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Manche
L’acceptabilité des élevages porcins : une priorité pour la FNP (Fédération Nationale Porcine)

“L’acceptabilité de la production porcine sur son territoire”. Tel était le thème de la table ronde qui a clôturé les travaux de la FNP (Fédération Nationale Porcine) réunie en congrès annuel vendredi dernier au Lycée agricole de Thère (50).

“En France, on assiste à une remise en cause permanente des scientifiques. Il faut sortir de ce syndrome où le monde associatif prend le dessus sur le monde des élus”, a insisté Pascal Férey, vice-président de la FNSEA.
“En France, on assiste à une remise en cause permanente des scientifiques. Il faut sortir de ce syndrome où le monde associatif prend le dessus sur le monde des élus”, a insisté Pascal Férey, vice-président de la FNSEA.
© TG

"On a bricolé avec l’application des normes européennes. Nos collègues sont globalement plus pragmatiques mais nous avons besoin d’une pause règlementaire, besoin de retrouver de la sécurité juridique. Nous voulons être jugés sur une obligation de résultats, pas de moyens”. Dans sa conclusion, Jean-Michel Serres (président de la FNP) a lancé quelques messages à destination des élus présents, notamment Jean Bizet (sénateur UMP de la Manche) et Jean Gaubert (député PS des Côtes d’Armor) débatteurs de cette table ronde. Il a aussi redonné de la perspective à une production bienvenue dans l’assiette mais parfois refoulée du paysage. “Il n’y a pas de problèmes de compétences, pas de problèmes techniques. On a du savoir-faire. Nous sommes parmi les meilleurs. Il faut nous donner les moyens de valoriser tout cela”.

Porc et maïs dans le collimateur
En charge de l’environnement à la FNSEA, c’est à Pascal Férey qu’est revenu le soin de planter le décor. “Il y a deux productions dans le collimateur de la société : le porc et le maïs. Ce sont les maux de l’environnement et du productivisme (...). L’herbe a toutes les vertus mais combien les vaches rejettent-elles d’azote ? 65 kg nourries au maïs. 126 kg à l’herbe. On ne veut pas se dire la vérité mais il faut que le politique se positionne sur le sujet”.
Réponse de Jean Bizet : “le champ est devenu un espace social avec quelques caricatures. Au fil du temps, on est passé de la précaution à l’inaction. Il faut écrire un principe d’innovation pour renouer avec le développement”.
Mais y-a-t-il encore une place pour le développement de la production porcine ? Paradoxalement “oui” là où la densité est déjà importante estime Jean Gaubert, lui même producteur de porcs. “Il faut accepter de parler des réussites. Là où la production porcine est bien présente, il n’y a pas de problème d’acceptabilité. Dans ma commune de 700 habitants, on dénombre 30 élevages”. L’élu breton reconnaît cependant que depuis 25 à 30 ans le porc est devenu le bouc émissaire. Mais au pays des algues vertes, tous les sangliers ne sont pas morts.

Le cochon, l’algue et le sanglier
“On supprime tous les cochons et il n’y a plus de problèmes d’algues vertes ?” provoque-t-il. Reconnaissant quelques écarts comme des cas de surfertilisation ou d’échanges entre cochons contre camion d’engrais, Jean Gaubert appelle les élus à battre certaines idées en brèche. Exemple avec la vache qui polluerait moins au champ qu’à l’étable. “Il faut dépassionner le débat et faire la différence entre la vague et l’écume”.
Le politique a donc encore son rôle à jouer en faveur du développement agricole tout en veillant aux attentes sociétales. Mais c’est après le vote que le chemin devient chaotique. “Les parlementaires sont démunis après avoir voté une loi. Les décrets d’application nous échappent et le juge, s’il est saisi, ne revient plus à l’esprit de la loi”.
“Esprit de la loi et ouverture d’esprit, c’est là que ça se complique”, reconaît Jean Bizet.
Pascal Férey n’est pas loin de partager cette analyse. “La loi sur l’eau est une bonne loi. Ce qui ne va pas, c’est la règlementation qui a suivi”. “Ce n’est pas la règlementation qui nous gêne mais la vitesse à laquelle ça va,” précise Thierry Coué, responsable de la section porc de la FDSEA du Morbihan.  Illustration avec certaines DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) qui ne connaissent pas les SCAP (Stratégie de Création d’Aires Protégées), un sujet à la mode. “On connaît mieux les textes que l’administration. Il est temps de faire un point”, propose-t-il. 
Chacun s’accorde sur cette pause. Il est grand temps de stabiliser la règlementation car l’afflux produit l’immobilisme. “Attendre le contre ordre avant d’exécuter l’ordre”, s’est amusé Jean Gaubert. Une spécificité française qui explique en partie pourquoi notre chantier de mise aux normes “truie” n’est avancé qu’à 53 % contre 100 % au Danemark, aux Pays-Bas ou bien encore au Royaume-Uni.  Il y a la conjoncture aussi et les disparités européennes notamment sociales. Et Jean-Michel Serres d’inviter chacun a presser le pas.

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