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La Normandie, la région du lin

Avec 47 000 hectares, la Normandie est la première région productrice au monde de lin textile. Elle dispose d’un maillage important d’entreprises de première transformation, les teillages. Cette position de leader est due à des terroirs très favorables à la culture et à de nombreux savoir-faire techniques des producteurs et des transformateurs, acquis au fil des générations.

En Normandie, le lin textile représente 5 % des cultures et couvre 2.5 % de la SAU. Cultivé depuis plusieurs siècles à travers le monde, le lin a été réintroduit dans la région au XXe siècle par des agriculteurs venant des Flandres. Le lin normand est aujourd’hui surtout cultivé en Seine-Maritime (Pays de Caux), dans l’Eure (plateaux de Saint-André et du Neubourg, Pays d’Ouche) et en Plaine de Caen.La culture du lin dépend fortement du sol et du climat. Cette plante a besoin d’une terre profonde et riche et d’un climat océanique (naturellement humide, avec une faible amplitude thermique). Le lin est donc principalement cultivé en Europe de l’Ouest, sur une large bande côtière qui s’étend de Caen à Amsterdam. C’est la seule fibre végétale originaire du continent européen.

La première région française

Avec 64 % de la surface de lin française, la Normandie est la première région française et européenne productrice de lin (plus de 46 600 hectares et 2 350 producteurs, soit 20 hectares par producteur).Après avoir atteint une surface palier autour de 48 000 hectares en Normandie entre 2004 et 2007, les surfaces utilisées pour la culture du lin ont diminué, en Normandie, mais aussi en France, pour revenir à leur niveau du début des années 2000. Après la réduction de la production, obtenue en réduisant les emblavements en 2009 et 2010, celle-ci est repartie à la hausse avec l’amélioration de la conjoncture. Cette maîtrise des emblavements a été engagée par l’interprofession en 2009 et ceci a permis de diviser par 6 les stocks de fibres longues (ce qui a eu pour effet, sur la même période de quasiment doubler le prix moyen de la filasse).En Europe de l’Ouest, le lin est aussi produit en Belgique et aux Pays-Bas. Ailleurs dans le monde, il est produit en Chine, Russie, Pologne, Lituanie, Biélorussie, Ukraine, ainsi qu’en Égypte (le long du Nil). D’après des données AGPL 2010, la France produit 77 000 tonnes sur 55 000 ha alors que la Chine produit 20 000 tonnes sur 85 000 ha.Les rendements moyens ouest-européens se situent autour de 1 600 kg de lin teillé par hectare avec des variations annuelles importantes dues aux conditions climatiques. Le marché est actuellement équilibré et cet équilibre est source de stabilité des prix dès lors que les stocks sont gérés et ne pèsent pas négativement sur le marché. Les prix sont très liés au rapport offre/demande, la production de lin ne bénéficiant d’aucune aide spécifique.Une filière lin bio se met en place en France : 160 hectares sont aujourd’hui certifiés agriculture biologique.Il existe aussi un lin oléagineux cultivé en France sur 22 000 hectares pour la graine et le tourteau. Cette culture n’est pas présente que sur 170 hectares en Normandie.

Une culture non délocalisable aujourd’hui

Seule fibre végétale textile européenne, originaire du continent, le lin est une exception européenne. Sa culture est fortement dépendante de conditions pédoclimatiques contraignantes et spécifiques. La Normandie, et plus particulièrement l’ex-Haute-Normandie bénéficie de l’alliance d’un terroir et d’un climat unique, ainsi que du savoir-faire des liniculteurs. Ainsi, les lins normands sont parmi les plus recherchés du monde et ne peuvent être produits ailleurs.

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