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Manche
La “V2” se crashe en ferme

En remettant symboliquement, vendredi, une copie du décret d’abolition de l’esclavage (1848) à Lactalis, la FDSEA et les JA ont voulu marquer les esprits. L’enjeu ? Les modifications exigées par les groupements de producteurs dans la version 2 du contrat liant l’exploitant et l’industriel.

© TG
copieLudovic Blin, responsable de la section lait FDSEA, accompagné par des responsables JA, entourés d’une soixantaine de producteurs locaux, sont montés au créneau face à l’usine Lactalis de Villedieu-les-poêles. En ligne de mire, le dirigeant du site, Xavier Decultot, mais surtout la version 2 du futur contrat qui ne satisfait pas le syndicalisme, ni même les groupements de producteurs normands (voir en pages TE). « “Ce contrat en l’état, que rien ne presse de signer jusqu’en 2015,  est inacceptable » martèle Ludovic Blin. « C’est d’ailleurs l’analyse notamment effectuée par la FNPL. Nous voulons donc que Lactalis revoie sa copie ». Pour X. Decultot, la situation est claire, « recevoir le décret sur l’abolition de l’esclavage est un peu fort. Ceci dit, je comprends que le contrat « chatouille » les producteurs. Nous sommes dans une autre donne laitière, tout le monde doit changer sa façon de travailler ». Bref, pour résumer la position de Lactalis, tout va bien dans le meilleur des mondes laitiers : les réunions avec les producteurs se passent très bien, la délégation qui participe aux négociations idem, etc.Différences entre producteursProblème, Lactalis refuse le point le plus important aux yeux de la FDSEA/JA, en l’occurrence la signature tripartite entre l’entreprise, le producteur et les groupements de producteurs. X. Decultot prétexte que le décret en la matière n’est pas sorti. «Pour nous, ces groupements sont minoritaires par rapport à l’ensemble de nos adhérents ». Curieusement, les représentants de Lactalis déclarent « ne pas être contre ». Pour ceux qui échappent à leur pouvoir et contrôle c’est une affaire, même si X. Decultot explique « des producteurs veulent rester en individuels ». Mettant carrément les pieds dans le plat, Ludovic Blin pose une question cruciale, « y a t-il des différences sur le paiement entre ceux qui signent maintenant et ceux qui ne le font pas ? Nouvelles explications de Xavier Decultot, « pour les producteurs partenaires de l’entreprise, on fait un geste ; les autres sont traités selon la réglementation ».Pour avancer dans le débat, les délégués FDSEA/JA ont demandé une version 3 du contrat. « Il n’y en aura pas » souligne X. Decultot. Renvoi de balle par Ludovic Blin, « regrouper les producteurs est le seul moyen pour les exploitants d’avoir un bon rapport de force avec la transformation privée. Nous refusons ce que vous maintenez : un contrat par producteur, à la tête du client et non l’intérêt général par le biais de groupements indépendants ».
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