Aller au contenu principal

Économie
L’agriculteur et sa Cuma séduisent le banquier

Installé à Villers-Cannivet, Antoine Vivien a remporté le prix de la dynamique agricole, organisée par la Bred. Dans la catégorie “Valorisation et savoir-faire technique”, la banque a salué le travail du jeune agriculteur. Un savoir-faire permis par un fonctionnement très “cumiste”.

La technicité et la maïtrise des charges d’Antoine Vivien ont plu à la Bred, pour son prix de la dynamique agricole. La désileuse automotrice favorisera l’apport de luzerne. La machine amortie sur 9 ans, parcourra 22 kilomètres tous les jours (DR)
La technicité et la maïtrise des charges d’Antoine Vivien ont plu à la Bred, pour son prix de la dynamique agricole. La désileuse automotrice favorisera l’apport de luzerne. La machine amortie sur 9 ans, parcourra 22 kilomètres tous les jours (DR)
© VM

La désileuse automotrice de la Cuma du Laizon prendra ses fonctions en début d’année prochaine. Antoine Vivien est un cumiste convaincu. Avec trois au-tres éleveurs, il partagera une Storti Dobermann. “C’est l’élément déclencheur. Nous avons été séduits par cette initiative collective et individuelle. Les exploitants auront de plus en plus intérêt à travailler en commun”, souligne Eric Frémont, chargé des affaires agricoles à la Bred. Le banquier a donc invité l’agriculteur à concourir. A raison, puisque Antoine Vivien a remporté le prix de la dynamique agricole du Calvados. “On sent un véritable raisonnement technique et financier. La technicité n’empêche pas la maîtrise des charges”, précise Eric Frémont. Des propos complétés par l’intéressé, “je peux développer des axes novateurs car je suis en Cuma. J’accède donc à du matériel performant”. Exemples : la désileuse automotrice ou la composteuse de la Cuma Calvados Innovation (lire ci-dessous).

9 000 € par an pour une désileuse automotrice

Avant de se lancer dans l’aventure “Storti”, l’agriculteur a sorti sa calculette. Les chiffres ont parlé à trois éleveurs voisins. “Nous avons rencontré la Fdcuma, d’autres groupes déjà équipés et le Contrôle laitier. Et nous avons utilisé un logiciel pour connaître la participation de chaque agriculteur, en fonction de sa production et du nombre de vaches”, indique Antoine Vivien. Le quota de l’exploitation atteint 500 000 litres. Sa participation au financement de la dé-sileuse automotrice atteindra 9 000 € par an, main d’œuvre et carburant compris. Ce chiffre peut paraître élevé. Mais le jeune agriculteur le compare et le relativise.  “Je dois renouveler mon godet déssileur. L’annuité est de 2 000 €. Pour nourrir  mes 60 laitières, mon télescopique tourne 400 heures par an. Soit 1200 € de fioul. Je vais également pouvoir passer d’une ration simple à une ration mélangée. Avec cette évolution, les études ont montré qu’une vache produisait 285 litres de plus par an. Multiplié par 60 laitières à raison de 300 €/1000 litres, le chiffre d’affaires augmentera de 5100 €”, détaille Antoine. 2000 €, 1200 € et 5100 € : le gain de la déssileuse atteint 8300 €. Et la qualité de travail conforte ce raisonnement. “La machine restera sur mon exploitation 8 minutes pour nourir les vaches”.

Plus de luzerne,
moins de concentrés

L’investissement permettra également d’incorporer plus d’herbe et de luzerne dans la ration. “Cet apport permet de limiter les risques d’acidose et les achats de concentrés à l’extérieur. La culture de luzerne n’est pas impossible. Il suffit d’être méticuleux”. Là encore, l’agriculteur s’appuie sur du matériel en Cuma. “L’agriculture est contingentée sur son chiffre d’affaires. Le revenu est conditionné par les charges. Nous saluons le travail d’Antoine Vivien”, insiste Eric Frémont. Mais, le jeune agriculteur a encore d’au-tres pistes. À commencer par la vente de 3 des cinq tracteurs de l’exploitation pour n’en racheter qu’un. En Cuma bien sûr !

Fini le “à la louche”

 

Je suis producteur de lait, producteur de céréales et producteur d’effluents”, clame Antoine Vivien. L’an passé, son exploitation a produit 525 tonnes de compost, 1 500 m3 de lisier. Ces chiffres représentent 7000 unités d’azote, 3500 unités
de phosphore et 7000 unités de potasse. “Je donne de la valeur à mes effluents. Sans eux en 2009, j’aurais acheté
à l’extérieur l’équivalent de 12 000 € en minéraux
”. Toujours dans une logique de précision, il utilise un épandeur en Cuma équipé d’un GPS. Il réalise également des prélèvements systématiques à chaque épandage.  “Le à la louche, c’est fini”.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray se sont réunis à Saint-Georges-des-Groseillers contre l'accord du Mercosur  signé samedi 17 janvier 2026.
[EN IMAGES] Dans l'Orne, les JA unis contre l'accord UE-Mercosur
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray dans l'Orne, se sont mobilisés à Saint-Georges-des-Groseillers…
La foule agricole est nombreuse, mardi 20 janvier, à Strasbourg (Alsace). Près de 1 000 tracteurs et environ 4 000 manifestants sont là.
[EN IMAGES] Manifestation à Strasbourg : "Il n'est pas question de renoncer"
Après Bruxelles, le Pont de Normandie, l'Assemblée nationale et bien d'autres lieux de France, les agriculteurs manifestent à…
À Domjean, l'agriculteur a pu remettre sur route les automobilistes.
[EN IMAGES] Les agriculteurs prêtent main-forte aux laitiers et automobilistes
Le 5 janvier, la neige a semé la pagaille dans la Manche. Elle a rendu les routes parfois impraticables dans la Manche. Les…
Publicité