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Dans le Bessin
La PAC, source de débat et d’échange pour l’avenir

Mardi 20 octobre, l’antenne du Bessin de la Chambre d’agriculture a organisé un débat sur la PAC, ouvert aux agriculteurs et aux citoyens. L’objectif : faire échanger les acteurs entre eux sur leurs attentes pour la Politique agricole commune de demain. La synthèse de la soirée est transmise à l’État.

Chambre d'agriculture débat Impactons Bessin
Les participants étaient répartis en groupes pour travailler sur des propositions concrètes pour la PAC de demain.
© dr

« Au-delà des règles sanitaires, l’écoute est la première des règles à respecter ce soir », introduit Julien Daurios, responsable de l’antenne du Bessin de la Chambre d’agriculture. C’est par cette consigne essentielle qu’il lance la soirée ImPACtons, organisée à l’initiative de la Chambre, au Molay-Littry, mardi 20 octobre. Face à lui, une soixantaine de personnes, moitié agriculteurs moitié citoyens, réunis pour débattre sur la future politique agricole commune. Les débats sur la PAC sont organisés sur la base du volontariat, par qui veut. La commission nationale du débat public (CNDP) fournit une boîte à outils aux organisateurs. Les échanges, les attentes et les contributions exprimés sont synthétisés et remontés à la CNDP qui les transmet au ministère de l’Agriculture.

Pour commencer, Michel Lafont, du service économie et prospective à la Cran, questionne l’assemblée : « pourquoi êtes-vous là ? » Réponses : « donner mon avis » ; « réconcilier le consommateur et le citoyen à travers la PAC » ; « parler de l’avenir commun d’acteurs d’un territoire » ; « savoir ce que nous, les agriculteurs, devrons faire pour l’environnement ». Plusieurs thèmes sont attendus : le foncier, l’eau, l’emploi, l’environnement, l’aménagement du territoire. Michel Lafont a ensuite présenté le déroulé de la soirée : projection d’un film (dix minutes) sur l’histoire de la PAC, échanges, travail en groupe sur les aspects de la future PAC et restitution. « À l’échelle de l’Union européenne, dix objectifs (1) sont définis pour la PAC 2023-2027, dont neuf répartis selon trois volets et un dixième transversal », dit Michel Lafont. C’est selon ces trois thèmes que les participants sont répartis : économique, social et environnemental. Chaque groupe dispose ensuite de trente minutes pour échanger et formuler des propositions concrètes pour la PAC. Florilège.

Volet économique

Le groupe n’a pas parlé revenu, mais répartition de valeur sur la chaîne alimentaire. La compétitivité, oui, mais pourquoi ? À force de vouloir être les moins chers, on détruit la planète. Et si la PAC instaurait une taxe sur les produits qui viennent de loin ? Et si les bénéfices de la taxe aidaient les produits les plus vertueux ? Et si la PAC encourageait la montée en gamme : signes officiels de qualité, aide aux produits qui apportent une valeur ajoutée ? 12 % des revenus des ménages sont consacrés à l’alimentation : et si la PAC aidait les personnes qui n’ont pas de moyens à bien se nourrir ? Sur le sujet de l’autonomie territoriale, le Bessin ou la Normandie pourraient être moins dépendants de l’extérieur, réorganiser la chaîne de production, améliorer les systèmes d’appels d’offres, éduquer les cantines locales. Si le consommateur avait plus de temps, il pourrait aller dans les fermes se ravitailler et cuisiner.

Volet social

Partie de la qualité des produits, la discussion a dérivé vers la perte de goût. Est-ce qu’accroître la taille des exploitations fait perdre en goût ? La PAC pourrait payer plus cher la qualité ; aider à la relocalisation de la production et de la consommation de denrées pour les habitants alentours, grâce aux PAT ; éduquer le consommateur au goût. Sur le sujet de la viande, est-ce qu’encourager la production de viande est encore judicieux dans un contexte où le consommateur souhaite moins en manger alors que les animaux permettent aussi le maintien des prairies et l’entretien des paysages ? Le groupe a aussi abordé le renouvellement des générations : les aides à l’hectare ne favorisaient pas l’installation des jeunes, selon une partie des participants. Ces deux points n’ont pas fait consensus.


Volet environnemental

D’une manière transversale et consensuelle, le groupe s’est accordé pour dire qu’il faut davantage rémunérer les services rendus à l’environnement pas les agriculteurs : stockage de carbone, couverture du sol, prairies, maintien de la biodiversité, protection de l’eau, entretien des haies. Et si les déchets locaux (boues, coquilles, déchets verts) étaient valorisés ? Le groupe a aussi insisté sur le besoin de simplification de la PAC : autorisation en bio de retourner les prairies alors que pas en conventionnel, les Maec ne sont pas payées en temps et heure. Et si les critères étaient simplifiés ? Et si la PAC aidait à rendre le métier d’agriculteur plus attractif ?  Dans l’objectif de réduire les émissions de carbone, le groupe s’est demandé si les exploitations pourraient réaliser leur bilan carbone, financement à l’appui. Dans cette logique, à un échelon plus global, il faudrait que les marchandises circulent moins.

Après près de deux heures et demi de débat, l’assemblée s’est accordée sur le fait que « ce n’est pas simple » mais qu’il y a un réel intérêt à ce que les citoyens non agriculteurs puissent mieux connaître les réalités du métier et la vie des exploitants. Ce qu’a, en partie, permis la soirée. Astrid Granger, élue responsable de l’antenne Bessin, a salué « un moment d’échange ». La soirée ImPACtons a permis aux agriculteurs et aux citoyens de partager leurs idées, confronter leurs points de vue dans un cadre organisé. Toute communication est toujours bonne à prendre.

 

(1) Les dix objectifs de l’Union européenne pour la PAC :
Sur le volet économique :
- assurer un revenu équitable aux agriculteurs
- accroître la compétitivité
- rééquilibrer les pouvoirs dans la chaîne alimentaire

Sur le volet social :
- garantir la qualité des denrées et la santé
- soutenir le renouvellement des générations
- dynamiser les zones rurales

Sur le volet environnemental :
- préserver les paysages et la biodiversité
- agir contre le changement climatique
- protéger l’environnement

Le dixième objectif est transversal : accompagner la modernisation et stimuler les connaissances

 

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