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Rendez-vous
La prairie : la protéine de demain

Le Colloque Prairiales “La prairie, la protéine de demain” aura lieu le 22 novembre prochain, au lycée agricole Le Robillard.

Damien Olivier : une autonomie en protéines qui vient de loin

Installé à La Rocque dans le bocage normand, Damien Olivier cultive son autonomie depuis son installation. Après avoir utilisé des protéagineux, il compte maintenant sur ses prairies multi espèces.
Au lieu d’apporter des protéines avec le concentré, je vise maintenant à les produire avec les fourrages pour une autonomie maximum. Je compte essentiellement sur des prairies temporaires, pour le pâturage comme pour la fauche.
A la recherche d’un mélange multi-espèces adapté
La priorité reste le pâturage. J’ai agrandi la surface accessible en parallèle de mon effectif et aujourd’hui j’ai 80 ares par vache. J’ai essayé le mélange RGA-trèfle blanc mais s’il est un peu la formule un de la prairie, il est aussi sensible aux accidents climatiques (sécheresse).
Et je trouve aussi qu’il offre une alimentation trop riche en azote. Aujourd’hui je sème un mélange où il y a toujours ces deux espèces, un RGA demi tardif, un trèfle blanc intermédiaire mais aussi du trèfle violet diploïde, du pâturin des prés et de la fléole.
De la chicorée semée pour la première fois en 2012
Je sème les prairies au printemps, sous couvert d’avoine, ce qui me donne une bonne première coupe en foin et un pâturage de qualité ensuite. Et les légumineuses sont plus présentes avec des semis de printemps. Je suis toujours à la recherche d’amélioration et en 2012 j’ai semé de la chicorée pour essayer, 1,5 kg par ha. Elle est déjà bien présente, bien consommée par les vaches. Je vais voir comment elle se comporte.
Des stocks associant graminées et légumineuses
Pour la fauche (première coupe en enrubannage puis les suivantes en foin), j’ai une parcelle avec moitié fétuque élevée/trèfle violet et l’autre partie en dactyle/luzerne. Je suis toujours étonné par la capacité de repousse du dactyle qui repart très vite.  C’est intéressant d’observer les 2 types de prairies côte à côte avec la luzerne qui est toujours productive les étés secs comme en  2010 et 2011, et le trèfle violet qui valorise la moindre précipitation. A l’avenir, j’espère limiter voire réduire l’enrubannage. Pour cela, je compte aussi modifier mes dates de vêlage pour tirer parti du pâturage, c'est-à-dire du fourrage le moins cher.

Hubert Delaplanche: améliorer son autonomie par le pâturage tournant en vaches allaitantes

Avec 60 mères limousines sur seulement 40 ha de prairies, la gestion des prairies prend toute son importance. Eleveur Polyculteur à Estrées-la-Campagne, Hubert Delaplanche a été sensibilisé au pâturage tournant par son salarié, Olivier, lorsque celui-ci l’a rejoint sur l’exploitation en 2009.
J’ai pris conscience du gâchis d’herbe, en particulier sur un îlot de 18 ha, lorsqu’Olivier m’a parlé de son expérience du pâturage tournant dans les élevages laitiers”.

Le pâturage tournant a permis de récolter plus de foin depuis 3 ans
Cet îlot était seulement coupé en deux. Le pâturage des vaches était inégal avec beaucoup de zones de refus et il n’y avait jamais de fauche.
Au printemps 2010, j’ai découpé cet îlot en 4 et aménagé un couloir central pour desservir les différentes parcelles. Le coût total des aménagements, main d’œuvre comprise s’élève à moins de 2 000 €. En 2011, les 2 plus grandes parcelles de 6 et 5 ha ont été recoupées en 2 pour limiter le gâchis et pouvoir réserver plus facilement une partie pour une fauche au mois de mai si la pousse de l’herbe le permet. Le coût supplémentaire en matériel et en main-d’œuvre a été estimé à 1 000 €.
Objectif : 40 vaches sur un îlot de 18 ha
Grâce à ces aménagements et malgré deux années sèches, j’ai pu récolter 12 tonnes de foin sur 6,5 ha en 2010, 10 t de foin en 2011 sur 9 ha, et 17 t en 2012 qui m’ont permis de passer l’hiver plus sereinement. Avec 3 saisons de pâture de recul, on peut déjà voir des évolutions sur la qualité des parcelles. Il y a moins de refus et le trèfle qui était invisible revient en force ! Pour 2013, il reste encore une parcelle à redécouper. L’objectif est d’avoir des parcelles d’environ 2,5 ha pour les 40 vaches qui pâturent sur le site. Un temps de séjour plus court permettra de limiter encore les refus.
Le succès de ce fonctionnement m’a incité à réaliser le même type d’aménagement sur un deuxième îlot dans le Pays d’Auge. Les plans sont faits !
La luzerne, récemment introduite, permet  de limiter voire de supprimer le concentré azoté
En automne 2010, j’ai également implanté de la luzerne sur 6 ha. Les terres en question ont un bon potentiel pour cette culture et la valeur de ce fourrage est très intéressante pour nourrir le troupeau. En 2012, j’ai récolté 30 T de matière sèche en 3 coupes de foin. Grâce à cela, j’espère supprimer complètement l’achat de concentré pour mes vaches. L’année prochaine, nous nous posons avec Olivier, la question de récolter la luzerne en enrubannage afin de préserver au mieux sa valeur alimentaire.

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