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Remplacer les énergies fossiles ?
L'agriculture au coeur des solutions

Les énergies fossiles s’épuisent. L’agriculture doit jouer la carte de la biomasse. Explications de Claude Roy, coordonnateur interministériel, vendredi dernier, à Saint-Lô.

Claude Roy (à gauche), “l’agriculture sera incontournable pour développer un plan de valorisation de la biomasse”.
Claude Roy (à gauche), “l’agriculture sera incontournable pour développer un plan de valorisation de la biomasse”.
© E.C.
Valoriser la biomasse, en l’occurrence tout ce qui provient de la terre, du soleil et de l’eau ? Le gouvernement français met le turbo sur cette nouvelle forme d’énergie, à la fois renouvelable et écologique. Claude Roy, coordinateur ministériel, a prêché son développement, vendredi dernier, devant le conseil fédéral FDSEA, à Saint-Lô (Manche). Epuisement des ressources “La biomasse concerne cinq à 6 ministères et hui organisations professionnelles” indique en préambule C. Roy, face à une salle d’environ 200 personnes. “Mon rôle est d’amorcer la pompe puis de surveiller la vitesse de croisière”. Un bémol cependant, “en la matière, nous allons très vite, trop vite au risque aujourd’hui de déséquilibrer les alimentations et les bio-énergies”. Effet de serre, épuisement des ressources fossiles (pétrole mais aussi uranium gaz ou charbon), l’être humain a trop tiré sur la ficelle. “Nous arrivons aux limites supportées par la planète.Nous serons 9 à 10 milliards d’habitants en 2050. Comment nourrir tout le monde ? Voilà la problèmatique”. D’autant plus que la SAU mondiale (1 500 000 ha) n’augmente pas, au contraire elle régresse en raison de la montée de l’urbanisation. “Heureusement qu’il existe l’agriculture productiviste, nous avons d’ailleurs encore des progrès à faire en rendement”. Principal frein à ce développement, la ressource en eau qui n’est pas infinie. Autre problème du aux énergies fossiles et à leur utilisation, qui concerne au premier chef l’agriculture, la rapidité du changement climatique mettant en danger les système culturaux actuels. Redresser la barre En clair, une seule solution pour redresser la barre, ou tenter de le faire : des économies d’énergies avec une substitution du pétrole, gaz ou charbon au profit de la biomasse. “L’idéal serait de ne pas émettre plus de 500 kilos de carbone par an et par personne, l’équivalent d’un aller-retour en avion New-York/Paris” lance Claude Roy. “Outre les économies, nous devons jouer la carte de la substitution des sources d’énergies et de la séquestration du carbone. La biomasse intervient dans ces trois domaines”. L’agriculture et la sylviculture sont en première ligne pour produire cette fameuse biomasse. “Bio-déchets, sous-produits, bois et assimilés, cultures spécifiques, biomasse aquatique et marine, nous avons les cartes en mains pour produire des amendements organiques, de l’alimentation, des matériaux renouvelables ou encore des biomolécules et de la bbioélectricité”. Et C. Roy d’appeler à une véritable prise de conscience en France sur ces nouvelles formes de gestion des ressources naturelles et renouvelables. Dernier point, notre spécialiste met en garde le monde agricole sur les biocarburants. “L’ester ou l’éthanol ne remplaceront jamais tout le pétrole consommé, il s’agit d’alternative avant les carburants de seconde génération : utilisation des matières premières cellulosiques couplée à une amélioration des rendements”. Ce plan biomasse, auquel s’associe l’Europe, devrait permettre à l’agriculture de s’affirmer comme un maillon incontournable, non seulement de l’alimentation, mais aussi des énergies renouvelables.
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