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Amelie Séguret, consultante spécialiste en énergie à Carbone 4
L’agriculture doit aider à nous sevrer du pétrole

Sortir du pétrole sera difficile, mais l’agriculture figure en bonne place pour assurer la transition énergétique.Cela passera par la méthanisation, la valorisation des haies, et l’optimisation des ressources, selon Amélie Séguret.

© AD

Amélie Séguret, spécialiste énergie au bureau d’étude Carbone 4, était invitée à s’exprimer au sujet du défi énergétique dans le secteur agricole, lundi 18 mars, à l’issue de la 8ème rencontre de conjoncture de l’économie ornaise, à la Chambre d’Agriculture du département.

Il n’y a pas d’énergie propre.
Par définition même, l’énergie est ce qui transforme, ce qui perturbe.Il n’existe pas d’énergie propre. Une bonne énergie, c’est une énergie qui offre le plus d’avantages vis-à-vis de l’environnement et le moins d’inconvénients.

Nos sociétés sont droguées au pétrole.
Si l’on ramène l’énergie que l’on consomme à l’équivalent de l’énergie physique que peut dépenser un homme dans la journée, c’est comme si chaque français disposait d’une centaine “d’esclaves énergétiques”. Dans un litre de pétrole, il y a l’équivalent de 10 à 100 fois l’énergie que peut fournir un homme de 80 kg en bonne santé pendant une grosse journée de travail.Le pétrole coûte encore jusqu’à 5000 fois moins cher que la main-d’œuvre humaine payée au SMIC.Voilà pourquoi nos sociétés sont droguées à l’énergie. Dans le monde, si l’agriculture devait se mécaniser massivement, cela permettrait de libérer 1 milliard d’actifs. En revanche, si les 3 % d’exploitations mécanisées devaient repasser au travail manuel, il faudrait trouver 270 millions d’actifs agricoles pour travailler dans les champs. C’est grâce au pétrole que le monde agricole s’est restructuré avec une baisse du nombre de personnes sur les exploitations, et une hausse des surfaces utilisées par actif. C’est parce qu’il y a des “esclaves énergétiques” qui travaillent pour nous dans les champs et dans les usines, que le secteur tertiaire a pu connaître un tel boom.

Il reste encore beaucoup trop de réserves de pétrole.
80 % de l’énergie consommée dans le monde est d’origine fossile. Du pétrole, on en a encore beaucoup trop.Si on devait utiliser toutes les réserves disponibles, le globe risquerait de se réchauffer de 5 °C.On ne sait pas à quoi ressemblera le monde avec une hausse globale des températures aussi importante.Lors de la dernière glaciation, la température de la terre était de 5 °C inférieure et on pouvait aller à pied de la France à l’Angleterre en marchant sur la glace. Pourtant, à court terme, c’est impossible de se passer des énergies fossiles.

Une carte à jouer en milieu rural.
C’est déjà le cas mais la précarité énergétique sera encore de plus en plus importante en milieu rural que dans les villes.
Il y a des gisements en agriculture, pour réaliser la transition énergétique. Cela passera par des projets de méthanisation, d’agroforesterie et de valorisation des haies. Une voie d’avenir pour les éleveurs est de faire du biogaz avec les prairies.

Vers des exploitations plus autonomes.
Il existe des systèmes plus résistants que d’autres face aux contraintes climatiques. Dans le monde de demain, la capacité à rebondir après un choc - la résilience -  sera le maître mot.Les exploitations devront chercher une meilleure autonomie énergétique, voire devenir des producteurs d’énergie.On va aussi vers une diversification des production et vers une utilisation écologiquement intensive des ressources.

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