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Lactalis, le rond point de la honte

Depuis lundi soir, les éleveurs de Bretagne, Normandie et Pays-de-Loire bloquent le site de Lactalis à Laval. Ils veulent obtenir un prix avant de lever le camp. D'ici là, aucun camion ne sortira de l'usine même si des premiers contacts avec l'industriel ont été noués mardi 23 août après-midi, et une négociation à Paris ce jeudi 25 août à la Maison du lait.

La Bretagne, Pays-de-Loire et Normandie se sont relayés au rond-point pour montrer leur détermination
La Bretagne, Pays-de-Loire et Normandie se sont relayés au rond-point pour montrer leur détermination
© S.B

" L'important pour nous, c'est le résultat ". C'est le message de Philippe Jehan, président de la FDSEA Mayenne devant le site de Lactalis. " On ne cèdera pas tant que nous ne serons pas rémunérés ", poursuit-il fermement.

Plein les poches

Autour de lui, plusieurs départements étaient réunis, pour défendre le même message. Et le combat est fait pour durer. " Il n'y aura pas de camion à sortir de l'usine tant que nous n'aurons pas obtenu gain de cause ", martèle-t-il. Pascal Clément, secrétaire général de la FNPL abonde dans le même sens. " Pas question de repartir avant d'obtenir des euros. Rien ne justifie un prix aussi bas ". Sur la même tribune, Sébastien Amand, président de la FDSEA de la Manche enchaîne sur un ton déterminé. " Il y a ici des entreprises qui s'en mettent plein les poches. C'est inadmissible ". Et chez les JA, l'attitude est la même. "L'été dernier a été chaud. Mais depuis, on s'enfonce encore plus. Et pour les jeunes qui sont en plein investissement, ils sont d'autant plus fragiles ".

La honte

Face à ce constat, les éleveurs du Grand-Ouest ne veulent pas démordre. Devant des vaches en liberté, sur le rond-point face à l'industriel mayennais, les agriculteurs ont renommé tout simplement cet endroit " rond point de la honte ". La honte de Lactalis qui dénigre les producteurs. " Nous avons besoin de Lactalis ", admet Pascal Clément. " Mais sans producteur, cette entreprise n'est rien. Il faut qu'elle nous entende, nous écoute, nous respecte ", poursuit-il.  Une écoute qui semble amorcée puisque mardi après-midi, dans le bureau du préfét, le porte-parole du groupe Lactalis, Michel Nalet, était attendu tout comme une délégation composée de Pascal Clément, Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA et Matthieu Herguais, président des JA des Pays-de-Loire.

Rendez-vous à Paris

À l'issue de la réunion, un calendrier des prochaines rencontres devait être établi. Mais pour le moment le problème du prix n'était pas encore sur la table. Le sujet sera en discussion ce jeudi 25 août à la Maison du lait à Paris, où les OP retrouveront les responsables de Lactalis en présence de Francis Amand, médiateur des relations contractuelles agricoles. Cette rencontre reste une première avancée.

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