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L’interview d'Arnaud Delafosse et Yvan Burel, directeur et président du GDSCO
" La situation sanitaire est globalement bonne "

Le contexte de Covid-19 pousse le Groupement de défense sanitaire du cheptel ornais à annuler son assemblée générale. Les statuts et les comptes seront validés par voie postale par les délégués cantonaux. Retour demandé avant le 30 septembre. On fait le point sur les sujets d’actualité sanitaire qui touchent les cheptels ornais.

GDS 61
Arnaud Delafosse, directeur du GDS depuis dix-sept ans et Yvan Burel, président depuis quelques mois et membre du conseil d’administration depuis sept ans.
© DR

>> Cette année, il n’y a pas d’assemblée générale du GDS. Comment procédez-vous ?
A. D. : Nous ne voulons pas prendre le risque de réunir les personnes. Nous organisons toujours un repas convivial à l’issue de l’AG, ce n’est pas possible en raison de la Covid-19. Les bilans techniques et financiers ont été présentés en conseil d’administration le 2 septembre puis envoyés aux 120 délégués sanitaires cantonaux. Ils valideront les comptes par retour de courrier.

>> Parmi les sujets d’actualité, la tuberculose bovine. Où en est le département ?
A. D. : Lors de la précédente campagne de prophylaxie, 800 cheptels ont été dépistés, soit 55 000 bovins de plus de 24 mois. Un seul élevage a été infecté, probablement en achetant un lot de génisses malades. Il s’agit d’un éleveur qui avait été contaminé l’année dernière. La zone de prophylaxie est réduite de 10 % pour la prochaine campagne. Nous avons bon espoir.
Y. B. : La tuberculose reste une épée de Damoclès. Nous devons expliquer nos efforts aux éleveurs. Pourquoi et comment les règles sont appliquées. Si elles sont comprises, elles sont acceptées.

>> Les règles de dépistage, justement, évoluent-elles ?
A. D. : Elles risquent d’évoluer un peu. Le référent tuberculose bovine national souhaite que le dépistage des animaux commence à 12 mois. C’est déjà le cas dans le sud-ouest, où 80 % des foyers de tub sont recensés. Le dépistage doit y être très efficace. Mais, dans le nord de la France, ce ne serait pas adapté et le nombre d’animaux à tester serait trop élevé. Les discussions sont en cours.
Y. B. : L’intérêt de la prophylaxie est que tous les animaux de la zone soient dépistés. Si un seul éleveur ne teste pas ses animaux, il remet en question le travail fourni par les autres. Plutôt que de vouloir dépister des animaux plus jeunes, finissons correctement ce que nous avons commencé.

>> Deuxième sujet, le BVD. Quel est votre plan de bataille ?
A. D. : En application de l’arrêté ministériel, la généralisation des dépistages et l’assainissement des élevages infectés se met en place. Dans le département, on utilise les prises de sang et les indicateurs sérologiques. Si on ne détecte pas d’anticorps, on ne boucle pas. Le programme de lutte est bien installé. Nous espérons assainir 200 élevages cette année, sur les 300 ciblés. Les vétérinaires sanitaires sont sensibilisés, ça devrait bien se passer. Nous terminerons la centaine restante l’année prochaine, puis gérerons de probables recontaminations.
Y. B. : Le dépistage à l’achat d’une vache gestante est généralisé. Le veau est aussi testé à la naissance. En 2025, nous ne devrions quasiment plus avoir de cas de BVD dans l’Orne. Mais restons rigoureux car les pertes pour un élevage peuvent être très importantes.

>> Troisième sujet, la paratuberculose. Un gros morceau pour le GDSCO ?
A. D. : La lutte contre la paratuberculose représente une part importante du budget. Nous réalisons des prélèvements sur des bouses d’environnement. Si la bactérie est présente, on démarre un plan de dépistage sur les animaux de 24 mois et plus. La répétition et la rigueur fonctionnent sur le temps long.
Y. B. : Le reste à charge pour les éleveurs adhérents au GDS des tests PCR environnementaux est de 10 €. Ces tests permettent d’avoir une vision claire de l’élevage.

>> Lors de l’AG l’année dernière, vous aviez présenté des tests génétiques sur la paratuberculose. Où en sont-ils ?
A. D. : Nous travaillons sur la résistance génétique. Le premier indicateur de résistance à la paratuberculose devrait arriver au catalogue, mâles et femelles Prim’Holstein, au premier semestre 2021. C’est un outil supplémentaire pour que les cheptels gagnent en résistance face à la paratub : les éleveurs pourront raisonner leur plan d’accouplement en choisissant par exemple des taureaux résistants.
Y. B. : Il faut laisser le temps aux centres d’insémination d’adapter leurs catalogues.

>> Que dites-vous de votre binôme directeur-président ?
A. D. : L’action sanitaire se construit sur le temps long. Nous poursuivons nos actions avec rigueur pour obtenir des résultats durables.
Y. B. : Nous sommes encore en phase de rodage, nous apprenons à travailler ensemble. J’ai envie de ne rien changer. Je suis dans le bureau du GDS depuis sept ans, je vois une union normande des GDS qui se charpente. Nous avons posé les fondations de notre maison régionale. Il reste à monter les murs.

1 euro
C’est le montant alloué à chaque bovin par le département pour « l’excellence sanitaire et la protection des consommateurs. Le Conseil départemental accorde 500 000 € de subventions aux éleveurs, à travers les actions du GDS », avance Arnaud Delafosse. Le GDS fonctionne avec un budget de 3 millions d’euros, sans sa filiale Effiter.
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