Salon international de l'agriculture 2026
La PAC 2028-2034 discutée au Salon
Au Salon international de l'agriculture, la semaine dernière, Stéphanie Yon-Courtin et Jérémy Decerle, députés européens, ont échangé avec Anne-Marie Denis, présidente de la FRSEA Normandie, et Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA de la Manche, sur la future PAC (Politique agricole commune) 2028-2034. Le but étant de faire remonter à Bruxelles les attentes du terrain à l'heure où les arbitrages budgétaires et réglementaires se précisent.
Dans les allées du Salon, certains députés européens sont venus faire un état des lieux de la nouvelle PAC à venir et écouter les revendications des professionnels agricoles. Face aux responsables syndicaux normands, Stéphanie Yon-Courtin, député européenne normande "Renew Europe" et Jérémy Decerle, ancien président des JA, éleveur de charolaises et député européen depuis 2019, ont dressé un état des lieux des négociations en cours à Bruxelles. "Allez-y, revendiquez, il faut y aller : c'est le moment, car c'est maintenant qu'on va décider les choses", lance le député européen, invitant la profession à peser dans le débat. Car, pour le moment, le budget proposé est "à l'inverse de ce qui est demandé par la profession" selon lui...
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Des aides à l'actif plutôt qu'à l'hectare
Au cœur des échanges entre les élus : l'évolution des critères d'attribution des aides. "Aujourd'hui encore, une trop large part des paiements directs repose sur la surface, estime Jérémy Decerle. On te donne des sous parce que tu as des hectares et non pas parce que tu es agriculteur à temps plein", déplore-t-il. Pour lui, la prochaine PAC doit mieux reconnaître le travail fourni et l'engagement humain. Il évoque la piste d'un fléchage budgétaire distribué "un peu plus proportionnellement à la part que représente le revenu agricole par rapport au revenu global des exploitants", dit autrement, au poids réel de l'activité agricole dans le revenu de la personne.
Un débat déjà esquissé lors de la précédente réforme de la PAC, mais resté inabouti. "On en parlait déjà pour la PAC 2022-2028, mais on a trop tardé à s'emparer du sujet", regrette-t-il. Une telle orientation permettrait de soutenir davantage les agriculteurs vivant de la profession, au-delà du seul volume économique produit.
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Tenir compte des réalités territoriales
Les intervenants ont plaidé à l'unisson pour une PAC encore plus capable d'intégrer la diversité des zones de production, des plaines aux territoires de montagne. "C'est essentiel pour la survie de la profession", affirment-ils. Pour la présidente de la FRSEA Normandie, une reconnaissance de l'actif agricole constituerait un signal fort envoyé aux jeunes et aux futurs installés. Dans un contexte de transition écologique, de pression sur les revenus agricoles et d'incertitudes géopolitiques, les responsables syndicaux normands ont à cœur de faire entendre leur voix à Bruxelles à travers les élus européens. "C'est maintenant que ça va se jouer", conclut Anne-Marie Denis dont ces quelques jours passés au Salon lui ont permis de rencontrer beaucoup de professionnels pour faire remonter les problématiques qu'elle observe et qu'on lui partage jusqu'à l'échelle où beaucoup de choses se jouent...
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