvait atteindre une limite “technique” pour d’autres espèces (substitution impossible dans des formules volailles ou porcelet, par exemple). Les données d’incorporations des tourteaux de 2012, très comparables à celles de 2009 confirment ces conclusions (graphique 3).

Importance des co-produits de céréales

Les co-produits de céréales, incorporés en alimentation animale représentent 17.7 % des matières premières utilisées en 2012 dans notre région quand ils ne représentent que 12.7 % au niveau national. Comme pour les tourteaux, l’arrivée sur le marché de produits issus des nouvelles filières de fabrication de biocarburant offre aux fabricants une gamme plus large de produits, qui trouvent en particulier un débouché intéressant dans les formules d’aliments pour les bovins (graphique 4). 
D’après ces données, la Normandie réussit donc à s’affranchir partiellement de sa dépendance au tourteau de soja et semble utiliser au mieux les matières premières substituables. Son utilisation de tourteau de soja est bien inférieure à la moyenne française

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