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La sécurichaise prête à être vendue

De l’idée à la commercialisation d’un produit, il y a plusieurs étapes que les élèves de la MFR d’Alençon ont franchies avec la sécurichaise : une chaise pour protéger les inséminateurs ou vétérinaires appelés à prodiguer des soins aux animaux. Désormais, elle va être commercialisée.

© SB

Les élèves en CAP agricole peuvent être fiers de leur création. L’idée remonte à plusieurs mois. “Nous avions travaillé sur une innovation pour participer au Trophée prévention jeunes (TPJ) organisé par la MSA” se rappelle Eric Leroy, formateur. Mais pour avoir des chances de gagner, les élèves se sont imprégnés de la réalité. “Avec le centre d’insémination de L’Aigle, nous avons échangé. Et ils nous ont fait part de leurs difficultés à intervenir dans les exploitations en toute sécurité”. Divers équipements avaient été créés mais aucun ne donnait satisfaction. Alors les élèves d’Alençon ont pris le sujet à bras le corps.

Léger et pliable
Le cahier des charges était clair pour les inséminateurs de la coopérative Origenplus : l’équipement devait être le plus léger possible, pliable, suffisamment grand pour pouvoir monter dessus et travailler, et surtout facile à passer entre les barreaux des barrières dans les stabulations. Sous la forme d’une chaise, “un des points essentiels portait sur les pieds de devant qui devaient se plier” explique Eric Leroy.

Premier au régional
et au national
Une fois le produit inventé, les plans dessinés, il fallait créer un prototype. “Mais nous étions un peu démunis” reconnaît le formateur. Il fallait faire appel à des compétences extérieures pour créer un véritable prototype. C’est auprès d’un parent d’élèves qu’ils ont trouvé de l’aide. Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque les élèves ont à la fois décroché le premier prix au niveau régional et national du Trophée de la MSA. “On est arrivé en tête face à des élèves de Bac pro ou de BTS” souligne Eric Leroy. Il fallait présenter le produit devant un jury, le faire sous forme de saynètes, … Et toutes les étapes ont été franchies avec succès, avec à la clé 1 000 € à chaque fois. “Ils n’ont pas eu à rougir de leurs prestations. Ils ont donné beaucoup de leur temps. Si sept jeunes ont participé activement, l’ensemble de la classe s’est investi dans le projet” note Eric Leroy.

L’aventure continue
Ce prix remonte à 2012. Il ne restait plus qu’à franchir de nouvelles étapes pour que cette sécurichaise soit commercialisable. Alors, “j’ai recherché des fabricants” explique le formateur. Flers Ergonomie a été l’entreprise la plus sensible au projet des jeunes qui a accepté de se lancer dans l’aventure. Une aventure qui se concrétise puisque les premières securichaises devraient être livrées dans les toutes prochaines semaines pour être vendues ensuite aux agriculteurs. 
D’ores et déjà, d’autres territoires et départements sont intéressés par cette innovation qui répond bien à une problématique de professionnels.

Paroles d’inséminateurs et d’éleveurs
Les inséminateurs de Origenplus sont très réceptifs à cette création. “Elle permet d’intervenir en toute sécurité sur des bâtiments où les vaches sont sur un trottoir. Une fois que les premiers pieds sont dépliés, il suffit de l’approcher auprès de la marche ou du trottoir, et redresser le dossier” explique François Roumier, responsable des inséminateurs. Le dossier formant une parade évite à l’inséminateur de se prendre un coup de pied de vache. “On travaille ainsi en sécurité et à la bonne hauteur” martèle-t-il.
Ce produit, il y croit. D’ailleurs, en ce moment, il en a un dans sa voiture. Et la coopérative est partie prenante dans cette aventure puisqu’elle en est désormais le distributeur.
Dans quelques semaines, elle pourra le fournir à tous les exploitants qui le commanderont. Pour un coût de 650 €, la sécurité reste à un prix raisonnable. Des aides de la MSA et d’Origenplus à hauteur d’un peu plus de 50 % viennent en déduction.
Deux types de securichaises existent à savoir avec pieds ou sans pied, selon les installations agricoles.  “C’est intéressant” affirme Jean Breton, agriculteur installé sur la commune de Gâprée. “Je vais certainement l’acheter. Le prix reste accessible. Mais il faut faire attention en la dépliant pour que la vache ne soit pas surprise du bruit” conseille l’agriculteur.

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