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Prairiales 2020 (annulées)
La prairie version 2020, pour une organisation plus rationnelle

Étienne Legrand est éleveur bio en système pâturant. Adepte d’une approche technique de l’herbe, il a revu tout son système et l’a rationnalisé. Une organisation favorisée par les nouvelles techniques et connaissances acquis. Malgré l’annulation des Prairiales 2020 en raison de la crise sanitaire, la rédaction poursuit la diffusion des articles prévus sur le thème initial de l’événement, « La prairie, c’est un métier ».

Étienne Legrand est éleveur à La Meurdraquière dans la Manche. En bio depuis 20 ans, il est peu à peu passé en système tout herbe. « Avant, j’évoluais dans un schéma axé sur le volume, avec un objectif de productivité. Au moment de mon passage en bio, j’ai tout mis en œuvre pour maximiser les marges à l’hectare. » Une démarche rendue possible grâce à la plus-value du bio et à la nécessité de réduire les intrants. Sur une surface de 96 ha, 86 ha sont des prairies, dont 40 ha directement accessibles aux laitières à pied.

Miser sur la prairie

L’éleveur est convaincu que le pâturage est le cercle vertueux de l’élevage, « la vache est un herbivore, naturellement, elle récolte et épand ». Ses bêtes pâturent toute l’année. Il les complémente très peu. « La prairie est une culture à part entière, très technique si on veut la rendre productive ». Un impératif pour cet employeur qui rémunère deux salariés à 1,5 temps plein avec une production de 300 000 l de lait. « Je me suis calé sur une saison de pousse d’herbe stoppée l’été et réduite en hiver. » Aussi, il organise ses vêlages de telle sorte qu’un maximum de laitières arrive en fin de lactation en hiver. Les deux tiers du troupeau bénéficient de la meilleure prairie en valeur et en volume, au printemps. Il favorise les vêlages à la fin de l’été pour alléger la pression de pâturage sur la plateforme laitière et bénéficier des bonnes repousses d’automne.

« On a rendu ses lettres de noblesse à la prairie »

 

Système rationnel

« Mon système est rationalisé », ce qui facilite l’organisation du travail : les tâches sont fixées dans le temps, les reproductions succèdent aux vêlages, etc. L’éleveur détient un grasshopper. Cet herbomètre connecté lui permet de mesurer l’herbe et d’intégrer les données dans une application qui calcule les quantités d’herbe disponible. Il mesure tous les 8 et 15 jours depuis trois ans. « Ça m’a apporté de la tranquillité. Cette année, je savais que j’avais des stocks sur pied suffisants pour tenir un mois ». Il peut partir en vacances, et sans stress.

Il se souvient du temps où la gestion de l’herbe était plus aléatoire, « on récoltait souvent du foin mouillé, ironise-t-il, c’est un produit fragile qui peut très vite se détériorer ». Or, « depuis quelques années, on a redonné ses lettres de noblesse à la prairie », estime-t-il. Les nouvelles techniques, comme le grasshooper et les progrès des connaissances météorologiques, facilitent la gestion de l’herbe. Il souligne que « la connaissance de la flore est bien meilleure aussi, la recherche a beaucoup avancé ». Étienne Legrand se forme sans cesse : il s’est rendu aux Pays de Galles, en Irlande et lit régulièrement de la littérature scientifique sur le sujet.

 

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