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La Sicamon activateur concurrentiel

Moribonde il y a quelques années, la Sicamon dégage un résultat positif depuis 4 ans tout en assurant une mission quasiment de service public en tant qu’indicatrice de cotations. Elle active aussi la concurrence.

Jean-Michel Bréard au pupitre derrière sa vitre. Il avait accepté la charge de « chef des ventes » pour un an, cela fait 10 ans qu’il l’occupe.
Jean-Michel Bréard au pupitre derrière sa vitre. Il avait accepté la charge de « chef des ventes » pour un an, cela fait 10 ans qu’il l’occupe.
© TG

« La Sicamon a encore de l’avenir », se réjouit son président Jean-Michel Bréard. La structure, qui gère les marchés au cadran de St-Pierre-en-Auge (14), Soligny-la-Trappe (61) et Lieurey (27), tient son assemblée générale demain dans l’Orne.

>> Comment s’est comportée l’activité 2017 par rapport à 2016 ?
Jean-Michel Bréard. Le nombre d’animaux vendus en 2017 (13 792) est sensiblement identique à 2016 (13 726), ce qui correspond à une légère augmentation de 0,5 %.
Dans le détail, c’est égalité parfaite en bovins maigres et + 0,6 % en ovins. Par contre, l’augmentation est plus importante en bovins de viande (+ 7 %) mais en net recul en veaux (- 24%).


>> Et au niveau des cours ?
Les niveaux ont été reconduits en bovins de viande (1243 €en 2017 contre 1226 € en 2016), en ovins (99 € contre 101€). Par contre, ils sont en retrait en bovins maigres de 3 % (816 € contre 843 € et en veaux de
- 6 % (215 € contre 230 €).

>> Dans ce contexte, comment se porte la Sicamon ?
La Sicamon se porte bien avec un résultat positif depuis 4 ans. Nous avons connu de grosses difficultés par le passé mais nous
nous sommes réorganisés
passant par exemple d’un
marché toutes les semaines à un marché tous les 15 jours depuis 2008.
J’avais alors accepté d’endosser le costume de « chef des ventes » pour un an mais cela en fait  aujourd’hui 10 que je suis derrière le pupitre.

>> Comment expliquez-vous cette longévité alors que l’on pensait, qu’un jour, le cadran serait dépassé ?
Les raisons sont multiples, mais la première qui me vient à l’esprit, c’est que l’on paye « au cul de la bétaillère ». Un éleveur qui connait quelques difficultés de trésorerie, et malheureusement il y en a, repart aussitôt avec son chèque. En vente à la ferme, entre le moment où vous appelez votre marchand et le moment ou vous endossez le produit, il se passe plusieurs semaines, voire mois.
Au-delà de cet aspect trésorerie, c’est une façon aussi très simple et rapide de gérer un déficit fourrager en vendant du jour au lendemain quelques animaux.
Le troisième élément, c’est la liberté d’entreprendre. Vendre quand on veut au plus offrant avec la liberté de refuser la transaction si on estime que le prix proposé n’est pas à la hauteur.

>> On voit aujourd’hui à St-Pierre-en-Auge des vendeurs, des acheteurs mais aussi du public. Que vient-il faire ?
C’est la preuve que le marché au cadran apporte un service bien au-delà de ceux qui l’utilisent. Ce public, il vient relever les cours du jour qui vont leur servir de références dans leurs négociations. Nous sommes activateur de concurrence et c’est la raison pour laquelle le cadran doit perdurer. Sinon, ça deviendrait rapidement la jungle.

llll Denis
Ici, il y a de la souplesse
Il a été boucher, il est aujourd’hui négociant en bestiaux. Autant dire qu’on ne va pas lui faire à l’envers à Denis Hangard (76). Il fréquente les différents marchés pour acheter ou vendre selon ses besoins. « Il y a de la souplesse dans ce système. Chaque marché a ses spécificités et comme j’ai une idée assez précise de ce que je veux, je sais m’orienter». Et d’enchainer : « au-delà des qualités de l’animal, c’est une traçabilité que l’on achète ici. Et puis, la Sicamon assure le SAV (Service Après Vente) en cas de pépin ». 

llll Sylvie
J’aime le principe
Du côté de l’Earl du Manoir à Athis-de-l’Orne (61), on fait de la génisse Limousine à l’herbe et on s’approvisionne au cadran. « Cela permet d’être au courant des cours et de suivre l’évolution des marchés », insiste Sylvie Moulin. Mais aujourd’hui, Sylvie est venue vendre « 3 Charolaises. J’aime le principe. On arrive, on vend et on repart avec le chèque »... A moins que l’on reparte avec ses propres animaux si on estime que le prix proposé n’est pas satisfaisant ou avec du maigre pour remplir les prairies. Une façon d’optimiser le
voyage. 

llll Thomas
Des bêtes de la région
La Sarl Plestane (Martigny-sur-l’Ante-14) est une habituée des 3 cadrans normands. « On n’est pas limité dans le nombre d’animaux. On peut faire du volume. Pour nous, c’est donc un gain de temps, apprécie Thomas. On achète 130 à 150 animaux par quinzaine et ce sont des bêtes de la région. Nos clients apprécient qu’elles n’aient pas trop voyagé». Ces clients, ce sont des éleveurs ou des abatteurs que la proximité rassure.  Autant d’éléments qui justifient de payer au prix de marché, voire un peu plus

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