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Reprise
“L’agriculture de précision est résolument tournée vers l’avenir !”

Dans l’Eure, l’agriculture de précision, avance sûrement. Le vice-président de Défisol, Emmanuel Martin, revient sur cette démarche et évoque aujourd’hui ses perspectives

Emmanuel Martin   : “Il  faut  encore et toujours faire partager notre démarche...”
Emmanuel Martin : “Il faut encore et toujours faire partager notre démarche...”
© DR

Défisol 27 se veut être la réponse à l’hétérogénéité parcellaire. Avec le recul et l’expérience de votre démarche, quels en sont les principaux enseignements ?

Se lancer dans l'agriculture   de précision demande méthode et rigueur. Avec Défisol, nous avons mis en place une méthode de travail basée sur la connaissance de l'hétérogénéité des sols, qu'elle soit physique ou chimique.Une fois ces hétérogénéités déterminées et cartographiées (et à partir de là et seulement de là) nous pouvons nous lancer dans l'agriculture de précision avec comme axe principal la modulation des intrants.

 

Pour promouvoir l’agriculture de précision, vous avez dit  et écrit qu’elle s’inscrivait dans un projet d’agriculture durable. Cette notion suffit-elle aujourd’hui à mobiliser les agriculteurs, surtout dans le contexte  du moment ?

Tout notre programme est axé sur le respect des sols et le retour à une agronomie approfondie au sein de nos exploitations.

Ces approches correspondent au besoin citoyen du moment qu'est le respect de l'environnement. Mais il répond aussi aux besoins économiques de nos exploitations. Nous sommes bien inscrits dans une démarche durable. Il est vrai aujourd'hui que la hausse des intrants redonne encore un intérêt plus fort à l'agriculture de précision et beaucoup d'agriculteurs nous questionnent dans ce sens. Cela conforte, s’il en est, notre devise qui est : “A chaque type de sol, son potentiel. A chaque potentiel, son niveau de dépenses” ou pour faire plus court encore “La bonne dose au bon endroit et au bon moment !”

Parmi les points forts de l’agriculture de précision, il y a la cartographie de conductivité du sol. Pouvez-vous nous préciser ce qu’ont été les réalisations, en terme de mesure, et les retours que vous en avez eu des utilisateurs ?

 

Je le rappelle, la conductivité des sols est un des éléments de notre démarche qui nous permet de mesurer la réserve en eau des sols. Toutes les régions à sols hétérogènes du sud de l'Eure sont particulièrement interpellées par notre travail car, par ce biais, nous approchons le réel potentiel de nos sols.

Beaucoup d’agriculteurs ont déjà, par nos méthodes de travail, modulé leurs apports d'engrais et, quelques uns travaillent aussi la modulation des autres produits phytosanitaires.

Nous nous sommes vite aperçus que le facteur en eau, dans ces sols, n’était pas forcément le facteur le plus limitant en terme de potentiel. Et que l’agriculture de précision pouvait aussi apporter une réponse à des problèmes de phosphore et de potassium. D’ailleurs, la cartographie des teneurs en phosphore et en potasse a contribué, dans de nombreuses exploitations qui ont adopté Défisol, de corriger certaines carences et ce, à coût réduit.

Ce qui me fait dire que l’agriculture de précision peut s’adapter à tous les sols de notre département.

 

Plus globalement, cette démarche Défisol 27 a été rendue possible grâce au soutien de vos différents partenaires. Comment l’analysez-vous aujourd’hui ?

Parmi ces partenaires, les démarches du Conseil général de l’Eure et de l’Esitpa ont été essentielles pour la mise en place et la pérennité de notre action.

L’Esitpa nous a assuré une véritable approche scientifique. Elle a ainsi validé des expérimentations indispensables permettant le développement de l’agriculture de précision.

Le Conseil général de l’Eure, par son soutien financier dès le début de notre engagement avec Défisol, a eu l’audace de nous accompagner pour développer une agriculture résolument tournée vers l’avenir en utilisant des technologies modernes. Et je dois dire que c’est vraiment là ma conception de l’agriculture.

Enfin, quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés avec cette nouvelle campagne de communication qui débute ?

Il faut encore et toujours faire partager notre démarche. Cela passe par notre capacité à être ouverts à tous les agriculteurs qui souhaiteraient s’y engager et adopter ainsi cette méthode de travail dont je parlais précédemment. Je souhaite naturellement que cette agriculture proche des préoccupations économiques et environnementales puisse se développer. En une phrase, une agriculture valorisante pour nous et pour les générations futures. 


Retrouvez d'autres articles

sur Défisol 27

dans notre édition papier

de l'Eure agricole

en date du 25/09/08

page 5

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