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Développement agricole au Mali
L’AFDI poursuit ses actions

La situation au Mali est complexe depuis le dernier coup d’État. De quoi compliquer la mission de “Agriculteurs Français et Développement International”. Explications de l’association bas-normande qui tenait son assemblée générale, la semaine dernière, à Saint-Lô.

Marie-Odile Tavernier, présidente de l’AFDI Basse-Normandie (au centre), “Nous continuons nos actions au Mali malgré la crise politique”.
Marie-Odile Tavernier, présidente de l’AFDI Basse-Normandie (au centre), “Nous continuons nos actions au Mali malgré la crise politique”.
© ec

Si l’AFDI s’occupe aussi de la Macédoine (Balkans) et du Cambodge, c’est la situation au Mali qui l’inquiète fortement. Logique, l’association bas-normande soutient les agriculteurs locaux depuis de nombreuses années. Marie-Odile Tavernier, présidente de la structure, lâche, lors de l’assemblée générale se déroulant récemment à Saint-Lô, « nous estimons la situation catastrophique pour les organisations paysannes. Depuis 20 ans, cet état possédait une démocratie qui tenait la route et permettait à l’AFDI de réaliser nombre de projets. Le dernier gouvernement a laissé s’implanter AQMI et les opposants Touaregs. Malgré tout, nous continuons, vaille que vaille, nos actions sur place ».

Citadins et ruraux


Le message des Maliens envers l’AFDI bas-normande est sans équivoque, « ne nous laissez pas tomber ». Le déséquilibre politique risque en effet d’engendrer une baisse des crédits. « Les Maliens ont besoin de nous. Ils sont confrontés à l’exode rural, donc une augmentation des besoins alimentaires des citadins que seuls les agriculteurs locaux peuvent satisfaire». Comme tous les pays d’Afrique, cet État voit la population de sa capitale frôler les deux millions d’habitants… Bien souvent retranchés aux lisières de Bamako. Entre les lumières de la ville et les mirages européens, les Maliens doivent faire preuve de débrouille, à commencer par la nourriture. Pas  ou peu question d’acheter des produits d’importation, mais trouver, à moindre coût, de quoi se sustenter. Le paysan malien de son côté voit les maigres campagnes se vider de ses bras, alors que la mécanisation est au stade embryonnaire. « La sécurité alimentaire du Mali devient difficile, d’autant plus que la récolte 2011 a été mauvaise. Malgré tout, on note une solidarité entre paysans et citadins » souligne Marie-Odile Tavernier. Le fruit des différents partenariats avec l’AFDI semble fructueux. « Nous renforçons les organisations dans leur fonctionnement avec par exemple l’embauche de trois gérants du magasin de l’Union de producteurs de Lait ou encore en soutenant l’acquisition de chèvres par 75 femmes ». On peut aussi noter l’organisation d’ateliers régionaux permettant des rencontres entre des collectivités locales et des ONG et l’insémination de 100 vaches de race Normande.Stéven Le Faou, chargé de mission au niveau au niveau national, a développé lors de cette assemblée générale le projet 2012 « quel équilibre entre ville et campagne face au défi alimentaire ? » « Nous sommes partis d’un constat : un taux d’urbanisation galopant en Afrique subsaharienne. Exode rural, gestion du territoire, agriculture périurbaine, mais aussi attractivité du métier de paysan et sécurité alimentaire sont étroitement liés à cette question ». A la clé, des enjeux communs entre des agricultures fondamentalement différentes, non seulement au Mali, mais aussi dans les Balkans et le Cambodge, zones dont s’occupent aussi l’AFDI bas-normande. « Les dirigeants sont bien souvent plus soucieux de l’accès aux denrées alimentaires pour les populations citadines, quitte à négliger l’enjeu du revenu des paysans » explique Thierry Chasles, vice-président de l’AFDI régionale, mais aussi responsable de la commission « Mali ». Cette thématique sera donc abordée à de nombreuses reprises cette année, en partenariat avec la Chambre Régionale d’Agriculture. « Nous interviendrons notamment auprès des OPA et des établissements de formation".

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